La communauté chrétienne. Crois-tu au changement ?

La communauté chrétienne. 

 Crois-tu au changement ?….

            « L’événement Jésus » se situe à une époque de domination et d’exploration. Il naît à Bethléem, grandit et mûrit à Nazareth dans un milieu simple. Il prend conscience de l’exploitation de son peuple. A l’exemple de Moïse il entend l’appel de son Père : « J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte. J’ai entendu son cri… oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer… » (Ex. 3,7-8)

Pour réaliser la MISSION, Jésus accepte l’appel de son Père et, même au prix de sa vie, il s’engage à la libération de son peuple et annonce donc aux pauvres la Bonne Nouvelle du Royaume. Il se fait solidaire et se met au service de la fraternité. Son message n’a pas plu à tous. On s’attendait tout simplement à un revirement de situation, c’est-à-dire que les juifs prennent la place des romains, mais Jésus ne l’entendait pas ainsi. Il voulait un changement radical: UN PEUPLE FRERE ET SERVITEUR, un peuple solidaire. C’est ici que le Père est venu montrer de quel côté il était. Il s’est servi de son pouvoir créateur et a ressuscité Jésus.

Et le projet de Jésus continue

Les premiers chrétiens, se servant du même pouvoir, se sont organisés en petites communautés. (Ac. 2, 42-44)

« Vous êtes une lettre du Christ remise à nos soins, écrite non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non, sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les coeurs. » (2 Cor. 3,3)

« Notre lettre, c’est vous, une lettre écrite en nos coeurs, connue et lue par tous les hommes » (2 Cor. 3,2)

C’est dans la vie communautaire des premiers chrétiens, soutenue par la foi en Jésus vivant au milieu d’eux qu’est apparu le signe clair du projet du Père. Ce signe explicite l’appel d’Abraham et la libération du peuple d’Égypte.

L’exemple d’Emmaüs 

Emmaüs nous fait vivre l’expérience de la résurrection, vécue en communauté. Elle fut le grand éclair qui a permis aux yeux de voir. Quand les deux disciples marchaient sur le chemin avec Jésus, ils ne le reconnaissaient pas. Il manquait la lumière dans leurs yeux. Il manquait l’expérience de la résurrection. Quand ils le reconnurent à la fraction du pain, Jésus disparut car, à ce moment, Jésus était entré en eux et eux-mêmes ressuscitèrent. Ils ont vaincu leur manque d’ardeur et retournèrent à Jérusalem, lieu où se trouvaient les pouvoirs          qui avaient tué Jésus et, en conséquence, avaient tué en eux l’espérance. Mais ils ne les craignaient plus. En eux était entré une force plus grande, une force de vie qui vainc la mort.

Jésus, en marchant avec les deux disciples a dialogué et écouté avec patience. Il a mangé, prié et posé des gestes bien concrets d’amitié. C’est le climat de la communauté où on vit comme des frères et des soeurs. C’est là que se fait l’expérience de la résurrection du Christ vivant au milieu de nous.

En créant le climat de dialogue, Jésus a amené les deux disciples à parler des problèmes de la vie. C’est ainsi qu’est apparu la tristesse, le manque de motivation, la frustration, la fausse espérance, la décision de condamner Jésus, la croix et la mort, la conversation des femmes, l’incapacité des deux de croire dans les petits signes d’espérance. En somme il a amené à parler de toutes les souffrances et, en particulier, des difficultés de chaque jour …

C’est en dialoguant avec eux (donc en communauté) que Jésus s’est servi de la Bible non pas pour l’interpréter et pour enseigner mais pour interpréter les faits de la vie et leur redonner espérance. Il a réfléchi avec eux en leur faisant voir qu’ils n’avaient pas raison dans leur manière d’expliquer les faits et leur a prouvé, à la lumière de la Parole, que les faits n’échappaient pas à la main de Dieu. Il s’est servi de la Bible non pas pour l’enrichir de quelques belles idées mais pour susciter un changement radical: la peur devient courage; le désespoir devient espérance; le fuite devient engagement; la séparation devient rencontre; la mort devient vie.

En conclusion

La vie communautaire vécue dans la foi en la Résurrection de Jésus est comme la caisse de résonnance d’une guitare. Sans elle, les cordes des paroles bibliques ne produisent pas la musique de Dieu dans le coeur du lecteur ou de la lectrice. Cette caisse de résonnance se crée :

- en créant un climat d’ouverture entre les personnes;

- en essayant de comprendre à partir de celui qui souffre et qui cherche à se libérer;

- en vivant en petit groupe car le message de foi ne peut être capté et compris qu’en communauté;

- en ayant la conviction que Dieu nous parle dans l’histoire de la communauté et du peuple;

- en prenant le temps de prier, de célébrer et de partager …

Quand la vie communautaire s’enracine dans la réalité et qu’elle s’appuie sur la Parole le miracle du changement se réalise. Les disciples d’Emmaüs découvrent la force de la Parole de Dieu présent dans les faits, commencent à la pratiquer et tout se transforme: les yeux s’ouvrent, la croix devient signe de vie et
d’espérance, la crainte disparaît, le courage réapparaît, les personnes s’unissent, commencent à partager entre elles leur expérience de résurrection. Comme pour les disciples d’Emmaüs on découvre que tout commence au moment où Jésus parle…

Drummondville, 28 novembre 2012

Victor Asselin, ptre

Dependência ou liberdade ?

DEPENDÊNCIA OU LIBERDADE   ?

                                              Victor Asselin

A noite ia chegando ! Encerrava as atividades ! Chegaram, de repente, na minha memória, imagens da propaganda eleitoral. Tudo normal. Entretanto, o meu subconsciente me fez uma pergunta: o que justifica a presença do presidente da República junto a políticos bem conhecidos acompanhado de um insistente pedido do voto do eleitor ?

Para desenhar uma tentativa de resposta, lembrei o ano 2002 e mais ainda o 2003 com a proposta do projeto FOME ZERO do novo Governo Federal e o MUTIRÃO DE COMBATE A FOME da Conferência Nacional dos Bispos do Brasil. Era um entusiasmo contagiante. “O Brasil que come ajudando o Brasil que tem fome”. Trabalhava, na época, no sul do Estado e percorríamos todos os municípios da região para comunicar a notícia e iniciar a articulação e a organização do povo.

Era um projeto “em construção” junto ao povo, entendendo que a fome e a desnutrição agravavam a pobreza. De fato, existia fome como ainda existe, não por falta de alimentos mas por falta de RENDA que era mal distribuída. Faltava justiça. Era preciso descentralizar a RENDA. Portanto, a gente dizia que O COMBATE à fome não era um gasto mas um investimento em cidadania e nos direitos humanos. Tínhamos fome de pão e de dignidade. Era preciso assegurar a alimentação e sua qualidade para gerar a criação de empregos que implicará o fim do analfabetismo, da escassez da água e da moradia, enfim um conjunto de políticas públicas. Não era  ASSISTENCIALISMO. Era um programa de inserção social. Frei Betto dizia “ENTRAREMOS NA LUTA Á CONDIÇÃO QUE SEJA UMA LUTA AMPLA”

Era previsto que a SOCIEDADE CIVIL seria a grande protagonista e a educação política tinha um lugar de relevo. Era preciso realizar uma mudança de mentalidade. A necessidade da ARTICULAÇÃO e da ORGANIZAÇÃO formavam os eixos centrais de todo o projeto com a prática de uma metodologia que ia romper a dependência.

Muitas lideranças das Igrejas e dos movimentos sociais assumiam as responsabilidades deste projeto junto ao Governo Federal. A motivação era grande. Íamos colaborar para uma mudança estrutural.

Uns anos se passaram e, pouco a pouco, no meio das crises do Governo, os responsáveis se afastaram discretamente e o projeto se transformouem BOLSA   FAMÍLIA.Umadistribuição de renda a ser executada isoladamente de todas as políticas públicas tão necessárias para atingir as causas da fome e da dependência. A luta contra a fome tomou um rumo bem diferente. Silenciou o projeto FOME ZERO no âmbito governamental. Não era mais prioridade. E se instalou uma prática de cunho ASSISTENCIALISTA. Por que ? Era mais fácil ? Jarbas Vasconcelos tinha motivo para afirmar que o bolsa-família era o maior comprador de votos ? Eu tenho ainda dificuldade em acreditar. É possível que seja um indício que me conduziria à verdadeira resposta da minha pergunta, expressada no começo deste escrito. Recorrendo às estatísticas do projeto, descobri que 51% do povo do Maranhão recebe o Bolsa-Família. As imagens de propaganda eleitoral que invadem os lares de todas as famílias no Estado não seriam a cobrança pelo FAVOR recebido ? Vamos acordar, gente, o bolsa-família não é um FAVOR,  mas apenas um começo de conquista de DIREITO que nunca justificará ou levará a justificar os bilhões desvirtuados para satisfazer interesses pessoais de tantos políticos e justificar práticas imorais. Será que o Bolsa-família colabora para que o presidente conserve seu alto índice de popularidade ? Caso não, estamos de parabéns. Caso sim, precisamos refletir seriamente sobre o nosso desejo de libertação.

Publicado no “Jornal Pequeno” São Luis, Maranhão, Brasil, 05. de setembro de 2010

C’était hier… et Aujourd’hui…

C’était hier ….  Et aujourd’hui  !

            Le 22 mars 2006, Damásio, petit village de la municipalité de Guimarães, État du Maranhão, Brésil, devenait le lieu de rencontre des autorités fédérales, provinciales et municipales pour marquer l’importance de la culture « nègre » dans la formation de ce pays de 180 millions de personnes. En effet, le gouvernement fédéral reconnaissant la contribution inestimable du peuple noir venu d’Afrique comme esclaves du Portugal, avait sanctionné une loi reconnaissant la dette envers eux et créait un fonds spécial pour financer les projets provenant de villages encore peuplés de descendants d’esclaves. Damásio devenait le premier projet à être reconnu officiellement.

C’est la fête

Ce fut la fête ! Et quelle fête ! Plus de 3000 personnes occupèrent la place publique oú commença la construction des dix premières maisons en 1970.  Trois expositions, même luxueuses, de photos d’un mètre carré chacune, rappelant la vie, la culture, les activités et le peuple du milieu, ornaient la place publique Une installation de théâtre mobile e de som digne de la grande ville de São Paulo. Des autobus de douze municipalités des environs amenèrent des visiteurs qui vinrent se joindre pour célébrer l’événement. Une page d’histoire s’écrivait.

C’est au som des tambours que la journée se déroula dans un climat de solidarité et de reconnaissance. Le bumba-meu-boi comme les diverses expressions de tambours avaient leur place. Il y eut nourriture et eau pour tous.

Qu’est Damásio ?

Qu’est donc Damásio ?  Pourquoi Damásio ? Damásio est un petit village situé a 9 kilomètres de Guimarães, village central de la municipalité. Là demeure un peuple descendant d’esclaves. Dans les années passées on avait peur d’eux car devant un noir pauvre on devait prendre ses distances. C’était un lieu sans importance et isolé des localités voisines. Ce fut dans les derniers mois de 1968 que l’on commença à y établir des contacts plus fréquents. Par surprise on y découvrit un peuple solidaire malgré le haut taux d’analphabétisme et une misère indescriptible. Aucun enfant ne demeurait sans parent. La coutume est établie: on se protège et on s’entraide.

Le début du projet communautaire

Paulo Freire, le grand éducateur brésilien, nous avait laissé sa méthode de la “Pédagogie de l’opprimé”. Inspirés par lui nous commençons une réunion hebdomadaire ouverte à tous ceux et celles qui le désiraient. En réalité, après les premières rencontres, se forma le premier groupe : dix hommes. Aucune femme. Ce n’est pas la coutume. Faire l’inventaire du vocabulaire du groupe fut le premier pas. Incroyable ! Environ 200 mots formaient l’univers de connaissance des participants. Ça ne pouvait pas être différent. On était pratiquement jamais sorti de son milieu. Sans route, sans télévision, quelques radios, sans électricité… on se couchait tôt et se levait tôt pour se rendre au travail des champs parfois à une assez longue distance.

Nous nous sommes donc mis à la tâche de regrouper ce vocabulaire en y recherchant les mots-clés. C’est ainsi que trois groupes se composèrent autour des termes générateurs : la maison, l’école et l’agriculture. Les trois premiers projets venaient de naître: la construction des maisons, l’organisation de l’école et l’amélioration de la “roça”, c’est-à-dire du travail agricole.  La construction des maisons gagna la priorité car, selon le raisonnement du groupe, la maison a une relation très étroite avec le respect de la personne. Un être humain se doit d’avoir une habitation!  D’une maison de paille on construira des maisons de briques et de tuiles et pour faciliter la vie communautaire, on se rapprochera les uns des autres.

On se mit à la recherche du local approprié et on élabore le plan du projet. Dix maisons disposées en forme de rectangle, face à un terrain libre qui deviendra la place publique et le terrain de jeu. Chaque maison aura  trois chambres à coucher, une cuisine et salle à dîner, une salle de visite et une terrasse. C’est à cet endroit que se déroulèrent les événements du 22 mars dernier.

Le projet était communautaire. Il fallait établir des règles de fonctionnement. Le lundi sera la journée de travail communautaire et personne ne pourra s’en absenter. En cas de maladie, un remplaçant est admis. L’aide externe sera demandée exclusivement pour les matériaux impossibles d’être fabriqués par les mains des membres du groupe. Les maisons seront occupées seulement à la fin de la construction des dix maisons. La réunion d’évaluation et de planification se réalisera à la fin de chaque journée de travail communautaire et est obligatoire.

