Réponse à la violence

                     REPONSE A LA VIOLENCE

     A notre dernière rencontre nous avons esayé d’approfondir la question de la violence. Aujourd’hui nous essaierons d’y voir une piste de cheminement pour la combattre.

     On pourrait définir la violence comme UNE FORCE VITALE.

         – c’est une manifestation de vie

         – si elle va à l’excès, c’est la destruction de la vie elle-même.

     La violence s’exerce – CONTRE UNE RAISON, contre une norme établie;

                                                      OU

                                      – PARCE QU’il y a UNE RAISON (c’est moins évident)

         Sur ce sujet, voyons l’exemple de Jésus.

I. Exemple de Jésus – Jésus a été violent 

     1.1 Il viole l’ordre établi.

              Pensons aux démêlés qu’il a eus avec les pharisiens du fait qu’il « travaille » le jour du sabbat. Le conseil des Anciens l’a accusé de « trouble-fête » comme on avait accusé le prophète Elie.

              Lc. 23,2  – I R 18,17

     1.2 Face à l’ordre établi, Jésus dresse sa force vitale en raison d’une réalité supérieure, le ROYAUME DE DIEU.

         – Jésus ne se gêne pas pour parler de sa violence: « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive » (Mt, 10,34)

         – Il parle de feu – Lc. 12, 49

              « Je suis venu jeter le feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » (voir note de « Bible des communautés chrétiennes »)

              . il se réfère au baptême avec son aspect violent, la purification

              . il apparaît comme cause de dissension. A cause de lui nous avons à choisir entre le Royaume de Dieu et le monde. Choisir le Royaume c’est plonger avec lui dans son baptême.

         – « Le Royaume de Dieu souffre violence » (Mt. 11,12)

              . Jusqu’à Jean le Baptiste (Lc 16, 16) ce furent la Loi et les Prophètes;

              . Après, c’est le Royaume de Dieu qui est annoncé et tous s’efforcent d’y entrer par violence. « Lutter pour entrer par la porte étroite ». Le temps converge vers la personne de Jésus et, dès lors, c’est l’heure cruciale, l’heure du choix.

    1.3 C’est changer l’échelle des valeurs

         – Il enlève de son chemin ce qui fait obstacle au Royaume

              « Arrière, Satan » (Mt. 16, 23) « Tu es un scandale pour moi », i.e. un obstacle sur le chemin de la Rédemption que Jésus doit suivre. « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».

              Est objet d’expulsion celui ou celle qui place ses intérêts devant ceux de Dieu. Ce sont tous les passages d’expulsion des démons.

         – Il propose un ordre nouveau.

              . Il chasse les vendeurs du temple. Mt. 11, 15-19. Dans ce texte il n’excommunie pas les voleurs mais réprouve les valeurs matérialistes qui ont détrôné les valeurs sacrées et culturelles.

              . « Le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » – Mc 2, 27

              . « Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, et alors il se répandra et les outres seront perdues. Mais le vin nouveau, il faut le mettre dans des outres neuves »  Lc 5, 37-38

         – Jésus a voulu changer le coeur humain

              . « Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes » Mt. 5, 45

              . « Les publicains et les prostituées arrivent avant  vous au royaume de Dieu » Mt. 21, 31

                   Les professionnels de la sainteté sont déboutés car ce qui ouvre le Royaume c’est la conversion.

              . Il donne même les samaritains en exemple aux juifs  Lc. 10, 29-37

              . Il admire la foi de certains païens – Lc. 7, 9

II. Comment vivre l’heure ?

         La réponse à la violence se pose au moment où nous avons les deux pieds dans une situation de violence.

         Eh oui, comment vivre l’heure de l’affrontement quand   nous sommes en présence de l’ennemi, en face d’une personne qui est prête à nous violenter ?

     A. Jacob devant son frère Esaü

     « J’ai affronté ta présence comme on affronte celle de Dieu » (Gn. 33,10)

     2.1 Jacob fait une rencontre avec un personnage mystérieux.  C’est Dieu. Deux attitudes complémentaires:

         – Il lutte ardemment avec ce personnage au point que Dieu  lui donne le nom d’Israël (« Il a été fort contre moi ») – (Gn. 32, 25-29)

         – Il s’en remet complètement à Dieu et reconnaît que c’est par faveur divine qu’il a la vie sauve. (Gn. 32, 30-32)

     2.2 Jacob va à la rencontre de son frère Esaü. Il le craint. Son frère avance avec 400 hommes. (Gn. 33, 1-5)

         – il prend les devants, fort d’être le béni de Dieu

         – il s’en remet complètement à son frère, se prosternant devant lui.

         Et la rencontre se passe bien. « J’ai affronté ta présence comme on affronte celle de Dieu, et tu m’as bien reçu ».