La construction suivait les étapes normales : tout d’abord les fondations puis les murs, le toit et la finition. Mais le fait particulier c’est que l’on ne construisait pas une maison à la suite de l’autre. Non, on procéda tout d’abord aux fondations des dix maisons puis ensuite aux murs des dix maisons et ainsi de suite. Le travail communautaire était organizé en fonction de cela. Par exemple on prit le temps d’extraire la pierre nécessaire pour les 10 maisons avant de commencer les fondations; on fabriqua les briques de terre cuite pour les dix maisons avant de faire les murs, on coupa le bois pour les dix maisons avant de comencer le toît, les fenêtres et les portes. C’est ainsi que tous ont participé à la construction de toutes les maisons en utilisant les matériaux disponibles dans le milieu : toute la pierre, la terre et le bois furent extraits de leur milieu et fruits de leur travail. L’aide externe n’est venu compléter le projet que pour l’achat des clous, du ciment et des tuiles pour le toit, matériaux qui ne pouvaient pas être fabriquées par leurs mains. On découvrit sa dignité par le travail.

Et la femme …

Cette activité éveilla les hommes à la nécessité d’inclure le travail de la femme car, même si elle ne participait pas aux réunions et ne donnait pas son opinion, elle soutenait le groupe de diverses manières comme au transport de l’eau, de la préparation des repas etc…Ainsi, à la demande du groupe elles commencèrent à participer aux réunions et sont devenues indispensables à l’avancement du groupe et de la communauté. Cette participation devint plus visible au début de l’année 1970 quand le groupe voulant unir l’utile à l’agréable, décida d’organiser la fête de la St-Jean. Personne n’avait les conditions de financer le linge nécessaire pour la fête du bumba-meu-boi. Et si on y faisait une activité de la communauté… Les femmes acceptèrent de prendre en charge la confection des pièces nécessaires pour l’activité et leur broderie… dieu sait si cela est compliqué! Mais Sr Rita Larochelle y veillait. C’est de là que naissait le “Club des mères”. Et puisque la St-Jean coincidait avec la conclusion des dix premières maisons, Sr Rita suggéra l’activité d’une maison modèle, manière simple et plaisante à l’œil d’organiser les diverses pièces de la maison. Le propriétaire de la maison qui avait été l’heureux choisi pour cette expérience, lors de la fête de mars dernier, m’amena chez lui en me disait : “je ne sais pas si ma maison est encore une maison modèle mais ce que je sais c’est que ma femme est un modèle” ! L’inauguration du premier “conjunto” de maison coincida avec la St-Jean qui lançait le “bumba-meu-boi” en activité encore aujourd’hui.

L’Éducation des enfants préoccupait aussi les parents. On commença donc à penser quoi faire pour dénicher un professeur de qualité. “Il nous faut un professeur qui “pousse” les étudiants et non des étudiants qui “pousse” le professeur, disait-on. On y réussit. L’arrivée de cette professeure déclencha un processus tout à fait inédit.

Tentative d’un projet d’ensemble

J’arrête ici la description des premiers pas de la communauté de Damàsio, car il y aurait beaucoup à raconter,  pour faire place à quelques réflexions de grande importance pour comprendre le contexte du moment et la situation actuelle de Damásio.

Le travail de Damásio naissait mais il fut vite intégrer à un projet d’ensemble. En effet, quelques sœurs de l’Assomption laissaient graduellement l’enseignement aux écoles pour s’engager davantage à un travail de formation de communautés ecclésiales de base. On y choisit la région qui entourait Damàsio. C’est ce qui nous amena aux villages de Jandiritiua, Carapirà, Genipaùba e Puca. Srs Cécile Rousseau, Juliette Filiatrault e Françoise Gratton auraient beaucoup à rappeler. Nous partions le lundi après-midi et chacune demeurait dans un de ces villages jusqu’au jeudi. Et Simone Grimard, malgré son âge, passait son temps à Damàsio. On se remplaçait. Un cahier de notes, de réflexions et d’observations servait de mémoire pour donner suite au travail et rappeler les événements du village et les impressions vécues au cours des journées. Toutes ces femmes auraient sans doute beaucoup de joie à écouter l’hommage que ce peuple leur rend encore aujourd’hui. Lors de cette fête à Damàsio il y avait des gens de tous ces villages.

Damásio aujourd’hui

Aujourd’hui, qu’est donc Damásio ? C’est un village articulateur de cette région déjà mentionnée. Il existe une école primaire et une école secondaire fréquentées par les jeunes des villages voisins. On voyage les étudiants en autobus. Imaginez ! Les professeurs sont en grande partie des jeunes de Damásio, diplomés de l’Université. Qu’en dites- vous ? C’est fini l’illumination à lampe à l’huile. L’électricité et l’eau courante ont transformé le rythme de vie. Le projet des maisons a continué et à chaque année, de nouvelles résidences s’ajoutent et d’autres vivent des transformations. L’église est construite et les équipes de formation ne laissent rien en suspens. La sécurité publique est prise en charge par la population locale. Aujourd’hui on dit : «beaucoup de polices viennent aux fêtes mais c’est les gens du village qui assurent la paix » Après plus de 35 ans la semence lancée a grandi et produit ses fruits. Reynald Mailhot et Jacques Cloutier ont su alimenter cette semence pour qu’elle prenne vraiment racine et engendre aujourd’hui cet arbre merveilleux auquel peut s’alimenter la jeune génération. Pe William, après quelques années comme curé de Guimarães, assume aujourd’hui la mairie et sait reconnaître l’importance de cette communauté.

FAIRE MÉMOIRE

Le samedi et le dimanche précédant la fête du 22 mars, nous avons fait MÉMOIRE. Ce furent des moments inoubliables. Nous étions en présence de trois générations : celle qui a commencé le projet; celle qui assure la direction actuelle et les adolescents en croissance. Ce fut un échange de génération. La première génération, parmi elle on enregistre déjà quelques personnes décédées, expliqua aux jeunes comment ils ont commencé, comment ils ont travaillé et les raisons qui ont justifié leur persévérance. La jeune génération a prise conscience de la nécessité de se maintenir en constant dialogue avec les plus âgés et de ne jamais mépriser leur sagesse. C’est dans ce contexte de persévérance qu’a été choisi la jeunesse de Damàsio comme lieu de réalisation du premier projet de développement agricole concédé à un quilombola. Une autre expérience naîtra au sud du pays dans l’État de Santa Catarina. On espère que ces deux pôles feront surgir de nombreux projets de développement. Les maires des douze municipalités de la région de Guimarães ont assumé l’engagement de faire naître dans chacune de leur municipalité une communauté agricole « nègre ».

Le 22 mars 2006, à Damásio,  fut la célébration de 35 ans de résistance et le lancement d’un nouveau moment offert à la jeunesse noire. Que cette jeunesse soit fière de ses ancêtres et qu’elle devienne témoin de ceux et celles qui leur succèderont.

Victor Asselin, ptre

Libertar o Maranhão

LIBERTAR O MARANHÃO –  UM  PROJETO  ELITISTA

Victor Asselin

            A campanha eleitoral vai avançando e as promessas vão se multiplicando. Podemos perguntar: já temos as informações suficientes para a tomada de uma decisão esclarecida sobre o projeto que queremos conquistar: a libertação do Maranhão ? Ainda hesito em dar minha resposta. Por quê ? Escuto promessas já feitas há vinte e trinta anos, sem resultado. E ainda tem gente que acredita que vai acontecer. Escândalos continuam a fazer parte do nosso cotidiano. Exemplo: a quebra do sigilo fiscal e suas fraudes. As mais altas autoridades ainda debocham sobre eles e manipulam o povo levando a crer que se trata de armadilha inventada para prejudicar a campanha da gente de bem !!!  E ainda tem gente que dá crédito a esta conversa. Porque é assim ?

No Maranhão já nos libertamos do coronelismo ?  Talvez que ainda não. Estamos a caminho e estamos nos preparando a dar um BASTA à reprodução das práticas autoritárias e violentas do coronelismo que se aproveita da desinformação das pessoas, em particular das mais carentes de ensino e de informação para manipulá-las e levá-las a tomar decisões em acordo com a vontade do coronel. Infelizmente, estas práticas ainda se fazem presentes no nosso cotidiano.

E, como se não bastasse viver com os resquícios do coronelismo, temos no Maranhão um agravante: a pobreza do Estado e do seu povo está sendo protegida por medidas exclusivamente assistencialistas. O coronelismo fez aliança com o populismo. O coronel e o populista se deram as mãos. Ganhamos a sobrevivência acompanhada de uma nota que diz: “isso é o preço de sua dignidade, saiba reconhecer este favor”

Povo do Maranhão, reduzir a dignidade da pessoa ao preço de uma sobrevivência é injuriar o próprio Criador que nos fez “à sua imagem e semelhança”. É uma medida populista praticada por populista. Em efeito, existem líderes populistas. O que são eles ? Francisca Socorro Araújo explica que o populismo é “basicamente um “modo” de exercer o poder. Ou seja, dá-se uma importância ao povo, às classes menos favorecidas, cuida-se delas e, assim, conquista-se sua confiança, o que permite que se exerça um autoritarismo consentido, uma dominação que não é percebida por quem é dominado.”

Vê-se que o populista não se caracteriza pelo seu conteúdo mas pelo modo de exercer o poder combinando o seu carisma com o autoritarismo e a manipulação. Ele se envolve emocionalmente com o povo e esquece colaborar para sua verdadeira educação. Em nome da democracia prioriza as demandas das classes menos favorecidas mas estabelece mecanismos de controle até da midia. O líder populista não tolera as oposições pois sua prática se limita a distribuir “favores”. Assim sendo, o coronel e o populista tem boa chance de se entender bem pois os dois exercem o poder de maneira diferente mais os dois tem o mesmo objetivo:manter e controlar o PODER

O projeto de libertação do Maranhão não é um projeto elitista mas um projeto assumido pelo povo e conquistado pelo povo. Ele é a busca de uma sociedade verdadeiramente democrática onde os favores serão substituídos pelos direitos, onde o assistencialismo será substituído pelo trabalho e pela conquista e onde o autoritarismo será substituído pela igualdade e pela harmonia das classes sociais. Libertar o Maranhão é libertar-se do coronelismo e do populismo.

Quero parabenizar você que colabora na campanha atual sem a preocupação de ocupar um espaço no próximo governo porque você entendeu que a libertação do Maranhão, antes de mais nada,  não passa pela luta de um espaço ocupado por você mas pela luta que abre o espaço para o povo participar da vida pública. E você que entendeu isto e sabe que é a condição para que se abra o caminho da felicidade para o povo do Maranhão, ajude, não por FAVOR mas por DEVER, o seu vizinho ou a gente do seu bairro a compreender que a LIBERTAÇÃO depende da soma de nossos esforços e que o voto que cairá na urna dirá o que queremos: um Maranhão livre ou dependente do coronelismo e do populismo

Está chegando a hora !  O “Davi”, povo do Maranhão dará o “basta” final ao “Golias” coronel e populista. Esteja firme e combata o bom combate. Quem dera se a gente pudesse ouvir a voz de Deus que dizia ao povo dirigido por Moisés : “Farei de você uma grande nação”. “Farei de você, Maranhão, um grande Estado”

Publicado no Jornal Pequeno, Ma. Brasil, em 25.09.10

CIDADANIA E SEGURANÇA

CIDADANIA E SEGURANÇA

Victor Asselin

           No país, e em particular, no Maranhão, a violência e a criminalidade devem ou deveriam ser consideradas como prioritários nas agendas governamentais. No estado do Maranhão, o fato inovador, durante os dois anos do governo Jackson Lago através da então secretária Eurídice Vidigal tem sido o interesse e a decisão de formular uma política de segurança fundamentada na CIDADANIA. Isto significava ter como foco a prevenção da violência e a promoção de convivência social segura e pacífica, com respeito aos direitos humanos. Assim sendo, a segurança chamada de “segurança cidadã” vinha qualificar a segurança pública. Ela, longe de uma concepção repressiva, inclui o respeito às regras da democracia e do Estado de Direito e a participação da sociedade civil. Era a proposta de um novo modelo de segurança a construir, único modelo que possa dar resposta à onda de violência que invade o mundo inteiro

           O Governo do Maranhão tinha sido brindado pelo Governo Federal, graças à luta da titular Eurídice Vidigal, com a proposta de criar uma experiência que, com o tempo, poderia se tornar um modelo de combate à violência. Violência controlada não pela repressão mas pela educação à cidadania e a participação responsável de toda a sociedade com os órgãos oficiais de segurança pública.

A Segurança cidadã adquiriu uma grande importância com o lançamento do Programa Nacional de Segurança Pública – PRONASCI – realizado com a cooperação da ONU. A Secretaria de Segurança cidadã do Estado do Maranhão já estava executando programas e projetos de políticas de prevenção do crime e da violência articulados com atividades sociais que priorizavam as ações preventivas sem contudo, abrir mão das estratégias de controle e de repressão.

Era preciso desafiar a situação de insegurança social vigente, desenvolvendo um processo de transformação social, no qual a concepção de segurança seria entendida com um bem público. Era preciso então desconstruir o conceito de segurança como defesa da nação e de seus valores para construir uma nova ordem democrática diretamente relacionada com o respeito à vida e à dignidade nas suas dimensões econômicas, sociais e culturais objetivando a melhoria da qualidade de vida.