         Exemples: à Gurupi (visite au poste de police après une nuit de prière)

                   à Joao Pessoa

     B. Attitudes de Jésus

     Les deux attitudes de Jacob s’inscrivent dans le grand commandement de l’amour: aimer Dieu et aimer son prochain. Voyons cela dans la personne de Jésus.

     2.1 Jésus s’en remet à son Père.

         Persécuté, Jésus de tourne vers son Père. Il s’en remet à son Père. Il le considère comme capable de juger avec justice et de triompher de la mort. C’est là qu’il trouve         sa RAISON D’ETRE et sa force.

     2.2 Jésus s’en remet au prochain

         Jésus regarde ses persécuteurs. Il pratique l’amour du prochain. il avait déjà dit de tendre l’autre joue; ici, il pardonne à ceux qui le crucifient. Ce n’est pas un abandon passif entre les mains de Dieu; il se fait violence à lui-même pour mieux faire violence au violent.       Il l’affronte au niveau de sa conscience. De ce fait, il l’ennoblit, il l’aime. C’est la seule porte d’où peut venir l’amour en retour.

     A cause de cela, en raison de cela, l’AMOUR est la seule force vitale qui répond efficacement à la violence.

         Pour les humains, l’histoire de Jésus finit sur la croix. Dieu avait osé croire que les humains auraient des égards pour son FIls. Mais non. L’amour de sa création allait       jusque là.

         Cependant Dieu n’avait pas dit son dernier mot. Une fois le sang versé, selon l’exigence des humains, l’amour n’était pas mort pour autant. L’amour est une FORCE      VITALE, la seule vraiment. L’amour se tiendra debout, toujours, envers et contre tous. L’amour est la raison d’être ultime, même de la violence. Pour les chrétiens et les chrétiennes, voici la raison d’être de la résistance à la violence. Se faire violence par amour.

III. La non-violence – Une réponse à la violence.

         Des hommes comme Gandhi et Luther King et autres ont pratiqué une réponse appelée « non-violence ». Qu’en disons-   nous ? Se situe-t-elle dans la ligne de l’Evangile ?

     3.1 Les sources de la violence

              Les sources de la violence sont multiples et complexes. Elles jouent sur deux plans indissociables: le plan individuel et le plan collectif.

         1. Gandhi affirme que la violence prend racine dans le coeur de l’homme. C’est aussi l’enseignement de Jésus.

              « Du coeur en effet proviennent intentions mauvaises, meurtres, adultères, inconduites, vols, faux témoignages, injures » (Mt. 15,19)

         2. Puisque l’homme est aussi une créature sociale, la violence provient aussi du coeur de la société. Les institutions peuvent engendrer des formes de violence soit par une trop grande permissivité ou par une présence trop envahissante, parfois oppressante et aliénante.

     3.2 La non-violence, un appel à la conscience

              La violence ne peut se solutionner par une vue courte sur le présent. Il est nécessaire une vision à long terme. Alors comment agir pour atteindre les personnes et par ricochet les structures oppressantes pour espérer extirper la violence de nos coeurs et de nos vies ?

         1. Par la loi ?

              « Dans la loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Et toi qu’en dis-tu ?

              La loi sert de balises communes pour fonctionner en société mais ça ne suffit pas.

         2. Jésus retourne les gens à leur propre conscience.

              Comme nous l’avons déjà dit, Jésus a affronté la violence au niveau de sa conscience. Ici, la non-violence remet les gens à leur conscience. En effet, les lois doivent favoriser l’épanouissement des gens en les retournant à leur conscience. C’est ici que     réside la force de la NON-VIOLENCE. La non-violence pose la « question fondamentale de la capacité à aimer et à s’engager en faveur du bien commun… car seule la non violence nous autorise à tenir à la vérité fondamentale de notre conscience » (Krieger, David J. Les voies du coeurs, Cerf, 1993, p. 17)

     3.3 Les implications de la non-violence

         1. Elle suppose un travail d’éducation et de conscientisation afin que les choses changent de l’intérieur pour atteindre les personnes au coeur de leur être. Elle suppose la douceur et l’amour, mais aussi le courage et la fermeté.

              « Vous avez appris …. oeil pour oeil … et moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire … Mt. 5, 38-39

         2. Cette douceur et ce courage impliquent une approche autre et créative des problèmes, conflits, tensions, oppressions et injustices. Cela appelle la conscience humaine au dépassement de soi, à l’abandon de nos préjugés défavorables et idées  préconçues, pour nous ouvrir à la différence de l’autre et à l’amour des ennemis.

         3. La non violence et la souffrance renvoient à la propre conscience. En effet la non-violence et la souffrance volontairement assumées sont des miroirs dans lequel ceux et celles qui commettent la violence perçoivent la souffrance qu’ils ou elles provoquent, ce qui les interpelle au questionnement en les renvoyant à leur propre conscience.

         4. Pour atteindre les personnes au coeur de leur être, il faut faire preuve de droiture morale, de douceur, de courage, car la peur est aussi source de violence; il faut rechercher la vérité en toute chose et chercher constamment la voie de l’Amour. La non-violence c’est l’engagement de toute une vie. C’est un travail constant qui demande vigilance et engagement de toute notre personne.

         5. La non-violence propose une issue concrète au problème de la violence pris dans son ensemble et aux  aliénations qui oppressent l’humanité. Par la voie de l’Amour et de la Vérité elle nous suggère de commencer le grand ménage en nous-mêmes, au coeur de l’être, et ainsi susciter des transformations en profondeur dans les consciences individuelles et collectives. Le Christ lui-même nous invite à plonger notre regard à l’intérieur de nous-mêmes.

         conclusion

              La non-violence, c’est la loi fondamentale du coeur et de l’intelligence. Par la non-violence nous désarmons ceux et celles qui commettent la violence en opposant la douceur à la violence, le pardon à la vengeance, la générosité à la mesquinerie,           l’amour à la haine et la vérité au mensonge et à l’hypocrisie.

     3.4 Retenons …

         L’ampleur des problèmes ne doit pas nous faire perdre de vue la valeur des actions que nous pouvons poser, même si nous ne changerons pas le monde. Sauf que …

         1. la gratuité nous interpelle – la gratuité qui consiste à s’impliquer un peu plus et un peu mieux (bénévolat ou manière gratuite d’approcher un collège de travail …)

        2. l’écoute des autres nous interpelle – nous vivons dans un monde où nous ne nous parlons plus vraiment et où nous n’écoutons pas l’autre… n’est-ce pas une cause de violence ?

         3. la prière nous interpelle – seul un approfondissement de notre intériorité en face de Dieu peut mener à une compréhension plus profonde et à un dialogue plus vrai.

         4. le monde nous interpelle – le monde comme lieu d’engagement… là où le partage et l’ouverture ont leur place. Monde aux richesses mal partagées, etc… Dans ce monde on s’adresse au frère ou à la soeur et à Dieu en disant: J’ai soif.

                      La communauté ….

     « On expérimente le dépassement de la violence par la pratique de la solidarité. La communauté est le nouveau terrain et le terrain concret pour sa rédemption » (Milton Schwantes)

I. Réponse de Jésus à la violence – Un peuple solidaire – un peuple d’exclus – au service de la non- violence i.e. de la fraternité

     a. Pour réaliser la mission, Dieu a envoyé son propre Fils. C’est lui qui a apporté la libération pour le peuple et qui a annoncé aux pauvres la bonne nouvelle du Royaume.

     b. Le message de Jésus n’a pas plu à tous. On s’attendait tout simplement à un revirement de situation i.e. que les juifs prennent la place des romains. Mais Jésus ne        l’entendait pas ainsi: il voulait un changement radical: UN PEUPLE FRERE ET SERVITEUR, un peuple solidaire.

     c. C’est ici que le Père est venu montrer de quel côté il était. Il s’est servi de son pouvoir créateur et a ressuscité Jésus.

 

II. Le projet de Jésus continue 

     Puis les premiers chrétiens, se servant du même pouvoir, se sont organisés en petites communautés. (Ac. 2, 42-44)

         « Vous êtes une lettre du Christ remise à nos soins, écrite non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non, sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les coeurs. » (2 Cor. 3,3)

         « Notre lettre, c’est vous, une lettre écrite en nos coeurs, connue et lue par tous les hommes » (2 Cor. 3,2)

         C’est dans la vie communautaire des premiers chrétiens, soutenue par la foi en Jésus vivant au milieu d’eux qu’est apparu le signe clair du projet du Père. Ce signe       explicite l’appel d’Abraham et la libération du peuple d’Egypte.

III. L’exemple d’Emmaüs. Une communauté, lieu d’expérience de la Résurrection

     Emmaüs nous fait vivre l’expérience de la résurrection, vécue en communauté. Elle fut le grand éclair qui a illuminé les yeux.

     Quand les deux disciples marchaient sur le chemin avec Jésus, ils ne le reconnaissaient pas. Il manquait la lumière dans leurs yeux. Il manquait l’expérience de la résurrection. Quand ils le reconnurent à la fraction du pain, Jésus disparut car, à ce moment, Jésus était entré en eux et eux-mêmes ressuscitèrent. Ils ont vaincu leur manque d’ardeur et   retournèrent à Jérusalem, lieu où se trouvaient les pouvoirs qui avaient tué Jésus et, en conséquence, avaient tué en eux l’espérance. Mais ils ne les craignaient plus. En eux étaient entré une force plus grande, une force de vie qui vainc la mort.