A primeira estratégia definida pelo então Governo Jackson Lago foi a criação e a estruturação do Conselho Estadual de Segurança Cidadã através de núcleos de bairros, compreendidos “como unidades de apoio e consulta às políticas estaduais de Segurança Cidadã, nas relações com a comunidade para a solução integrada dos problemas de segurança pública”. Eram espaços de correlação de forças entre o poder público e a sociedade civil, de caráter permanente com a função de deliberar e controlar a política de segurança cidadã visando à redução da violência. Até o dia da cassação do Governador Jackson Lago já tinham sido criados 22 núcleos na área metropolitana e 13 no interior do Estado com uma representação de mais de 600 conselheiros que já tinham uma formação adequada para colaborar com a segurança no Estado. Também tinha sido criado um quadro de especialistas em educação popular para acompanhar, por um período de12 meses, os núcleos. Enfim, mais de 50 projetos tinham sido aprovados para aplicar de fato a prática da segurança fundamentada na cidadania.

A implementação das atividades de instalação dos núcleos do Conselho Estadual de Segurança Cidadã, na cidade de São Luís e no território estadual devia considerar os pontos seguintes:

  • Rever a busca do Bem Comum a partir dos direitos garantidos na Constituição de 1988 pois alguns direitos já estão afirmados mas outros ainda estão para ser conquistados.
  • Convencer-se de que os gestores da política de segurança seriam o Conselho e a Conferência, do qual já fazem parte os representantes governamentais e civis. O Secretário de Estado ou o coletivo de seus diretores seriam os      executores de uma política decidida no Conselho de Segurança Cidadã ou na Conferência. Os conselheiros governamentais e civis seriam co-gestores do sistema de segurança cidadã.
  • Desconstruir o conceito que identifica o Estado com Governo e o Governo com Estado. Em efeito, nesta perspectiva de trabalho, a sociedade civil também é o      Estado. Nas ações a serem desenvolvidas deveria se aprofundar a função estatal do governo e a função estatal da sociedade civil.
  • Entender a participação como um processo de vivência que desenvolve uma consciência gerando novos valores e uma nova cultura política. Esta participação é aquela que produz mudanças, altera o statu quo. Produz a transformação social. É o exercício do poder de definir os objetivos e os meios de toda a atuação. É a aprendizagem do poder. É tornar-se dono do próprio destino e não o entregar a nenhum “salvador da pátria”.
  • Resgatar a representatividade no sentido das relações das lideranças comunitárias com as suas bases.
  • Fortalecer a formação técnica e política dos representantes da sociedade civil. Ser co-gestor exige conhecimentos mais aprofundados de questões sobre a      legislação, a dinâmica das políticas da área e lidar com planejamento e gestão.

Infelizmente este projeto foi interrompido. Há possibilidade de reconquistar um espaço?

Victor Asselin

Publicado no Jornal Pequeno, São Luis, Brasil,  17 de agosto de 2010

L’exclusion, un défi à la fraternité évangélique

L’EXCLUSION, un défi à la fraternité évangélique

     Le 1er mai 1997 le comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec et le Carrefour de pastorale en monde ouvrier, Québec, publiait le message « J’étais là, m’as-tu fait de la place »?

Le document invite à faire l’exercice de réflexion sur notre manière de vivre l’économie et l’emploi dans nos maisons. … » L’Eglise du Québec représente … un espace économique avec ses fabriques, ses diocèses, ses communautés religieuses, ses mouvements et ses petits groupes. Ces différentes entités ont une autonomie administrative. Elles ont des revenus et des dépenses. Elles gèrent des emplois…. Y abordons-nous les questions économiques dans un esprit de service à la vie ? … là où il y a un budget, là où il y a une maisonnée à organiser, et parce que nous sommes humains, il y a la possibilité d’une pratique dominatrice ou solidaire….  »

« Parce qu’il n’y a pas de réponse unique… nous croyons qu’un exercice fraternel de révision de vie économique dans l’Eglise du Québec… peut constituer un déclencheur approprié pour engager notre responsabilité. … Nous pensons que nous avons la maturité nécessaire pour entreprendre l’exercice. »

C’est dans cet optique qu’aujourd’hui nous réfléchirons sur deux réalités importantes:

1. Le néo-libéralisme engendre l’exclusion

2. La fraternité évangélique, réponse à l’exclus

…………….

Néo-libéralisme et exclusion

La fraternité, élément fondamental d’une convivialité harmonieuse entre les humains doit se réfléter dans les attitudes individuelles et sociales et dans la société. Et ceci devrait encore plus se rencontrer dans les sociétés dont la structure politique est démocratique. En effet n’est-ce pas la responsabilité de ceux et celles qui ont reçu l’autorité par le vote de ses concitoyens et concitoyennes ? La question que nous voulons bien poser aujourd’hui est celle-ci : dans quelle mesure le monde qui se dit démocratique réussit-il à assurer une véritable fraternité entre les humains, en particulier dans l’économique , i.e. dans cette dimension qui régit la répartition des fruits de la terre et le travail des humains ?

Restructuration de l’économie

L’économie mondiale est dans un processus de restructuration. Le mur de Berlin en est le symbole. En effet la disparition du bloc soviétique fut le signe d’un changement essentiel car il ouvrait les pays de l’est à l’économie de marché (loi de l’offre et de la demande) et non plus à une économie planifiée (régie par l’Etat).

C’est alors que le système néolibéral a pénétré dans tous les pays de l’ancien bloc soviétique et, dès lors, l’économie de la majorité des pays fonctionne selon les lois de l’offre et de la demande. L’intervention de l’Etat comme régulateur du marché peut être plus ou moins significative mais il est une chose sûre : dans les relations économiques internationales l’économie est indépendante.

Ce triomphe du système néolibéral nous a introduit dans un monde unipolaire. Auparavant s’affrontaient deux fonctionnements économiques, chacun avec leurs principes distincts (planification et lois du marché) alors que la loi du marché se présente maintenant comme vainqueur et unique capable de gérer la production et la répartition des biens.

Quelles sont les caractéristiques de ce monde unipolaire et comment fonctionne-t-il ? Quelles sont les conséquences du néolibéralisme dans les économies nationales et dans les transactions entre les pays ? Est-il vrai que c’est l’unique manière de gérer les relations d’échange entre les humains ?

I. La globalisation

Le système néolibéral se caractérise par le minimum d’intervention de l’Etat. Ce sont les lois de l’offre et de la demande qui déterminent quels biens on va produire et à quel prix. Cela s’applique également au marché du travail i.e. que les personnes rencontrent les emplois du type et du prix que le marché détermine.

Ces caractéristiques nous viennent des théories libérales du siècle passé. On parle du néo-libéralisme car après une période où l’Etat intervenait activement dans l’économie, il y a une tendance dans les dernières décennies à ce que l’Etat se retire, ce qu’il fait graduellement, laissant toutes ses activités dans les mains de l’initiative privée. On croyait et on croit que c’est plus efficace et rentable.

L’auto-régulation du marché

L’Idée qui est en-dessous de cette manière de voir est celle de l’auto-régulation du marché. Cela signifie à niveau mondial que chaque pays et chaque région se spécialisent selon sa capacité  d’être plus compétitif dans les sphères de leurs spécificités. De cette manière on augmente l’interdépendance entre les pays puisqu’on favorise l’échange commercial et l’échange de services plus que l’autosuffisance nationale.

Evidemment cette loi du marché favorise le plus fort: celui qui a une infrastructure meilleure, celui qui a une plus grande capacité d’invertion, celui qui a une technologie plus développée aura plus de chance. Et ce n’est pas une cachette que les pays se rencontrent dans des situations très inégales. Et alors que se passe-t-il ? La compétence entre inégaux a comme conséquence la perte du plus fragile : il est alors absorbé par le plus fort ou on le met tout simplement de côté. C’est l’exclusion, phénomène nouveau dans l’économie mondiale.

Attitudes et conséquences

Ce fonctionnement économique conditionne des attitudes et des conséquences qui caractérise notre monde moderne. Les uns disent, par exemple, que c’est la fin de l’histoire. Cela signifie que nous sommes arrivés à un point final de l’évolution. On ne pourra rien trouver de meilleur. C’est la fin des utopies. Rien ne sert de chercher autre chose. Ainsi les personnes grandissent et sont éduqués dans une ambiance très individualiste. ça ne vaut pas la peine de se réunir pour organiser de nouvelles manières de vivre ensemble car l’unique qui fonctionne est la loi du plus fort et l’unique que nous pouvons défendre est notre liberté individuelle: la liberté – si nous faisons partie des plus forts – de gagner plus.

Cette liberté à outrance apporte avec elle la domination des plus forts sur les plus faibles. Voici des exemples:

- entre les personnes dans un même pays les riches deviennent plus riches et les pauvres deviennent des misérables;

- la différence entre les pays du Nord et les pays du sud augmente de plus en plus;

- Dans la nature, l’homme, se sentant plus fort par sa capacité technologique, détruit l’équilibre fragile de la terre aux dépens de gains matériels immédiats.

Le développement rapide de la technologie

Tout cela  se voit amplifié par le développement rapide de la technologie qui rend encore plus possible une domination plus efficace car, par les moyens de communication, elle envahit tous les coins de la terre. On transporte les produits de manière plus rapide et à un prix plus bas. Les recours financiers se déplacent en espace de seconde via satellite, entrant et sortant des pays selon leur rentabilité sans leur laisser le temps suffisant pour être utilisé dans quelque chose de productif. La publicité faite à l’échelle internationale uniformise les modes de consommation et cela, non seulement pour les produits tangibles mais pour la culture. Elle envahit la culture: la télévision, les livres, les spectacles… tout est soumis à la loi du marché. De plus en plus on s’habille pareil, on mange la même chose, on lit la même chose -évidemment toute proportion gardée – et on finit par adopter, en beaucoup de choses, la même manière d’être et de penser. Et ce n’est pas nécessairement la meilleure mais bien celle de la domination.

Réactions

La globalisation a provoqué diverses réactions chez les plus faibles:

- la renaissance des nationalismes -

Dans plusieurs parties du monde des peuples et des personnes revendiquent leurs racines ehtniques et/ou culturelles et souvent de manière intolérante et        violente. Ex. les serbes et les croates en Europe de l’Est et les hutus et les tutsis en Afrique. Bien que les  problèmes sont très complexes et ont des racines historiques profondes, nous pouvons nous aventurer à dire que le manque d’espérance pour une vie meilleure (pour l’Afrique c’est l’espérance d’une survie) liée à la nécessité d’avoir son identité sont des réactions à la globalisation.

- les intégrismes religieux – l’islamisme, le fondamentalisme catholique, les sectes chrétiennes de tout genre etc…

- l’extrême droite en politique – Le discours de certains groupes d’extrême droite ne diffère pas beaucoup des fascistes d’il y a 50 ans et alimente un racisme souvent violent.

Il y a aussi des réactions pleines d’espérance, des alternatives pour la fraternité entre les humains. Nous verrons cela plus loin.

II. Qui contrôle l’économie mondiale ?

Si la globalisation est mondiale, on ne peut pas dire la même chose de l’économie car les pays industrialisés concentrent les recours financiers et techonologiques et leurs relations avec les pays pauvres peuvent être qualifié de néo-colonialisme i.e. ils exercent un contrôle en raison de leur supériorité économique et financière et, ainsi, attentent à l’autonomie politique des nations plus faibles.

La dette externe

Et un de leurs arguments pour exercer le contrôle est celui de la dette externe. Puisque le paiement de la dette externe est pratiquement impossible pour les pays pauvres, les pays riches avec la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire    international imposent une restructuration qui n’a pas pour objectif le bon fonctionnement des économies locales mais le paiement de la dette.

La lutte pour la domination

De plus les pays riches se disputent entre eux pour avoir la domination économique. Ainsi les Etats-Unis sont menacés par    l’Allemagne et le Japon. Cette lutte a amené la formation de blocs et de marchés régionaux. L’Union européenne, L’Alena, le Japon organise une région économique avec d’autres états du sud-est asiatique… Puis il y a le groupe des SEPT qui contrôle les mesures économiques imposées par les institutions  comme la Banque mondiale et le Fond Monétaire International.

Problèmes

Avec l’application exagérée des philosophies néolibérales qui    limitent l’ingérence de l’Etat on en est arrivé aux problèmes suivants:

1. Non seulement les grands capitaux décident mais il n’y a aucune possibilité de contrôle sur eux. Même les gouvernements des pays riches sont impuissants.

2. De plus les capitaux s’engagent dans une inversion financeiro-spéculative plutôt qu’une inversion dans la production d’un pays. De cette manière les économies des pays fragiles sont à la merci des grands capitaux car ceux-ci entrent quand ça fait leur affaire et sortent quand ça fait leur affaire. On vient chercher l’argent quand les intérêts sont hauts et on disparaît au premier indice que les capitaux pourraient être plus rentables ailleurs sans laisser aucun type de construction. Il y a ainsi un écart important entre l’économie réelle et l’économie spéculative qui empêche la croissance concrètedes pays.

III. Mécanisme de domination

Avec les éléments que nous venons de voir, est-il possible de discerner de quelles manières s’interrelacionnent les intérêts économiques, politiques, idéologiques et militaires des puissances du globe dans leur lutte pour établir leur hégémonie ?

On peut affirmer que ce sont les mécanismes traditionnels que les pays développés ont toujours maintenu envers les pays du Sud qui se sont renforcis et se sont étendus à l’échelle de la planète. Voyons:

1. La philosophie géopolitique perd du terrain et est remplacé par la géoéconomie. Clinton, lors de sa 1ère visite à l’Allemagne réunifiée, disait: « Ce sont le commerce et les troupes qui définiront de manière croissante les  liens qui uniront les nations au XXIe siècle ». Ce sont les grandes corporations et les centres internationaux de pouvoir financier qui décident le chemin de l’humanité.