     2.1 Jésus a dialogué, écouté avec patience, a mangé, prié etc.. posé des gestes bien concrets d’amitié. Tout cela c’est le climat de la communauté où on cherche à vivre       comme des frères et des soeurs. C’est là que se fait l’expérience de la résurrection du Christ vivant au milieu de nous.

     2.2 En créant le climat de dialogue, Jésus a amené les deux disciples à parler des problèmes de la vie. C’est ainsi qu’est apparu la tristesse, le manque de motivation, la        frustration, la fausse espérance, la décision de condamner Jésus, la croix et la mort, la conversation des femmes, l’incapacité des deux de croire dans les petits signes d’espérance. En somme il a amené à parler de toutes les violences et, en particulier des violences gratuites …

    2.3 C’est en dialoguant avec eux (donc en communauté) que Jésus s’est servi de la Bible non pas pour l’interpréter et pour enseigner mais pour interpréter les faits de la         vie et pour animer les deux disciples. Il a réfléchi avec eux en leur faisant voir qu’ils n’avaient pas raison dans leur manière d’expliquer les faits et leur a prouvé, à la lumière de la Parole, que les faits n’échappaient pas à la main de Dieu. Il s’est servi de la Bible non pas pour l’enrichir de quelques belles idées mais pour susciter un changement radical: la peur devient courage; le désespoir devient espérance; le fuite devient        engagement; la séparation devient rencontre; la mort devient vie.

Conclusion

     La vie communautaire dans la foi en la Résurrection est comme la caisse de résonnance d’une guitare. Sans elle, les cordes des paroles bibliques ne produisent pas la musique de Dieu dans le coeur du lecteur ou de la lectrice. Cette caisse de résonnance se crée :

     – en créant un climat d’ouverture entre les personnes;

     – en essayant de comprendre à partir de celui qui souffre et qui cherche à se libérer;

     – en vivant en petit groupe car le message de foi ne peut être capté et compris qu’en communauté;

     – en ayant la conviction que Dieu nous parle dans l’histoire de la communauté et du peuple;

     – en prenant le temps de prier, de célébrer et de partager …

     Quand la vie communautaire s’enracine dans la réalité et qu’elle s’appuie sur la Parole le miracle du changement se réalise. La violence disparaît. Les disciples d’Emmaüs découvrent la force de la Parole de Dieu présent dans les faits, commencent à la pratiquer et tout se transforme: les yeux s’ouvrent, la croix devient signe de vie et d’espérance, la crainte disparaît, le courage réapparaît, les personnes s’unissent, commencent à partager entre elles leur expérience de résurrection etc… Comme pour les disciples d’Emmaüs on découvre que tout commence au moment où Jésus parle…

 

Entretien donné aux religieuses de la Congrégation de Notre-Dame (C.N.D.), communauté du Sacré-Coeur, Westmount, Montréal, le 10 mars 1997)

 

Violence et non-violence

                   VIOLENCE ET NON-VIOLENCE

                            Victor Asselin, ptre

I. Etat de la question

     1.1 La violence est un fait

     Dans tous les moyens de communication sociale, dans les débats politiques, dans les conversations entre amis, la question de la violence est un thème presque obligatoire. Nous sommes inondés par des événements, des intentions et des discours qui révèlent les facettes les plus variées de la violence.

     A chaque jour nous lisons dans les journaux, nouvelles de grèves, de manifestations, de répression de la police, de guerres, de séquestre d’avion, de corruption etc… La violence est un fait fréquent.

     1.2 Devant la violence, un comportement paradoxal

     – les réactions des personnes sont diverses et c ontradictoires: on condamne la violence et, par contre, elle attire et fascine les masses.

         Ex. le succès des films avec un héros violent; la violence dans les sports

     Comment expliquer ce comportement paradoxal ?

     Dans les structures de la société il y a des évidences d’un autoritarisme socialement existant qui se constitue comme un régime d’exception parallèle et qui rencontre une certaine légitimité à l’intérieur de la société. La violence est dans les entrailles de l’organisation sociale, de manière insidieuse, et masquée par un discours d’apparence démocratique et humaniste. Ses mécanismes d’intériorisation sont efficaces et subtiles.

     Il se crée ainsi une CULTURE DE LA VIOLENCE. Un de ses instruments très efficace est celui des midia. A travers eux elle pénètre dans tous les foyers: on escamotte les faits, on change le sens des informations, on est partial dans les commentaire, on ne révèle pas les évidences qui sont contraires aux groupes dominants, on insinue malicieusement etc… On en arrive même à faire du mensonge la vérité, d’un mauvais caractère un citoyen exemplaire, d’une revendication populaire juste un acte de terrorisme et d’anarchie.

     En conséquence on arrive à justifier la répression et à la considérer naturelle et nécessaire.

     1.3 Ambiguité dans la doctrine sociale de l’Eglise

     Souvent dans l’Eglise, dans la doctrine sociale, dans l’opinion de beaucoup de chrétiennes et de chrétiens, la violence ne peut pas être approuvé ou soutenu. Sur cette question il y a une profonde confusion terminologique et conceptuelle.  Attention …

     1.4 Et pourtant le défi du chrétien et de la chrétienne: Nouvelle Jérusalem.

     Dans la Bible, nous lisons: Ap. 21, 22 et 22, 3-5

     Pour le chrétien le royaume de Dieu sera la communauté parfaite, sans injustice, sans classes sociales ni inégalités, sans péché, sans violence,  dans une découverte continuelle et passionnante où la révolution ne sera plus nécessaire car elle sera permanente. C’est l’amour parfait où tout est nouveau à chaque moment et où il n’y a pas de structure sinon celle de la créativité permanente de nouvelles structures « pour les siècles des siècles. »

     1.5 Question

         Et alors, quel comportement le chrétien et la chrétienne doivent adopter face à la violence ? Il est impossible de donner une réponse à cette question sans, d’abord, essayer d’approcher la complexité de cette réalité. Sans cela on risque de ne pas travailler efficacement à la construction de la Nouvelle Jérusalem ou de la détruire.

II. Violence expliquée et violence gratuite

     2.1 Violence expliquée

     Aujourd’hui on veut expliquer la violence. Question d’exorciser la terreur qu’elle provoque en nous, peut-être … en effet, quand elle est expliquée elle cesse d’exister comme chose premier… elle est seulement conséquence d’une autre chose qui l’a provoqué.

     Ex: Un chauffeur de camion meurt parce qu’il s’est endormi.

         Or, moi je ne me suis jamais endormi.

         Donc je peux continuer à voyager et rien ne m’arrivera.

     L’explication a cette fonction: elle garantit que le monde dans ses fondements est en ordre. Il s’agit d’y faire attention et de corriger ses erreurs.

         Quelques explications que nous donnons de la violence

         1. Les personnes sont violentes parce qu’elles vivent  dans des structures violentes. C’est une réaction   à une provocation externe. Dans le fond les personnes sont              bonnes. Ce sont des déviations de l’histoire qui les ont fait mauvais. Si nous corrigions l’histoire et si nous éliminions les structures violentes, la violence disparaîtrait. C’est clair: la violence est l’effet d’une cause. Eliminons la cause …

         2. La violence est le résultat de la folie. Mais la folie existe quand la personne est hors d’elle-même. Alors ce n’est pas elle qui est violente car elle n’était même pas présente à elle-même. Ainsi en justice on déclarera « non coupable » les personnes qui ont commis un crime alléguant que la personne a agit « sous une forte impulsion » et avec « la privation de ses sens ». ça revient à dire que la personne qui est là n’a jamais réellement commis de crime. Si la perturbation cesse, la personne revient à elle-même. Alors le criminel n’existe plus. Si son corps a servi d’instrument de violence c’est que quelqu’un d’autre l’a habité. Une fois passée la folie, comment ignorer la bonté ?

         3. Il y a aussi l’explication et la justification de la violence comme acte de « légitime défense » quand l’unique manière de mettre fin à la violence est d’employer la violence.

         4. La violence du moyen pour atteindre une fin. C’est  celle de celui qui détruit pour voler. Ce type de violence est aussi celui qui justifie la guerre. « Faire la guerre pour la paix », dit-on. Souvent ça peut-être une paix qui satisfait à ses intérêts propres. Même la guerre peut-être expliquée. Elle a ses causes et ses objectifs. Si on pouvait atteindre les objectifs par d’autres moyens, la guerre n’existerait pas.

         Conclusion

         La violence expliquée est une violence qui blesse mais elle ne met pas notre monde en péril. Elle fait partie de notre compréhension optimiste des humains. Au fond ce qui existe c’est la bonté. La violence n’est qu’une perturbation lamentable de l’ordre qui peut être corrigée.

     2.2 La violence gratuite

         La violence gratuite est un autre type de violence. Celle-ci est menaçante. C’est le plaisir pur de faire souffrir. C’est la violence qui est une fin en soi, une violence qui donne du plaisir.

         Exemples

         – Quand on était jeune on s’amusait avec une carabine à plomb

         – quelqu’un faisait remarquer que le rire des desseins animés est toujours provoqué par la violence. Un rire sadique. Le piano tombe sur quelqu’un, il devient un crabe… le piège à souris attrape le nez… on plonge dans une piscine vide et elle se casse comme si c’était une assiette… Ce qui est extraordinaire c’est que les dessins animés ont     découvert que le sadisme est la manière la plus rapide pour provoquer le rire. La bonté ça ne fait pas rire… ça fait pleurer …

         – les lutteurs … si le combat finit trop vite c’est la déception. On aime voir se « tapocher » jusqu’au sang            …

         – les batailles de coq. Le plaisir de la violence est si grand qu’en plus des griffes naturelles on en ajoute d’autres en fer, très affilées pour que le sang  gicle plus facilement.