2. Le monde de l’après-guerre froide développe une dynamique multinationale de pouvoir. Ce sont les puissances du Nord, maintenant appuyées par la Russie, qui influencent les décisions des organismes internationaux (ONU, OEA, OTAN etc…)   Ces organismes fonctionnent comme des instances supranationales qui grugent de plus en plus la  souveraineté des pays du Sud. Malgré leurs discours        progressistes avec la défense des droits de la personne, de l’environnement etc… elles sont des instruments efficaces pour forcer les nations pauvres à ouvrir leurs économies, à s’intégrer de manière dépendante au marché international, à ouvrir leurs frontières à des milliers de soldats en « mission de paix » quand elles sont  incapables par elles-mêmes de restaurer l’ordre démocratique, à continuer à payer à haut prix social et ambiental la reconversion industrielle et la compétence « inter-blocs » des puissances du Nord.

3. Un exemple dramatique de ce que nous venons de dire est bien celui de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International. Leur rôle devrait être celui de conduire les grands et les petits à participer à la croissance économique mondiale. Mais ce n’est pas ce qui arrive. Leur intervention en est une d’une pression croissante  sur les gouvernements du Sud pour que leurs économies soient de plus en plus compétitives et qu’ainsi puissent payer leurs dettes extérieures. Cet objectif ne peut être obtenu que par l’application des politiques socialement criminelles de l’ajustement structurel. Elles fixent les conditions du développement mais ne se responsabilisent aucunement des conséquences. Les résultats de cette « coopération » sont désastreux. Pour garder leur image elles se sont approprié des discours des ONG’s sur le développement, la pauvreté et la participation populaire  mais elles ne se sont jamais engagées à abandonner les politiques néolibérales qui mettent en danger la survie humaine. La Banque mondiale conditionne son appui aux gouvernements qui appliquent les programmes d’ajustement et réorientent leurs économies vers l’extérieur.

Voici ce que disait Pierre Galand qui, durant 3 ans, était membre du Groupe de Travail d’Organismes non gouvernamentaux de la Banque Mondiale:

« L’Afrique se meurt et la Banque Mondiale s’enrichit.  L’Asie et l’Europe Orientale voient leurs richesses disparaître et la Banque Mondiale appuie les initiatives du Fond Monétaire International et du Gatt qui autorisent ce vol de richesses matérielles et intellectuelles. L’Amérique Latine, comme les deux autres continents contemple avec horreur comment ses enfants sont exploités comme force de travail et encore, ce qui est le plus terrible, comme donateurs forcés d’organes pour le marché prospère de transplantations en Amérique du Nord.

Dans ses discours, la Banque Mondiale parle des sacrifices inévitables qu’exige la stabilité structurelle pour que les nations s’intègrent dans le marché mondial globalizé comme s’il s’agissait d’un désert difficile à traverser pour arriver à la Terre Promise du développement ».

4. Les puissances du Nord sont certaines qu’il est très difficile pour le « reste » du monde de prétendre au développement. Pour cette raison elles ont favorisé la génération de « puissances régionales » qui peuvent servir de frontière entre le Nord et le Sud. Elles détiennent en elles-mêmes les maux du « développement ». Des pays comme l’Inde, la Chine, Iran, Irak, Egypte, Argélie, le Marroc et le Mexique sont appelés « pays tampons ». On ne prétend pas les incorporer au monde de l’industrialisation et ainsi on baisse un peu la ligne qui divise le Nord du Sud.

5. Les puissances n’ont pas renoncé non plus à la domination militaire ni à l’industrie de guerre. Curieusement les coûts militaires des pays du Sud ont augmenté à un rythme plus accéléré que celui des pays du Nord lors des dernières années. Ce sont les conflits régionaux qui le motivent. De plus il y a toujours danger d’une économie récessive puisque les zones sont controlées par les intérêts des blocs économiques hégémoniques.

6. La lutte pour l’hégémonie comprend aussi les aspect  idéologiques. Avec la chute du socialisme la voie capitaliste demeure comme l’unique alternative. Ce fait a affaibli les résistances des états nationaux devant les processus de globalisation mondiale. Et de plus ce processus de transnationalisation pose l’épineux problème de l’identité des peuples.

IV. Les conséquences

Même si on vante et on défend le néolibéralisme comme l’unique alternative viable de développement, il y a plusieurs évidences de ce que les élites qui contrôlent l’humanité se sont trompés. On peut le voir par les nombreux effets engendrés sur la planète.

4.1 Conséquences dans le développement social

L’échec le plus évident est bien celui du fossé encore plus grand entre les pays du Nord et ceux du Sud et reproduisant aussi cette dynamique à l’intérieur de chaque pays. Le rythme de croissance s’est accéléré entre les inégalités.

Voici quelques données du Programme des Nations Unies pour le Développement:

- Dans un monde de 5,600 millions de personnes, 1,300 millions  vivent dans l’extrême pauvreté i.e. dispose de moins d’un dollar par jour pour sa subsistance;

- Les 3/4 des pauvres vivent en Asie méridionale et orientale, en Afrique, en Amérique Latine et dans les Caraibes;

- 1,300 millions personnes n’ont pas accès à l’eau potable et 770 millions n’ont pas accès aux services de santé;

- A chaque 3 secondes meurt un enfant pour des causes qu’on pourrait éviter si on avait accès aux conditions sanitaires minimales. 98% de ces enfants vivent dans un pays en voie de développement;

- Dans les pays du Sud une femme enceinte a 18 fois plus de chance de mourir durant son état de gestation que dans le Nord. A chaque année meurt 600,000 femmes durant la  gestation ou durant l’accouchement;

     – Dans l’éducation, 300 millions d’enfants ne vont pas à l’école et 1,000 millions d’adultes sont analphabètes;

- On compte plus 1,000 millions de sans-emplois. En Amérique Latine ça implique 30% de la population.

- Dans le Nord 20% de la population controle 60% de la  richesse de la planète; 98% de la recherche cientifico-technologique; consomme 70% de l’électricité du monde; possède 70% des métaux et 85% du bois.

On veut favoriser la croissance et réduire les dépenses publiques et sociales. De plus, ce qui peut aussi expliquer aussi l’inégalité ce sont les grandes différences entres les   salaires des travailleurs qualifiées et des non qualifiés comme aussi entre les travailleurs des pays industrialisée et des pays non industrialisés.

On justifie l’implantation de ce modèle de développement en affirmant qu’en favorisant la croissance économique des élites de chaque société c’est créer les conditions de bien-être et de prospérité pour le reste. On oublie qu’on offre une solution à la pauvreté sans exiger la discipline morale du partage. Et alors on ne se rend pas compte que l’appauvrissement accéléré devient de plus en plus une menace plus grande que celle de la bombe atomique.

Il n’y a pas de volonté du côté des « centres de pouvoir » de   transformer cet état de choses. Cela se vérifie clairement par la dépense militaire et par la dette externe.

- dette externe: chaque année les pays du sud payent comme intérêt une somme 3 fois supérieures à ce que les pays du Nord investissent dans la coopération internationale;

- dépense militaire: l’importation d’armes des pays du Sud équivaut à 75% de l’aide externe reçue et il existe 8 fois plus de soldats que de médecins.

4.2 Conséquences environnementales

L’écosystème est menacé autant par la richesse excessive que par la pauvreté extrême. Les deux génèrent des effets nocifs sur la nature. Voici quelques exemples:

          – La destruction des boisés. Presque la moitié des boisés humides tropicaux ont été détruit par les entreprises qui exploitent le bois précieux ou font de l’élevage extensif. Ces boisés qui couvrent à peu près 6% de la superficie terrestre sont l’habitat de 80% de toutes les espèces d’insectes de la terre, sans compter la diversité de mammifères, d’oiseaux et de plantes. Ils jouent un rôle important pour le climat si bien que peuvent être changés les systèmes de vents, les régimes de pluies etc…

          – L’érosion des sols.

          L’abandon des méthodes traditionnelles de cultiver la terre et l’usage d’engrais et de fertilizants industrialisés et l’accélération de l’augmentation de la population humaine ont influencés de manière drastique de telle sorte qu’à chaque année on perd 24,000 millions de tonnes de la couche supérieure du sol, ce qui représente une perte de 9 millions de tonnes de cueillette potentielles de céréales. De plus on emploie les fertilizants chimiques pour produire plus pour l’exportation. Aussi à chaque année 40,000 personnes  meurent dans le Tiers-Monde d’intoxication due aux pesticides.

          – L’empoisonnement de l’air -

          Les formes de contamination qui détruisent l’équilibre atmosphérique s’aggravent. Beaucoup de quantité d’ozone produit du mélange d’hydrocarbure que laissent échapper les autos et les industries avec les oxides de carbone de la lumière solaire menacent la vie. Ceci a commencé à être une tragédie surtout dans les villes surpeuplées du Tiers-Monde. Et d’un autre côté la pluie acide des gas industriels et des centrales électriques assassinent les boisés et les lacs des Etats-Unis et de l’Europe. On estime que presque toutes les espèces d’arbres en Europe sont affectées et qu’aux Etats-Unis plusieurs espèces courent le danger d’être éliminées comme par exemple le pin rouge et le pin blanc.

          – La mort des eaux -

          Les déchets industriels et les déchets domestiques versées dans les rivières, les lacs et les océans sont les causes de l’extinction de plusieurs espèces d’animaux        et de végétaux. On calcule aussi que 25,000 personnes meurent à chaque jour pour avoir bu de l’eau contaminée.

     « La nature humiliée a été mise au service de l’accumulation du capital. On empoisonne la terre, l’eau et l’air pour que l’argent génère plus d’argent sans que diminue le taux du  gain. Efficient est celui qui gagne plus en moins de temps » (Eduardo Galeano)

     4.3 Conséquences culturelles

          Les tendances forcées à l’unification de vastes zones géoéconomiques, à la globalisation mondiale et à l’uniformité   culturelle dans un monde très divers et inégal ont engendré une série de contradictions dans les processus culturels.     Voici:

     – La crise des identités sociales et nationales -

     Il est de plus en plus difficile de penser en termes nationaux. L’identité collective basée sur la natalité ou l’appartenance à une classe sociale est en train de disparaître. Comme forces émergent les identités ethniques, religieuses,, régionales, de genre etc…

     – la crise de la démocratie formelle -

     L’émergence de la multiplicité d’identités engendrent l’apathie politique de grands secteurs de la population.

     – Les recherches de contre-cultures -

     Face à la consommation, à l’individualisme et à la technocratie on recherche des alternatives d’utopies. Cependant ce ne sont pas toutes les recherches qui sont libératrices car on sombre souvent dans le fanatisme et l’aliénation comme on le voit dans des sectes et des cultes liés au satanisme.

CONCLUSION

     Le nouvel ordre mondial qui est en train de s’établir est bien loin d’un climat fraternel entre les humains. Il est urgent de remettre la personne humaine au centre des considérations économiques, politiques et sociales mais non pas comme exploiteur mais bien comme responsable d’un tout, incluant la nature qui est la base de sa survivance. Nous devons juger avec une éthique renouvelée les mécanismes qui régissent les relations dans la société. Il est urgent aussi, comme citoyens actifs et responsables, que nous étudiions la logique néolibérale pour découvrir des alternatives bien fondées. Il nous faut regarder des propositions non seulement techniques mais aussi culturelles sans oublier que les générations millénaires peuvent offrir des alternatives à ce que le monde occidental nous présente aujourd’hui. Nous sommes devant une menace d’en finir avec la création que Dieu nous a remis entre les mains.

Montréal, 15 mars 1998

                                  Victor Asselin,

                   La fraternité dans la bible

        (L’exclusion, un défi à la fraternité évangélique)

     La fraternité est un des points centraux et fondamentaux dans la pensée théologique du peuple d’Israel, point qui sera assumé postérieurement par la pensée chrétienne de la communauté primitive.

     Le sujet est ample. Nous allons seulement sortir quelques pistes. Et je le ferai en prenant comme division les deux grandes parties de la bible, à savoir l’Ancien testament et le Nouveau Testament.

INTRODUCTION

     Dès le début de la bible le thème est clair. L’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gen 1,26) et, à cause de cela, il a une dignité. Cet homme-femme est appelé à vivre dans la respect, dans le partage, dans la fraternité, en communauté. Tout au long de l’histoire d’Israel cet élément est fondamental pour comprendre le développement de sa pensée. Depuis Abraham jusqu’à Jésus on insiste sur un seul point: l’intérêt et le soin pour l’autre. Et cela parce que l’autre a une dignité et parce qu’il est une représentation de ce grand autre: DIEU. C’est ainsi qu’on peut dire que toute la pensée théologique de l’Ancien Testament est centrée sur cette idée: LE PROJET D’ETRE FRERE. Cet élément central on le trouve quand Dieu appelle Cain et l’interroge au sujet de son frère Abel. (Gen. 4, 8-10) Nous avons alors une affirmation claire et explicite de ce que chacun et chacune sommes responsables de nos frères et de nos soeurs.

I. L’Ancien Testament

     Nous alons nous référer au Pentateuque avec son histoire et ses lois, aux prophètes avec son appel à la conversion et à l’époque de l’Exil dans lequel le peuple défend sa foi, sa vie de fraternité et de communauté.

     1.1 Le Pentateuque

     Dieu, bon et miséricordieux, établit son Alliance ave l’homme, Abraham. Il l’invite à être une bénédiction pour tous les peuples de la terre et à être témoin de l’amour et de la bonté    de Dieu (Gen. 12, 1-3)

     Contexte

     Nous nous mouvons dans une ambiance de pasteurs qui vivent    dans le désert où la survivance est un fait quotidien. Si tu    n’es pas fraternel et hospitalier, l’autre peut mourir. Dans     ce contexte, être fraternel n’est pas simplement une question de goût ou de préférence. C’est une question de vie ou de mort   car nier la nourriture ou la boisson dans le désert c’est    condamner l’autre à une mort certaine. C’est dans ce contexte   que dans le Pentateuque on a divers passages qui nous      indiquent que l’étranger jouit de certains privilèges à cause   de sa situation.

     a) Un des textes les plus beaux est celui des trois  personnages qui se présentent à Abraham près du chêne de Mambré. Il est à la porte de sa tente et il invite les  trois hommes à venir se reposer et à manger. C’est le précepte de la fraternité et de la survivance au désert.