         – les « corrida » de taureaux. C’est la manifestation suprême de la culture sportive d’un peuple qui applaudit quand les aiguilles entrent dans la chair… on tue à petit feu pour la jouissance de plusieurs. Les « tueurs » doivent être beaux pour provoquer la jalousie des hommes et l’amour des femmes.

         – Et que dire du hockey ? On engage des joueurs seulement à cause de leur force physique sans être nécessairement de bons joueurs de hockey. Les coups infligés… les commotions cérébrales…les membres cassés… Beaucoup vont au stade non pas pour voir une belle exhibition de sport mais pour la bataille. Ce que l’on espère c’est le moment suprême que s’inflige la douleur du but à l’adversaire. Le but c’est comme l’aiguille dans les côtes du taureau.

         – Et les « surnoms » que l’on donne. C’est une manière subtile de toucher une blessure. Un surnom est drôle seulement s’il blesse.

         – Les violences qui vont des paroles aux actes et qui  culminent dans les rituels d’humiliation comme les messages anonymes. Parfois il y a des personnes simples qui changent totalement lorsqu’elles sont en groupe. Chacune y va de son coup, de son mot parfois tyrannique, de son petit coup de couteau… et pourtant dorment avec la conscience tranquille.

         – et dans la politique… Il est probable qu’un candidat pacifiste et écologique ne soit pas élu … il se peut qu’on élise un candidat qui ne se gêne pas d’offrir ses rituels de violence pour éliminer ses adversaires. Un secret pour être élu: identifier un bandit, une personne malhonnête, un groupe sujet à discrimination et promettre qu’il sera éliminé. Il sera élu. Autour des rituels de violence, même les ennemis font la paix.

              TUER ENSEMBLE EST UN SACREMENT DE FRATERNITÉ.

III. La violence en nous

         Et alors ? Qu’en est-il de la violence ?

     3.1 La violence gratuite nous fait saisir une réalité sévère. Avec elle le sens moral arrête de fonctionner et la raison n’est plus là. Hitler est monté au pouvoir. Si son      aventure avait eu un succès quelconque, tout le monde le considérerait, encore aujourd’hui, un homme de bien.

     3.2 On dirait – et cela est terrible – qu’il y a à l’intérieur de nous la haine qui gruge plus que l’amour. L’explication est simple: l’amour est faible et lent; la violence est forte et rapide. C’est plus spectaculaire couper un arbre centenaire que de planter un rejeton.

     3.3 La violence gratuite nous fait soupçonner que les explications sont terribles. En vérité, il n’y a pas  d’explication même si le christianisme, pour sauver les      humains, a mis la violence à l’extérieur de l’humain. C’est le démon qui vient, envahit et prendre place dans      la personne. Mais ceci se résout par l’exorcisme. Le plus terrible c’est de penser que la violence habite en nous et qu’elle demeure là en espérant les conditions    extérieures pour se manifester. Les conditions sont à peine l’occasion pour qu’elle se manifeste. En théologie on se réfère au « péché originel ». Nous naissons porteur et porteuse d’une perturbation dans notre capacité d’aimer. On s’amourache de « chose mauvaise »: on fait l’amour avec la mort.

         – La psychanalyse dit que nous sommes un mélange d’EROS et de TANATOS (vie et mort). Et la distribution n’est pas démocratique. Les uns reçoivent plus de vie et             moins de mort et d’autres moins de vie et plus de mort.

         – L’expression symbolique la plus curieuse de ce sadisme c’est l’enfer, lieu où on met ceux et celles que nous avons marqué par la haine pour l’éternité. Et on pense que l’enfer n’existe pas à l’intérieur de soi- même mais dans un lieu quelconque de l’univers. Dieu aurait-il alors un plaisir sadique de contempler éternellement ceux qui se seront perdus ?

     3.4 Je conclue avec ce texte…

         Orwell dans son livre sur la violence (1984) décrit une scène dans la chambre des tortures. C’est le tortionnaire qui donne une leçon à sa victime. Je n’aime pas lire cela mais j’ai l’impression que c’est la vérité          …

         « Non, nous ne torturons pas pour découvrir un secret quelconque. Il n’y a rien que tu puisses nous dire que nous ne savons pas. Ce n’est pas nous qui avons besoin d’apprendre. C’est toi. Et la leçon est simple. Le POUVOIR. Des tyrans de d’autres époques ont été stupides. Ils ont pensé que le pouvoir était un moyen pour obtenir une fin. Et ils se répétaient comme ils répétaient aux autres qu’ils torturaient et tuaient pour qu’un jour il y ait plus de plaisir et de joie. C’est seulement nous qui avons compris la vérité. Le pouvoir n’est pas un moyen pour obtenir quelque chose. Nous ne voulons pas une société plus juste. Nous ne voulons pas que les hommes et les femmes soient plus heureux. Nous ne voulons pas de plaisir pour nous-mêmes. Une chose est importante: le pouvoir. Et c’est cela que nous sentons quand le corps d’une victime se tord, impuissant. C’est bon de le faire souffrir. Au milieu de ses cris, il y a quelque chose de magique qui se produit: dans la mesure qu’il devient plus faible, je me sens plus fort. C’est la transfusion du pouvoir. Il est plus près de la mort. Je suis plus proche des dieux. C’est la simple leçon du pouvoir: nous sentons plus la volupté de la divinité quand nous avons le pouvoir de faire souffrir et de tuer. »

IV. La violence et le POUVOIR

     Le pouvoir c’est la capacité d’imposer sa volonté aux autres et la violence c’est la manière d’imposer, par force physique   et matérielle, cette volonté. La violence établit son règne là où le droit est absent ou là où le droit est expression   d’un pouvoir minoritaire de classes dominantes.

     4.1 Quelques manières d’imposition du POUVOIR

         a. La plus invisible et la plus fréquente : le mal, la méchanceté de celui qui a une pratique perverse.

              Ex: Gn. 4, 8-10 (Cain et Abel)

              Elle peut être décrite de la manière suivante:

              – L’origine du mal ou du péché c’est nier l’autre, l’autre personne, l’autre terme de relation.  

              – la praxis dominatrice c’est le mal. Ce n’est pas la praxis d’une personne devant une autre personne. La relation s’est arrêtée. Cain, le dominateur, a transformé Abel en instrument, en un moyen: il l’a tué p.c.qu’il était son ennemi; il l’a volé comme instrument de richesse; il l’a violenté comme instrument de plaisir etc…  Abel n’est plus une personne. C’est une chose. Ça c’est le péché: destituer l’autre comme personne; aliéner l’autre en chose; chosifier, instrumentaliser.

                   L’offense contre Dieu signifie toujours un acte de domination contre le frère. Dieu est l’Autre absolu. Nous l’offensons quand nous dominons l’autre. C’est pour cela que le Christ a pris la forme du plus pauvre.

         b. Le péché social ou le péché concret

              De manière abstraite on peut dire que l’individu Jean a péché. Mais concrètement Jean est le père de Marie, l’époux de Marthe, le frère de Pierre, professeur de ses élèves, citoyen dans son pays. Jean n’est jamais le seul et concrètement il n’est jamais le seul individu solitaire. Il en est de même pour le mal et le péché.

              Une institution n’est pas une structure qui existe pour elle-même. C’est la modalité que les individus ont pour se comporter dans leurs relations de manière stable. Ainsi il y a l’institution matrimoniale, l’Etat, l’Eglise etc…

              Si une personne ou un groupe de personne domine de manière stable ou historiquement une autre personne ou un autre groupe de personnes nous disons alors que c’est une pratique de domination. Ex. le propriétaire sur ses employés, l’homme sur la femme etc… Et c’est une pratique de domination institutionnelle, sociale.

              Et plus, il arrive qu’un individu naît dans une trame institutionnelle qui l’a précédée et qui le détermine. Ex. Quelqu’un naît riche et dominateur dans une famille bourgeoise. Il n’est pas responsable d’être né là mais il hérite de ce péché institutionnel, « originel ».

         c. Le pouvoir des armes

              Dans l’Apocalypse la BETE est pleine de pouvoir, du pouvoir des armes.

                        Ap. 13, 2-7

              Le pouvoir du Prince de ce monde, la manière d’exercer concrètement le pouvoir c’est par le moyen de la pression de l’instrument de la mort: les armes. La « croix » du martyr c’est l’usage effectif de l’arme qui tue l’innocent.

              Le péché de tuer le prochain avec violence par l’usage des armes – la guerre – est intimement lié à l’injustice: le puissant, le dominateur, doit contrôler, maintenir tranquille l’opprimé, en paix, par le moyen des armes. Le « pain », symbole biblique de tout « produit » est maintenant « pain de la mort ».

              Pour garantir et pour donner la permanence à la structure du péché, les armes et le pouvoir militaire deviennent la dernière instance de l’effectivité du péché, du « règne » du Prince de ce monde. C’est pour cela, que la   torture soufferte par le héros ou par le martyr et sa propre mort comme « croix » est la consommation du péché sur la terre  et, en même temps, le moment de la manifestation de la Gloire de l’Infini. En étant crucifié par le pouvoir militaire dominant  de son époque – les romains- Jésus manifeste la contradiction absolue de l’histoire.