          Lisons – Gen. 18, 1-8

                    Gen. 24, 17-21

                    Ex. 2, 15-20

          C’est l’engagement de l’hospitalité. C’est être frère au désert. L’autre dépend de moi pour vivre. C’est aussi l’esprit que nous retrouvons dans les commandements.           Violer une seule de ces lois provoquerait un désastre. Ce serait le chaos dans la communauté.

     b) C’est de cette perspective que prend sens l’idée d’une communauté, de la fraternité. La personne ne peut pas être seule car elle ne pourrait pas développer toutes ses capacités. Sans compagnie, la personne est condamnée à l’échec. Voici pourquoi le respect de l’autre, l’aide et l’appui sont des colonnes essentielles dans la vie.

     c) L’expérience fondamentale, base de la foi d’Israël, se trouve dans la libération du peuple de l’esclavage, de l’oppression d’Egypte.

               Deut. 26, 5-9

     d) Dieu se fait patient quand l’autre souffre, quand « l’autre » a besoin de Lui. Il se fait compagnon de route, il accompagne l’autre dans sa douleur, dans sa souffrance. Il veut partager la douleur, il veut la faire sienne. C’est pour cela qu’il agit et qu’il n’est pas seulement spectateur.

               Ex. 3, 7-8

     e) Dieu demande aussi que chacun soit miséricordieux envers l’autre. Que le peuple voie en l’autre un frère, qu’il apprenne à être frère, à être solidaire, à ne pas laisser l’autre à son propre sort s’il ne veut pas répondre de sa vie.

               Lév. 19, 1-2, 10, 13, 17, 18

     Conclusion

     Ce que le Seigneur Dieu demande pour sa communauté c’est la   SAINTETE. Une sainteté qui doit se manifester dans des faits concrets. La sainteté se réalise dans la relation avec l’autre, dans l’appui à l’autre, dans le partage avec l’autre. Cette sainteté s’exprime dans la fraternité, dans l’être proche de l’autre, dans la solidarité avec l’autre. On ne peut pas réaliser cette sainteté en dehors de la relation avec le prochain et si on est indifférent devant la situation de l’autre.

     1.2 Les Prophètes

          La littérature prophétique est abondante en ce qui a trait à la fraternité et à la solidarité avec l’ »autre ».

          Pour les prophètes, le fait que le peuple a oublié de   faire la volonté de Dieu a amené aussi la rupture avec les frères. Il y a de plus en plus de pauvres qui sont menacés. On a perdu la terre. On n’est plus sensible à l’orphelin ni à la veuve et ni à l’étranger.

          Ces trois catégories de gens sont importantes pour      comprendre l’enseignement des prophètes. Ils représentent les    plus oubliés de la société, les moins protégés. Les « anawin »   (les pauvres de Yahvé) ont été dépouillés de leur dignité.   C’est contraire à la volonté de Dieu. Raison pour laquelle les prophètes dénoncent l’injustice, le manque de solidarité et     de fraternité des grands et des puissants envers le peuple.

     a) Les grands et les puissants, souvent, justifient leurs actions par une religiosité profonde. Ils imaginent qu’en étant fidèles au culte ils sont fidèles à la volonté de Dieu. Il y a une séparation entre le culte et la vie.

          IS. 1, 10-12. 15-17

          Is. 10, 1-2

     b) Quel est le jeûne qui fait plaisir à Dieu ?

          Is. 58, 6-7

          C’est clair que l’autre n’est pas un abstrait. Il n’est pas loin de ma vie et de mes circonstances. C’est quelqu’un qui est dans mon monde et dans ma réalité.

     Conclusion

     La grande préoccupation des prophètes est bien celle de la   fraternité envers les plus faibles et les moins protégés de   la société. C’est seulement lorsque je suis capable de me   préoccuper de ceux et celles qui m’entourent et d’en n’être    pas indifférent, que je ressemble à Dieu. En effet ce Dieu est    le défenseur de la veuve, de l’orphelin et de l’étranger, de      celui qui est raillé et méprisé. C’est ce Dieu qui rachète de   la situation de misère et d’oppression.

     1.3  L’exil

          On a tout perdu, ou presque. Le peuple d’Israel et resté sans prophète, sans roi, sans prêtre, sans temple. Il a perdu les éléments précieux qui donnaient sens et identité. Le choc   fut brutal. La communauté est sur le point de perdre l’orientation centrale de sa foi. Il faut donc se regrouper et resserrer les liens puisqu’il court le risque de perdre son identité. En effet l’influence d’une autre culture se fait forte…

     Devant cette situation comment garder l’Espérance ? Quels sont     les éléments qui pourraient fortifier la vie et rendre      capables de récupérer leur identité ? Ces éléments devraient donner cohésion et sens à la vie, à la communauté en ce moment d’exil. Les voici:

     – La circoncision

     C’est un signe d’identité, signe de l’alliance sellée avec le   Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob. C’est ce qui fera reconnaître    celui qui appartient au peuple de l’Alliance.

     – le « sabbat »

     Ce n’est pas seulement un jour de repos mais c’est un jour consacré au Seigneur. Un jour de rencontre avec le Seigneur, pas une rencontre individuelle mais une rencontre en   communauté.

     – la synagogue

     C’est le lieu de rencontre avec Dieu mais aussi avec les frères, avec la communauté.

     Conclusion

     Ainsi le peuple développera sa solidarité, son appui et son aide à ceux et celles qui en ont davantage besoin. La louange   à Dieu est effective parce qu’elle se réalise de manière très   concrète avec la communauté.

     C’est ainsi que le judaisme conserve les traits de son identité tout au long des siècles VI et 1er avant JC.

II. Le Nouveau Testament

     Dans le nouveau Testament il n’y a rien de bien nouveau au sujet de la fraternité si ce n’est qu’elle devient plus exigente et radicale. On récupère l’idée que rencontrer l’ »autre » c’est rencontrer l’image de Dieu.

     2.1 L‘annonce du Royaume de Dieu

          Tout l’enseignement de Jésus tourne autour du Royaume. Dans son enseignement et son activité il annonce qu’il n’est    pas venu pour les bien-portants mais pour les malades (Mt. 9,     12) et ni pour pour les justes mais pour les pécheurs (Mc 2,      17). L’annonce du royaume de Jésus est une invitation à     entrer, non à repousser, à marginaliser, mais bien à     participer.

     La communauté, médiation du royaume

     Et cela ne se fait pas de manière abstraite. Ca se concrétise dans une communauté. La communauté n’épuise pas le royaume mais c’est la médiation du Royaume. C’est dans la communauté,  à partir d’une communauté et pour la communauté que le Royaume devient une réalité.

     Nouvelle manière  de vivre la relation familiale

     Ce n’est plus la ligne de la chair et du sang qui fonde le   modèle de la famille mais celle de ceux qui font la volonté   du Père. C’est la manière de vivre les béatitudes. Alors la communauté devient le nouveau modèle d’où s’instaure un nouveau type de relations.  (MC. 3, 32-35)

     A. La prédication de Jésus

     – la réconciliation

          L’ »autre » dont parle l’Evangile n’est pas étranger à ma  personne. Il fait partie de ma vie. Je ne peux pas présenter à l’autel mon offrande si j’ai quelque chose contre mon frère. Je dois d’abord me réconcilier.

          La réconciliation c’est sortir de ma personne pour me rencontrer avec l’autre qui est différent en bien des aspects. Cette sortie c’est la rupture avec mon égoisme, avec ma petite vie personnelle et privée dans laquelle je ne me compromets avec rien et d’où je me tiens isolé de tout ce qui pourrait perturber mon petit monde. Sortir de moi c’est entrer dans la dynamique du Royaume, d’où l’autre prend un sens pour ma personne, d’où l’autre n’est plus un étranger, d’où sa douleur et sa souffrance sont miennes, d’où je me compromets à être frère ou soeur.

     – le pardon

          La réconciliation est profondément liée au pardon. Le pardon est essentiel dans la vie de tout chrétien. Il est  important pour la bonne marche de la communauté et de la fraternité. Sans le pardon ni la communauté, ni la fraternité existe. Pour Jésus le pardon n’est pas conditionné, il se donne. A la question de Pierre:  combien de fois dois-je pardonner …  Si je ne pardonne pas, l’autre sera exclu, marginalisé, repoussé et il n’y a rien de plus contraire au Royaume que l’EXCLUSION.

     – l’amour préférentiel de Jésus : les exclus

          C’est à eux que Jésus invite d’abord à participer au Royaume. Le Père de Jésus n’exclut personne. C’est le message du NOTRE PERE. S’il en est ainsi du Père, pourquoi excluirions-nous ?

     B. La communauté primitive

          La première communauté a bien compris cela et c’est ce qu’elle exprime dans le passage des disciples d’Emmaus. On reconnaît Jésus au partage du pain. C’est le lieu où on reconnaît les disciples de Jésus. La communauté acquiert son véritable sens quand elle sait partager, quand elle est fraternelle, quand les pauvres se sentent acceptés et appuyés, quand le processus de recherche de ses membres les amène à leur propre libération

          Une communauté c’est le lieu où tous sont accueillis et acceptés parce que tous ont une valeur comme personne; c’est le lieu où la dignité humaine est la suprême valeur; c’est le lieu où on donne réponse aux besoins des autres. La parabole du jugement final est éloquente à ce sujet (Mt. 25)

     2.2 Les communautés de Paul

          Chez Paul on rencontre des éléments très importants pour nous aider à comprendre le sens de la fraternité et de la solidarité.

          – Jésus est la pierre angulaire d’où se construit l’édifice  (Eph. 2, 20)

          Jésus ne s’est pas accroché à sa condition divine, Il s’est fait un des nôtres, prenant même la condition d’esclave (Phil. 2, 6-11) Jésus est le véritable frère. Il s’est fait un de nous pour partager.

          – La communauté est comme un corps – L’Unité

          Si un membre souffre, tous souffrent avec lui (I cor. 12, 26) Personne ne doit vivre nécessité dans la communauté car la communauté c’est pour être solidaire avec ceux et celles qui souffrent. Paul insiste sur l’unité qui doit se manifester à l’intérieur de la communauté (I Cor. 1, 10): une même pensée, un même sentir, un même coeur … la  communauté c’est le temple où réside l’Esprit du Seigneur  (I Cor. 3, 16) C’est cet esprit qui unifie, qui donne sens et cohésion au fait communautaire. Puisque chacun est temple de l’Esprit et que tous forment le temple du Seigneur, ça veut dire que chacun tient en lui une dignité que personne ne doit violenter. Ainsi toute personne est sacrée (I Cor. 3, 17) Nous sommes des pierres vivantes de cette construction (Eph. 2, 19ss)

          – C’est la foi au Christ qui dit le mieux la dignité de chaque membre de la communauté

          C’est Lui qui unifie, qui élimine les différences qui dénigrent et qui excluent.

CONCLUSION

          C’est dans ces éléments que nous devons chercher la force et la lumière pour affronter la situation que nous vivons aujourd’hui. Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin de communautés où se vit la fraternité, la solidarité, le respect pour la dignité de l’autre.

Montréal, le 15 mars 1998

                                       Victor Asselin, ptre

Sentido deste mandato

                                                 O  SENTIDO DESTE  MANDATO

(19.02.01) 

Helena Barros Heluy

         Não é sem muita emoção e outro tanto de entusiasmo que chego a este plenário e a esta tribuna. E peço licença – Senhor Presidente, Senhores Deputados e Senhoras Deputadas – para buscar em minhas lembranças maiores as razões dessa emoção e desse entusiasmo. 

         Nascida na querida Barão de Grajaú, no médio Parnaíba, trago para esta Casa, ainda bem vivo, o sentimento  daqueles que, naquela região, marcaram a saudável rebeldia da história política do Maranhão, em seus momentos mais fortes do último século. Primeiro: rompendo com o vitorinismo, no final dos anos 40, para, depois, fortalecer, de lá do agreste sertão maranhense, a luta das verdadeiras oposições coligadas, cuja eclosão maior se dá com a greve de 51 contra a corrupção eleitoral, que já era o grande flagelo para todos que se contrapunham à opressão e à injustiça social, deflagradas pelos poderosos daquele tempo.

         Trago, também, os grandes sonhos de liberdade, justiça e democracia que moveram e alimentaram os estudantes, professores, jornalistas, advogados, trabalhadores do campo e da cidade, religiosos, políticos comprometidos com a luta do povo, homens e mulheres que, por esses sonhos, sofreram toda a sorte de atrocidades  praticadas pela ditadura militar, direta ou indiretamente.

         Não posso deixar de proclamar que me acompanha e me dá sustentação a memória de tantos com quem convivi, cujas vidas constituem exemplos das melhores lições aprendidas ao longo do tempo, no que tange ao respeito, autenticidade, caráter, responsabilidade, simplicidade e seriedade – sobretudo no trato da coisa pública.    A propósito,  presto, nesta minha despretensiosa declaração de princípios, as minhas homenagens a todos esses, na lembrança indelével de meu pai,  Ranulfo Barros, o telegrafista que somente se afastou de seu trabalho para exercer o honroso encargo de deputado constituinte de 1947, impregnado de todas aquelas virtudes que parecem desaparecer, hoje.   Começa, ali, a minha vivência, aos 5 anos de idade, nesta Assembléia, conduzida pelas mãos daquele mestre da desambição e da coerência.

         Comporta, neste elenco de lembranças, trazer a este plenário, nesta hora que é, para mim, extremamente solene e importante, todas as lutas contra as discriminações de gênero. A mulher brasileira, estupidamente discriminada, ao ponto de ser considerada nem sempre absolutamente  capaz pela legislação, encontrou, também, exemplos importantes de coragem,  resistência, altivez e muita competência, inclusive em terras do Maranhão.  Orgulho-me por poder declinar haver conhecido e privado da amizade de mulheres do porte de Noca Santos e Maria Aragão às quais rendo, também, minhas homenagens. Os pesquisadores devem à História o registro e o devido destaque desses dois exemplos da bravura feminina, principalmente por haverem sabido tão bem quebrar  muitos preconceitos, até mesmo no mundo da política.

          Não posso deixar de assinalar, entre os marcos de minha vida, os meus compromissos com minha comunidade de fé, pela força sacramental do Batismo. Pertenço, conscientemente, a uma Igreja que declarou, na Assembléia dos Senhores Bispos da América Latina, em Puebla, em 1979,  sua opção preferencial pelos pobres, reafirmando, assim, todo o magistério já proclamado muito antes pelo próprio Jesus, principalmente no Sermão da Montanha. Aprendi, inclusive, através d’Ele, que os mais felizes são “os que ouvem a Palavra e a põe em prática”.

        Esta prática é o grande desafio. Ela nos impele a romper com toda estrutura iníqua de Poder, sem fazer concessões, sem transigências.   Ela nos impulsiona a uma ação transformadora da sociedade, a partir do próprio testemunho de vida nas realidades concretas.  Por isso, o papa Paulo VI, ainda em dezembro de 1975, no documento A EVANGELIZAÇÃO NO MUNDO CONTEMPORÂNEO, nos exorta a atingir, como que a modificar os critérios de julgar, os valores que contam, os centros de interesse, as linhas de pensamento, as fontes inspiradoras e os modelos de vida, que se apresentam em contraste com a Palavra.

         O parágrafo 1º do art. 86 do Regimento Interno desta Assembléia me informa que a “Bíblia Sagrada deverá ficar, durante todo o tempo da sessão, sobre a Mesa, à disposição de quem dela quiser fazer uso”.  Esse dispositivo me faz crer que os critérios de julgamento, os valores que contam, os modelos, os centros de interesse, as linhas de pensamento e as fontes de inspiração que permeiam o agir desta Casa deverão estar em perfeita sintonia com o conteúdo do livro que está sobre a mesa dos trabalhos.   Caso contrário, não passaria de simples adorno, o que não terá sido o pensamento de quem propôs tal regra para este Parlamento.

         A par dessas considerações, acrescento, ainda, que o mandato que ora inicio pretende  dar voz aos  milhares de maranhenses que clamam por seus direitos elementares, como à saúde, educação, terra para morar e trabalhar, salário justo, segurança e vida.  Vida digna e em abundância.   Para tanto, este mandato será fundamentado nos princípios da transparência e participação popular, indo buscar nos movimentos sociais, nas pastorais e na indignação de tantos a essência para que seja, realmente, um instrumento de democratização.  Quero poder ser o elo, o ponto de ligação, o canal, entre a sociedade organizada e o Legislativo para exercer, em sua plenitude, o poder fiscalizador e elaborar leis justas, que reflitam o desejo da gente maranhense.  Esta é parte da revolução que acalento, que será expressa por meio de denúncias, mas, também, de forma propositiva, pois tenho certeza de que, neste espaço e com o aval de 8.873 eleitores que confiaram em mim, aos quais agradeço, de público e solenemente, é possível  “remar contra a maré”.

         Vivemos em um Estado onde o que se impõe é o mito de um populismo, “vinculado eternamente com o passado como origem”, conforme faz referências a professora Marilena Chauí, isto é, com um passado que não cessa, que não permite o trabalho da diferença temporal e se conserva como perenemente presente.   

         Esse mito, hoje, chamado de “Novo Tempo”, é aquele que não cessa de encontrar “novos meios para exprimir-se, novas linguagens, novos valores e idéias, de tal modo que, quanto mais parece ser outra coisa, tanto mais é a repetição de si mesmo”.

         Para materializar tal afirmação, basta ler o discurso de posse do então governador José Sarney, em 1966, e o da governadora Roseana, em 1995 e em 1999. Qual a diferença, a contradição? A governadora, enfatizando que iria tirar o Maranhão do atraso, apenas criticava seus antecessores, a exemplo de seu pai, em relação ao vitorinismo, a cujo grupo ora pertencia, ora se afastava.   Não há, nem mesmo no “discurso”, distância fundamental entre um e outro.   A crítica é aos administradores do passado e não à estrutura sócio-político-econômica.

         Para exemplificar, bastam os números referentes ao Maranhão, nos últimos 35 anos.

         Matéria publicada no jornal O Imparcial, de 8 deste mês de fevereiro, diz que “a grilagem de apenas três áreas no Maranhão pode superar 1 milhão de hectares.  As ações na Justiça Federal e na Procuradoria Geral do Estado se arrastam há décadas, enquanto terras indígenas podem estar  sendo invadidas.   Famílias sem-terra aguardam por assentamentos e os títulos falsos, fabricados nos Cartórios, são utilizados para venda a fazendeiros do Sul e Sudeste do País ou para conseguir empréstimos bancários”.

         A origem do problema, segundo aquele matutino, é antiga. Assinala, ainda, que, “há quase 30 anos, uma das políticas implantadas pelo governo estadual era estimular a aquisição de terras no Maranhão. O pacote promocional contava, também, com isenção fiscal”. 

         Hoje, estimulados pelo Banco Mundial e articulados com o governo federal, os trabalhadores rurais maranhenses estão orientados a entrarem no programa “cédula da terra”. O Jornal Pequeno, edição de 1º deste mês, em seu editorial, intitulado “Paz Fictícia”, refere-se a esse programa destacando que, no Maranhão, “20% das propriedades adquiridas, em 1999, poderiam ter sido desapropriadas para fins de reforma agrária, 8 das 50 propriedades eram de interesse social. O cédula da terra é considerado como um autêntico balcão de negócios, baseados em suas operações de compra e venda da terra de latifúndio improdutivo, que, à égide da desapropriação, seriam indenizados em títulos da dívida agrária – TDAs, resgatáveis em até 20 anos, passam a ser pagos, em dinheiro e à vista.  O cédula da terra elevou os preços da terra. As desapropriações do INCRA se situaram na faixa de R$82,00 o hectare, enquanto as aquisições pelo cédula da terra atingiram, em média, R$152,00 o hectare.”  

         Isto significa dizer que, além do Maranhão ser um dos Estados da anti-reforma agrária, continua favorecendo latifundiários improdutivos. E mais: segundo a Federação dos Trabalhadores na  Agricultura do Estado do Maranhão – FETAEMA -  como consta nesse mesmo editorial do Jornal Pequeno,  “o número de áreas em conflitos agrários, pelo uso e posse da terra, que era de 72 em 1999, aumentou para 90 em 2000, o que representa uma elevação de 21,06% e conflagrou, intensamente, 54 Municípios, a exemplo de Chapadinha, no povoado Barroca da Vaca”.

              O Maranhão continua com 86,95% das terras cadastradas pelo INCRA sendo latifúndios improdutivos, com apenas 15% dessas terras exploradas na agricultura.

             Em relação à educação, continuamos com os piores índices, tanto no ensino fundamental como no médio e no superior.   O ensino superior tem  o menor número de profissionais de todo  País, segundo o Ministério da Educação.  É o Estado com menos professores portadores de curso superior e apenas 1% de sua população tem o 3º grau.  Além disso, exibe outro dado alarmante:  56.7%  de sua população é analfabeta. 

              E, se não bastasse, o governo do Estado firma convênio com a Fundação Roberto Marinho,  Rede Globo, cuja prática significa a demissão de professores de carne e osso, que serão substituídos pelo ensino virtual, televisivo, pelo vídeo.    Quem vai tirar as dúvidas dos alunos?   A própria tv, ou um super professor? Um super sem ser professor, porque não planeja, não define conteúdos, nem participa das dicussões metodológicas.   Na verdade, essa figura de orientador educacional, como está sendo chamado, é um desestímulo ao verdadeiro professor porque, não dando conta do todo – porque é impossível para qualquer ser humano – a relação dele para com os alunos fica bastante prejudicada.  De acordo com o professor Idevaldo Budião, que esteve, na semana passada, em São Luís, no Estado do Ceará, houve situação em que o aluno desmascarou o OA ou OE, quer dizer, orientador de aprendizagem ou orientador educacional, que não dominava determinada disciplina.   Além disso, esse tele-ensino não parte nunca da realidade concreta onde é aplicado; ele é universalizante e homogêneo.  Isto porque a realidade é um risco;  é preciso, pois, na concepção de nossos dirigentes, não mostrar o que é real.  Esse programa não passa, portanto, de um grande ensino supletivo, mascarado de ensino médio.

           E como se deu, ou está se dando, a qualificação desses professores polivalentes?     Tudo isso, além de ser o Maranhão um dos três maiores Estados fraudadores do FUNDEF…   segundo assinala O Imparcial do dia 9 deste mês.

            No campo da saúde, não há um hospital público novo.     A política da governadora, a mesma do presidente Fernando Henrique, é a da terceirização, ou fechamento dos poucos hospitais que tínhamos.   A polêmica com o governo do Piauí, há cerca de dois anos, se funda, exatamente, na ausência de hospitais no Maranhão e conseqüente aumento de demanda nos hospitais piauienses.  Em 1966, os maranhenses morriam de tuberculose, hoje morrem ainda de tuberculose, mas, também, de hanseníase, febre amarela e tantas outras doenças.

            Apenas para ilustrar:  em 1997, no Maranhão, foram registrados 20 mil casos de malária;  em 1999,  50 mil; em 2000, cerca de 100 mil casos, expandindo-se em mais  de 50 Municípios, com uma média alarmante de 1000 casos por semana.   Os especialistas nessas questões ressaltam que o Maranhão não tem política para as endemias.

            Vivemos em um Estado em que campeia total insegurança, nas ruas, nas praças, nas casas, nas agências bancárias e nas estradas.   Novamente, em um editorial, sob o título “Estradas Esquecidas”, o Jornal Pequeno, de 2 de fevereiro, traça um retrato do que é o Maranhão, quer nas BRs como nas MAs.  Nele, há um trecho que vale a pena ressaltar:  “Já o governo do Maranhão extinguiu o seu órgão especializado em estradas, o Departamento de Estradas de Rodagem –  D.E.R.  O organograma administrativo dividiu o território em 18 Gerências Regionais e colocou, nelas, amigos ou amigos políticos de Roseana Sarney para representá-la.   As residências do D.E.R. desapareceram.  Não há mais engenheiros-residentes examinando e fiscalizando as estradas.  Se um bueiro ou um aterro rompe, não há um profissional específico para diligenciar o seu conserto”.    Assim, os maranhenses zig-zagueiam pelas estradas com velocidade mínima, sendo assaltados e mortos. 

            Momentos de insegurança vivemos dentro e fora dos  bancos.   Não raro, assaltantes, além de roubar agências bancárias, deixam famílias e cidades em pânico permanente.   Recebi, recentemente, do Sindicato dos Bancários do Maranhão valioso relatório em que está assinalada, também, mais esta agrura que enfrenta essa laboriosa categoria.  Pinço, dele, os seguintes números:   Em 1999: assaltos – 17;  tentativas de assaltos – 03;  valor total roubado – 611.375,00 reais.   Em 2000:  assaltos  -26; tentativas de assaltos – 02; valor total roubado – 4.173.400,00 reais.  Em 2001  (resultados parciais):  assaltos – 06; tentativas de assaltos – 02; valor roubado – 411.000,00 reais 

           Por falar em insegurança, os últimos acontecimentos nos remetem a uma reflexão sensata e séria com relação ao ser humano.   Refiro-me à rebelião dos internos em Pedrinhas, dos dias 20 e 21 de janeiro.   De plano, coloco-me à disposição para  dirimir qualquer dúvida acerca de meu entendimento sobre o sistema carcerário do Brasil e, em especial, de meu Estado.

          O complexo penitenciário de Pedrinhas foi construído no início dos anos 60, com capacidade original para 300 internos, aproximadamente.  Em 1993, o prédio foi ampliado, com a construção do chamado Anexo,  comportando, a partir de então, cerca  de 450 recolhidos.  Acontece que, hoje, estão, ali, mais de 1000 pessoas, vivendo em condições sub-humanas. 

          A rebelião, ou motim, foi em razão dessa situação.  Foi uma rebelião bárbara.  Mas o intuito da maioria daquelas pessoas, daqueles seres humanos, era atingir a sensibilidade das autoridades  apenas para melhores condições de vida, para denunciar a prática da delação, do “dedo-duro”, em troca de privilégios para alguns.  A propósito, o objetivo legal dessas casas  prisionais é estimular, entre os internos, a ressocialização.

           Mas, como ressocializar, ou socializar, com práticas anti-sociais?

          Tenho convicção de que toda sociedade tem seus mecanismos de tratamento daqueles que infringem as regras.   A patologia é fenômeno corrente desde as mais distantes sociedades.  No entanto, essas sociedades, a exemplo das indígenas, não tratam os seus como se fossem animais.  Buscam, sim, e com sucesso, aquilo que a moderna sociedade ocidental transformou em laboratório dos horrores,  que é o cárcere. 