              Pour le capital c’est la même chose produire « pain » ou « armes ». Les deux signifient « valeur » (vie du travailleur) et avec les deux on fait des « gains ». La guerre de domination c’est la pression de la « BETE » pour maintenir les pauvres à l’intérieur des structures qui permettent de leur prendre ce qu’ils ont de vie.

         d. La vente de son travail

              La praxis de domination est une relation sociale. Elle est une rupture de la relation communautaire. Face à face sont là le « pauvre » et celui qui a l’argent pour payer son travail. Ils sont un devant l’autre non comme Moise devant Dieu et comme le samaritain devant le pauvre, en respect à l’extériorité de l’autre. Non, l’un est misérable et demande pour manger, se vêtir, avoir une maison et la santé… l’autre a de l’argent et en veut  plus. Pour en arriver à ses fins il voit le pauvre devant lui comme un instrument, une chose qui lui permettra d’avoir plus. Le péché bien subtil qui peut s’y cacher c’est que celui qui a de l’argent exploitera la « source créatrice » de l’homme et ne paiera que la « capacité de travailler ». C’est comme payer l’usage d’une machine.

     4.2 La culture de la violence

         a. La vie quotidienne nous enseigne que c’est le plus fort qui gagne ou celui qui est le plus éveillé. On y retrouve alors les conditions pour l’existence d’une « culture de la violence » dans le sens qu’Oscar Lewis l’a formulé: une structure, une articulation, des mécanismes de défense et de reproduction, en se constituant en valeurs positives, orientent la vie des personnes qui ont à affronter la pauvreté comme forme substantielle de vie et ont à vivre avec elle tous les jours.

         b. Cette culture devient le principe de base de l’articulation de vie des communautés comme forme de défense et de survivance dans un monde qui les marginalise et les exclut et leur impose de façon violente une vie réduite à la survivance.

         c. On reproduit alors la violence qui vient d’en haut. Et sans s’en rendre compte, bien loin de s’opposer à la violence provoquée, elle alimente ce système. En effet, le destin de chacun n’a pas de lien avec la communauté qui souffre la même violence. C’est la « gang » qui jouera ce rôle et elle pénétrera dans le milieu familial, dans les écoles et dans les autres institutions. Au lieu de « sage femme de l’histoire » la violence sert de forme de survie au milieu d’un monde qui remet le destin de chacun à la vie mercantile et capitalisante.

     4.3 La théologie

         a. Un premier courant. Il a son origine chez les grecs. On dit qu’à partir de la « nature, les uns se manifestent comme des dieux et d’autres comme hommes; les uns sont libres et d’autres sont  esclaves. » Personne n’est coupable de la pauvreté du pauvre; aucune faute d’aucune liberté n’est la source créatrice de l’injustice. Le « pauvre » l’est par inclination naturelle, par mauvaise disposition de son corps ou de son âme, par vagabondage, par manque de vertu ou simplement par mauvaise chance. C’est la théologie de la résignation. Dieu l’a voulu ainsi.

         b. Un deuxième courant. C’est celui de la réconciliation des riches avec les pauvres sans que soient données les conditions objectives pour le pardon. Pour qu’il y ait pardon il faut d’abord une conscience claire de la faute et une réparation juste. Sans l’égalité réelle et objective des deux personnes – ce qui signifie que le riche n’est plus riche ni le pauvre, pauvre – il ne peut pas y avoir de réconciliation.

         Affirmer que la pauvreté du pauvre (sa mort) est naturelle ou est la volonté de Dieu ou prétendre la réconciliation avant de « haïr le monde » et de faire justice, sont des propositions d’une théologie de domination.

V. ET LA NON-VIOLENCE

         Quand les opprimés, les pauvres, commencent à se lever, à se rebeller, à s’opposer à la domination, la violence hégémonique devient REPRESSION. C’est alors que beaucoup de personnes devant la répression ou la violence active du péché adoptent la position de NON VIOLENCE. Gandhi aux Indes, Luther King aux Etats-Unis, Miguel d’Escoto au Nicaragua. Cette position, que nous aborderons à la prochaine rencontre, bien que de très grande valeur, ne puisse pas être érigée en

 principe théorique absolu. A la violence du péché le martyr oppose le courage du « serviteur souffrant ». Il n’est pas évident que cela puisse s’appliquer dans tous les cas.

     La non-violence est une réponse à des manières d’exercer le POUVOIR

 

(Entretien donné  aux religieuses de la Congrégation Notre-Dame (C.N.D.) communauté « Sacré-Cœur », Westmount, Montréal, le 03 mars 1997)