            A minha luta e a luta do meu partido  – senhores deputados, senhoras deputadas -  é no sentido de que todos, independentemente de cor, sexo, religião, condição social, tenham assegurado o direito de defesa e, se condenados,  sejam tratados como gente, para que, como gente civilizada, possam voltar ao convívio social.

          A rigor, como seres humanos, todos nós somos suscetíveis de enfrentarmos uma situação patológica.  Isto não é sinônimo de suscitar  impunidade ou fomentar a barbárie.   A barbárie, ao meu ver, está é na fala do gerente de Segurança, ao afirmar:  “A cada rebelião é dinheiro do povo sendo tomado”, entrevista concedida ao Jornal do Maranhão do dia 2 deste mês.  Tal  manifestação é de quem deseja colocar, ainda mais, a população contra essas pessoas jogadas a sua própria sorte, à míngua. 

             Para mim e para o PT, barbárie social é o Maranhão e mais dois outros Estados  -  Amapá e Rio Grande do Norte – projetarem gastar menos com Segurança Pública do que com a Assembléia Legislativa.

             De acordo com dados publicados pela Folha de São Paulo, do dia 29 de janeiro último, fornecidos pelos próprios governos, para cada real gasto com o Legislativo quanto ao que os Estados planejam gastar, em 2001, no caso do Maranhão,  apenas R$0,19 com a segurança da população. Em valores nominais, o Maranhão prevê o desembolso de R$69,91 milhões para manter a Assembléia,  mas vai gastar apenas R$13,55 milhões em segurança.

            São essas inversões de prioridades políticas que levam ao aumento da violência, ao inchaço dos cárceres, ao surgimento dos “neo gladiadores”.   E  nós cidadãos e cidadãs comuns e de bem, rigorosos com nossos deveres para com o Estado, somos levados ao medo, ao pânico, ao isolamento frágil de nossos lares, sujeitos de uma pedagogia do medo cujo principal protagonista é o Estado.

           É essa a situação de nosso Maranhão onde as relações passadas de patrimonialismo, pessoalidade e amizade de um grupo e seus fiéis escudeiros são sempre revitalizadas de maneira circular. 

           Têm sido esses os governos autocráticos, caracterizados pelo mando e obediência, que foram construídos em nossa terra.  Governos da tutela e do favor.   A governadora Roseana Sarney busca operar acima de tudo e expressão do todo, instrumentalizando o poder midiático e com uma imagem que mostra um Maranhão de simulação, um Maranhão que não existe, um simulacro de democracia.   Sua prática não diferencia em nada da de todos os outros governantes e nem da história política de nosso Estado.                                

             Nosso desafio é apresentar e representar, aqui neste Parlamento, o Maranhão dos maranhenses, com resistência, participação política e transparência, mostrando e demonstrando que a atividade parlamentar deverá ser sempre a de um educador, ou educadora, de massa.

             Como últimas considerações, sublinho que é com imensa alegria, satisfação, esperança e responsabilidade que nós do Partido dos Trabalhadores tomamos assento nesta Casa.  E, para mim, é extremamente difícil, mas honroso, substituir o ex-deputado e hoje prefeito de Imperatriz, o companheiro Jomar Fernandes, que, com muita coragem e ousadia, honrou os princípios do nosso partido, neste Parlamento, e a confiança que o povo do Maranhão lhe conferiu.   

            Uma das atitudes mais ostentadas, neste início de século, em nossa sociedade, é o cepticismo político, uma atitude de desconfiança e descrédito nos grandes sonhos utópicos, nas esperanças de transformações radicais do mundo em que vivemos.

           A posição é cômoda. Afirmações do tipo  todos os partidos, no fundo, são iguais; todos os políticos merecem ser condenados; a política se faz em torno de interesses e não de ideais são apresentadas como verdades inquestionáveis de superação da ingenuidade para quem as exibe.

           No entanto, essas posturas desembocam, na maioria das vezes, na passividade, na aceitação da sociedade tal como ela é e a determinam, colaborando para o aumento da alienação do povo e contribuindo para transformar nossos poderes institucionais em casas de negociatas ou clubes de amigos, servindo de subsídio para aumentar o descrédito da sociedade para com os políticos em geral e, em particular, para com os deputados.

            Por outro lado, em nossa democracia, excluímos do povo o direito de tomar decisões diretas, repassando esta responsabilidade aos nossos representantes eleitos, que, na sua maioria, costumam ignorar seus eleitores e transferir sua fidelidade política a interesses corporativos, sobretudo às fontes de suas campanhas, fazendo do nosso sistema político apenas uma simulação virtual de um modelo democrático.

           Qual seria, então, o sentido da presença de um parlamentar do PT nesta Casa Legislativa ? 

            No Brasil, apesar do espaço que, ultimamente, a atividade parlamentar ganhou nos meios de comunicação, o Legislativo tem poderes extremamente limitados, comparados com o Executivo forte e absolutista, decorrente do pacto entre as elites ao final da  Monarquia, ao final, também, da ditadura Vargas e ao final, ainda, da ditadura militar.

           Por isso, entendo que não é possível substituir a organização dos trabalhadores e as lutas populares pela atuação parlamentar, nem alimento ilusões sobre as possibilidades de transformações sociais exclusivamente a partir deste Poder.

           Mas tenho clareza de que o espaço institucional deve ser disputado e ocupado na perspectiva de consolidar a presença popular como sujeito principal das transformações. Dentro da política de acúmulo de forças, o objetivo de nossa relação com a institucionalidade será a ocupação deste espaço para a demonstração de que é possível criar uma nova forma de gerir a coisa pública, colocando o aparelho do Estado, com todos os seus vícios e impropriedades, a serviço dos setores oprimidos da sociedade; fazendo desta tribuna um espaço de denúncias e proposições em favor dos excluídos, radicalizando a democracia e colocando esta instituição a serviço dos interesses da maioria da população. 

                Este mandato, que ora inicio, se propõe, também, a ser um instrumento para o crescimento da credibilidade social que nosso partido necessita na busca da hegemonizacão dos mais amplos setores da sociedade, visando ao fortalecimento do sonho da construção de uma sociedade mais justa, ética e solidária.

                 Nesse sentido, nossa ação parlamentar deverá servir de ferramenta para combater projetos e medidas antipopulares, originados do Executivo e do próprio Legislativo, ou de grupos de pressão do poder econômico e político do nosso Estado, bem como se propõe a desmistificar o governo virtual, que se apresenta como popular, mas que, na realidade, só vem contribuindo para aumento da exclusão social e a marginalidade no Maranhão. Portanto, defino-me  – e não poderia ser diferente -  como oposição de esquerda a todos aqueles que comungam desse projeto que, a cada dia, condena centenas de pessoas deste Estado à fome e à miséria absoluta, inclusive no que tange aos direitos à educação, à saúde, ao trabalho, à moradia, à terra, à segurança.

               Não me resta outra alternativa, enquanto parlamentar, comprometida com uma verdadeira transformação social, senão assumir essa postura e proclamar, na oportunidade de estréia nesta tribuna, o que penso e como tenho agido.

                 Há décadas,  o Maranhão é governado pela mesma elite que, agora, se apresenta com um discurso de novo e eficiente, mas que, na verdade, apesar das propagandas oficiais, não passa de uma intervenção política para a conservação de um Estado patrimonialista, subserviente aos interesses de grupos políticos e econômicos no âmbito regional, que busca conciliar as exigências contraditórias de um Estado de miseráveis, frente aos interesses do grande capital, numa situação periférica e dependente.  O resultado desses seguidos governos  tem sido negativos para a maior parte da população. Somos um Estado rico em potencialidades, mas repleto de pobreza; uma terra fértil e abundante habitada por famintos; uma região onde a natureza é generosa, embora marcada pela morte no campo, por doenças seculares, há muito dizimadas, hoje, apresentadas em caráter de epidemias (malária, leishmaniose, hanseníase), além de grande número de crianças nas ruas, desemprego, violência urbana etc. 

               O Maranhão tem a maior taxa de pobreza do Brasil.   O  índice de famílias que sobrevivem com até meio salário mínimo cresceu, assustadoramente, nos últimos anos.  Em 1996, era apresentado o seguinte percental:  56.5%;  em 1997, 64%;  em 1998, 67.2%.    Que dirão as estatísticas de hoje?

              Há, em nosso Estado, apenas 48.96% das residências urbanas abastecidas com alguma rede geral de água.   Esgoto sanitário chega somente a 12.32% das famílias.   E a coleta de lixo só para 26.58% das casas.

              Tenho bastante consciência de minhas limitações nesta Casa, onde muitos de seus membros aceitam, endossam, aprovam o projeto político-administrativo que tem como resultado, como saldo, esses índices terríveis.

              É preciso, portanto, chamar a atenção para o fato de que a questão não está apenas em proclamar a opção pelas classes e setores mais excluídos, mas ter uma prática político-pedagógica, rigorosamente, coerente com a ação verbal.  Uma coisa é a expressão oral da opção pelas classes oprimidas, pelas massas populares, a outra é a ação prática em si, desempenhada em nosso dia-dia.

              Não me calarei ao presenciar qualquer forma de injustiça, nem farei vistas grossas ao me deparar com irregularidades praticadas pelos poderes constituídos. Estarei, permanentemente, combatendo a corrupção e o mau uso de dinheiro público,  denunciando-os, em todos os espaços possíveis.

             Mesmo assim, não medirei esforços na busca de obter aliados confiáveis, que comunguem desses ideais e respeitem esses princípios, mantendo sempre nossa independência política, para, juntos, fazermos, desta Assembléia, um espaço de luta e defesa da vontade popular.

              É com humildade, respeito e muita responsabilidade que coloco tudo isso nesta primeira sessão legislativa ordinária, certa de que estou sendo bem entendida e na expectativa de que poderei ter em muitos dos meus pares o apoio necessário para o exercício desta árdua mas honrosa tarefa.

Institution… mystique… prophétie …

     En général, l’institution n’aime pas les mystiques. Elle aime les personnes qui parlent au nom du pape, de l’évêque et de la doctrine… Le mystique ne fait jamais référence à cela. Il parle au nom de Dieu. Le Dieu qu’il expérimente. Pour ce motif le mystique est un fondateur. Il ne part pas de ce qui a été fondé, de ce qui existe. Max Weber dans ses textes analyse deux types de leadership qui influencent la société: le type sacerdotal qui n’invente pas le droit canonique, n’invente pas la messe. C’est le type « politicien » qui n’invente pas la société  mais qui à peine la fait fonctionner et maintient le statu quo. Il ne change rien. Et il y a le type de leadership qui est celui du prophète, c’est-à-dire le type « politicien » qui rêve d’une nouvelle société, du subversif, de celui qui ne reproduit pas les choses mais les invente.

     Le scientifique qui se situe à l’intérieur du paradigme à l’université et qui fait fonctionner la science normale est un répétitif. Il n’invente rien. Il sait tout de sa science, l’applique et la fait fonctionner. Mais il y a un autre scientifique, celui à l’attitude prophétique, qui invente. C’est l’hérétique de la science. Il cherche des idées nouvelles, des fantaisies et fait des tests. Qui est le créateur ? N’est-ce pas l’hérétique de la science ? Si quelqu’un est fidèle au paradigme scientifique, il continue toujours à l’intérieur de la physique. Il ne deviendra jamais un Einstein ou un Heisenberg.

     Le mystique est une figure dangereuse pour la religion. Je donne un exemple: Saint François. Normalement on dit: c’est une figure qui s’adapte … c’est un des saints fondateurs de toute une spiritualité qui insère le pauvre et le cosmos dans sa rencontre avec Dieu. Il insère le pauvre non seulement avec l’attitude de la pratique de la solidarité mais avec l’attitude de l’émigration du centre à la périphérie. Lui, qui était de la bourgeoisie, l’a laissée et est allé demeurer avec les lépreux. Il y a eu un changement de lieu social. Je peux continuer comme je suis et être solidaire avec les pauvres. C’est une autre chose de vivre comme les pauvres, assumer l’univers du pauvre et, à partir de cela, découvrir les dimensions nouvelles de l’incarnation, du chemin de la croix … François a inventé le chemin de la croix, il a inventé la crèche, il a inventé l’eucharistie en dehors de l’église… C’est lui qui a obtenu que le prêtre puisse apporter la pierre d’autel qui garde les reliques d’un saint pour célébrer la messe dans la rue, là où est le peuple. Il a fait une décentralisation. Il a été créatif.

     Dans la mesure où saint François se montrait créatif, Rome l’avait à l’oeil. Sa règle c’étaient des versets de la bible, du Nouveau Testament. Le pape exerçait des pressions pour lui faire comprendre que, pour être moine, il fallait observer les trois voeux: pauvreté, obéissance et chasteté; obéir au Pape Honoré et à tous ses successeurs. Saint François a été obligé d’accepter et Dieu sait à quel prix. Il avait élaboré une règle; ce qu’il y avait de plus évangélique a disparu. IL en a fait une deuxième et les provinciaux l’ont volé et lui ont dit: « C’est assez ! Il faut se conformer à Saint Benoit, il faut se conformer à Saint Basile ». Saint François a réuni tous les moines et leur dit: « Je ne veux rien savoir de Basile, je ne veux rien savoir de Benoit. Je veux être le fou de Dieu. Je veux la voie de l’Évangile. La voie de la folie ». Folie pour celui qui donne tant d’importance à l’Église organisée. Pour celui qui se situe au delà de cette Église, c’est le charisme et la nouveauté.

     Avant de finir d’écrire la règle qui serait approuvée, il a souffert une très grande crise quand il s’est retiré et est allé vivre seul dans le bois pour servir les lépreux. Durant un an et demi il n’a parlé avec aucun moine. Seulement par deux fois le frère Léon l’a visité et lui a parlé. Quelle était la crise ? Il n’acceptait plus l’institution: les moines  construisaient des couvents, ils organisaient. Pour cela il fallait posséder des biens, de la nourriture, des maisons pour accueillir les novices, pour enseigner … François ne voulait rien de cela ! Il voulait le mouvement évangélique de la rue. Et le pape avec la règle, l’organisation, l’obéissance … A la fin il résolut la crise dans un profond acte d’humilité en disant qu’il acceptait, ayant compris que le Christ se fait présent, crucifié dans les institutions et dans l’Église du pouvoir. Il meurt dans cette crise. Les biographies cachent cette phase de saint François parce qu’il est important de montrer que les moines obéissent au pape. Ils sont partie de l’Église. Cependant, les plus fidèles à François n’ont pas obéi et furent exclus, excommuniés et remis entre les mains de l’Inquisition. Saint Bonaventure, considéré le vrai fondateur des Franciscains, et pas saint François, envoie brûler toutes les biographies existantes, les témoignages des confrères et fait lui-même la biographie canonique, bonne pour les novices. Il « normatise ». Il crée les constitutions générales dont le centre est l’approbation du pape.

     François s’est maintenu à l’intérieur de l’institution avec beaucoup de souffrance parce qu’il était suffisamment mystique pour découvrir que Jésus vit dans l’Église, bien que crucifié. La transcendance crucifiée à l’intérieur du pouvoir.

     Quelqu’un de semblable à Saint François fut Teilhard de Chardin qui avait la même expérience de base: celle de la redécouverte du sacré dans le cosmos et de Dieu dans le monde. Chaque chose pour lui est un frère, une soeur. Dieu est là. Teilhard de Chardin est, dans le monde moderne, un grand mystique, anthropologue, géologue, paléontologue, qui a écrit le fameux livre « Le milieu divin ». Un homme qui est venu de la cosmologie moderne, du monde en évolution et qui a perçu que le Christ n’est pas seulement méditerranéen mais est incarné dans notre histoire, qui a une préhistoire, comme notre corps et notre psyché a aussi une préhistoire de millions d’années. Christ est au début de l’organisation du monde, de la matière et évolue – la Christogénèse – il est conçu dans le sein, dans le ventre cosmique jusqu’à naître. L’Univers est christique. Il est marqué par le Christ.

     La spiritualité des années 20 et 30 était une spiritualité volontariste, une spiritualité de jaculatoires, de bonne intention. Quant je me lève le matin, je fais tout par amour pour Dieu et durant le jour je m’habitue à marquer avec des « jaculatoires » mes actions. Elles deviennent ainsi méritoires avec l’avantage de valoir sept ans, 30 jours d’indulgence etc… Si tu n’as pas la droite intention, si tu écris un livre et que mille personnes se convertissent mais que tu ne l’as pas fait avec la bonne intention de convertir, ça ne vaut rien devant Dieu parce que c’est la bonne intention qui lui donne valeur. La chose en soi est purement profane.

     Selon Teilhard, ça c’est une spiritualité volontariste, plate, d’une conscience qui vit dans la peur du mérite. Elle oublie que Dieu est mélangé à la matière. Le Christ cosmique est là à l’intérieur, il naît; dès que je fais bien ce que j’ai à faire, je suis en syntonie avec Dieu.

     Le « milieu divin » est une atmosphère divine, là où Dieu vit. Ce livre de Teilhard n’a pas été publié et a reçu la censure. On le distribue cependant, sous forme de lettres, à son entourage d’amis. Rome oblige le général de l’Ordre à le transférer en Chine, là où il n’y a pas de chrétiens. Là il célèbre la messe à l’ambassade de France et, le dimanche, il a la permission de souper avec les franciscains avec qui il peut parler de théologie. Vingt-cinq années en Chine, loin des discussions théologiques, de la rénovation des années 30 et40. C’est seulement en 50 qu’il reçoit la permission de revenir à Paris. De ses oeuvres – il y en avait beaucoup d’écrites – aucune n’est publiée. Elles sont toutes censurées. Teilhard de Chardin meurt en 1955, le jour qu’il désirait mourir, Pâques. Puis après sa mort, grâces à la force des notables des académies, on exerce des pressions sur Rome et on publie ses oeuvres. On n’a pas encore fini …

     Saint François ne s’est jamais soumis et a lutté jusqu’à la fin. Dans son testament qui est ce qu’il y a de plus original, avant de mourir, il écrit: « Personne ne m’a jamais enseigné comment je devais vivre. Ni l’Église, ni les prêtres, ni les théologiens. C’est Dieu lui-même qui me l’a révélé. Et il m’a révélé que je devais laisser le monde et aller vivre au milieu des lépreux ». Et ça, c’est quel monde ? Le monde organisé ? Le monde d’Innocent III, le pape le plus riche de l’histoire de l’Église ? Prince du monde était son titre parce que même le duc de Moscou était suzerain soumis à lui. Il avait des armées. Il a fondé la première banque de l’Europe – encore existante aujourd’hui – la Banque de l’Esprit Saint, la banque du Vatican. Mais François ne s’est jamais soumis à son projet.

     Quand Innocent III mourut – il avait approuvé la règle de François, c’était une collection de textes bibliques – François est allé le veiller. On a embaumé le pape et on l’a vêtu en l’entourant de tous les bijoux, les couronnes et tout ce qu’il avait de plus précieux, espérant la visite des rois, des princes et de toutes les autorités du monde entier. Mais les voleurs, de nuit, sont entrés dans la cathédrale, ont dépouillé le cadavre et l’ont laissé nu. François, qui n’avait pas de place pour passer la nuit, dormait à l’intérieur de la cathédrale, caché dans un coin. Il a pris son habit tout percé et a couvert les « parties honteuses » du pape. C’est le symbole de cette Église du pouvoir que les voleurs peuvent dépouiller et apporter. Saint François, symbole des pauvres, a sauvé la dignité du cadavre.

 

Article écrit par Leonardo Boff, brésilien, et traduit en français par Victor Asselin

« Un autre monde est possible ». Une autre Église est-elle possible ?

 

         Le Forum Social Mondial et le Forum Économique Mondial viennent de se terminer. Ces deux événements arrivent en un moment de guerre et de croissance de la violence et dans une conjoncture marquée par l’intolérance religieuse et le fondamentalisme du marché. Les organisateurs du Forum Social Mondial affirmait : « Un autre monde est possible ».

         Je lisais, ce matin,  le procès-verbal de la dernière réunion du Conseil Presbytéral de notre diocèse convoquant l’Église diocésaine pour deux journées de réflexion et d’approfondissement sur l’Évangélisation. Et je me disais : « Une autre Église est possible ».

Deux mondes

         New York et Porto Alegre représentent l’affrontement de deux projets bien différents. Pedro Tierra, poète ami et compagnon de travail, l’exprimait ainsi à la fin du Forum social : « À New York, le pouvoir et la peur. Porto Alegre, la liberté. Le mot tisse des rêves, comme des aiguilles qui sortent du tapis sans encore de dessin défini… Nous apportons la vocation de la diversité. De la liberté … La vocation de l’humain. Nous refusons l’empire blanc de Davos, le pouvoir et la peur de New York… Nous sommes la polyphonie encore confuse des voix du Sud et du Nord qui rejettent la marche funèbre du marché. La solidarité est l’air qui alimente  les espérances… la fragile possibilité qu’un autre monde est possible. »

         New York a réuni les seigneurs du pouvoir et de l’argent. On décide le futur du monde. On a traité de l’efficacité administrative des entreprises, du lidership des processus de production, des nouvelles formes de développement technologique, toujours en poursuivant l’objectif d’obtenir de plus grands gains. Concentrer les richesses et les biens de la terre.

         Porto Alegre a réuni les peuples de l’Univers qui croient à la dignité de la personne, à la solidarité des peuples et à la paix comme œuvre de la justice. Porto Alegre a réuni 86,300 participants (inscrits et enregistrés) de 131 pays sans compter les 15,000 jeunes en campement et les 2,500 enfants accompagnés de 800 éducateurs volontaires. On a réussi à remettre à l’agenda du monde la discussion sur la nécessité de changer la logique qui reconnaît la priorité des humains et de la nature sur le capital. « Un autre monde est possible ». Sur la propagande du Forum on lisait : « Il n’est pas nécessaire que nous parlions tous la même langue, il suffit de partager les mêmes rêves ». La méthodologie de la construction de ce monde est si différente du monde de New York : les chemins se font en marchant. Les visions s’éclairent en prenant conscience des pierres sur le chemin.

Une autre Église ?

         Déjà à Vatican II on disait que l’Église ne servait à rien si elle n’était pas insérée dans le monde. Mais dans quel monde ? Celui de New York ou celui de Porto Alegre ? Celui du seigneur du pouvoir et de l’argent ou celui de la foi profonde en la dignité de la personne ?

         Quel sera le point de départ des réflexions des journées sur l’Évangélisation ? Qu’est-ce qui donnera SOUFFL.E à une présence d’Église qui puisse alimenter l’espérance de tant de personnes qui cherchent réponse à leur mal de vivre parce que accommodés et étouffés par le confort… et pourtant en manque de SOUFFLE ? À New York on cherchait des méthodes d’efficacité, on « réaménage »,  à Porto Alegre on cherchait un esprit qui vivifie; à New York on veut des résultats, à Porto Alegre on veut vivre.

         De quelle Église le peuple du Québec a-t-il besoin aujourd’hui ? Que dire d’une Évangélisation qui consisterait à articuler les initiatives de solidarité qui surgissent d’un peu partout ? Que dire d’une Évangélisation qui se dissoudrait dans la masse comme le ferment qui disparaît dans le pain ou comme le sel qui fondrait dans les aliments ? Que dire d’une Évangélisation qui, par sa qualité de présence, diminuerait la violence, la consommation de drogues, l’exploitation du sexe, l’itinérance,  la concentration du capital… etc … ?

         Que faudrait-il pour que l’Évangélisation soit « NOUVELLE » ? Ne faudrait-il pas qu’elle se pose d’abord la question de son option ? Pour quel monde : celui de New York ou celui de Porto Alegre ? Est-il possible de vivre une Nouvelle évangélisation sans prendre le chemin de la MISSION ?  « La plus petite des semences de la terre, quand elle est semée, elle prend racine, croît et devient grande au point qu’elle peut abriter les oiseaux » (Mc 4, 31-32)

                                          Balsas, 13 février 2002

                                                              Victor Asselin, ptre

 

 

Sou político… Faço política…

             Alguns anos atrás num Seminário sobre Fé e Política realizada na cidade de Balsas, Dom Pedro Casaldáliga numa de suas observações afirmava sem medo de errar : “Satanizamos a política a ponto de todo mundo se afastar dela”. Porém é a missão mais nobre por ser a essência de todo ser humano. Em consequência dessa situação, muitas pessoas inescrupulosas se apoderaram da fragilidade do povo para satisfazer seus interesses próprios.

            Quantas pessoas até amigos me dizem : “você não deve fazer política”…. “não se meta na política”, “afasta-ti do meio político” e assim em diante. Respondo : faço político…. Farei política e o dia em que me afastarei dela será o sinal que deixei de ser discípulo de Jesus Cristo. O ato de nascer é um ato político, o ato de crescer é um ato político, o ato de se relacionar é ato político, o ato de respeitar o meio ambiente é ato político. O fato de ser FELIZ é o resultado de uma prática política verdadeira.  Sou político porque sou apaixonado pelo bem-estar dos outros; sou político porque detesto as injustiças; sou político porque luto contra os parasitas do poder ; sou político porque o meu compromisso é com a defesa da criação, obra do Criador; sou político porque acredito que as mudanças partem dos mais pobres; enfim sou político porque acredito que é na solidariedade profunda do ser humano que se manifestará o verdadeiro PODER.

            A participação à vida política é um dever permanente de todo cidadã e cidadão que vai além de campanhas eleitorais. É a busca permanente do BEM COMUM, dando prioridade aos mais favorecidos e lutando para conquistar direitos. Deus sabe como é um projeto de longo prazo. A dependência marca ainda nossa cultura. Minha experiência atual me ensina que o povo de fora obriga muitas vezes o político a ser um explorador e um corrupto. A resistência é essencial. Resolver as situações com o “jeitinho brasileiro” se aproxima muitas vezes da justificativa da corrupção. Como ser humano somos chamados a dar preferência em nossa vida áqueles e àquelas que tem sua vida mais ameaçada.O BEM COMUM é “o conjunto de condições sociais qui permitem tanto aos grupos quanto a cada um dos seus membros de atingir a perfeição de maneira total”.

            Animado por este espírito estamos realizando na cidade de Balsas um trabalho de ordenamento do solo urbano a partir das periferias. Em nossa cidade, há anos criou-se um caos. São António deu, no passado, suas terras ao domínio público, sem dúvida para que fosse partilhada entre todos os seus moradores. Não foi o caso e, por isso, no decorrer dos anos tornaram-se objeto de especulação e de injustiça social favorecendo uns poucos e desprezando a maioria. O pior é que, em grande parte, houve initiativa e cumplicidade do poder público e de seus funcionários. Graças a Deus, está se iniciando um trabalho de conquista do direito à terra. Apoiados pelas autoridades executivas e judiciarias, o povo da periferia tem oportunidade de se organizar e ter acesso a um pedaço de chão. Diz-se : não é um FAVOR, é um DIREITO.

            Essa palavra é como um grito que sai de minha boca diante de tantas inertias e omissões mas ela é também uma ESPERANÇA, pois das initiativas despercebidas e frágeis nascerá um “NOVO CÉU” e uma “NOVA TERRA”.

                                                                         Victor Asselin