Que tes oeuvres sont belles !

            Le Brésil vient de terminer ses élections municipales. Plus de 5.500 municipalités. Une législation électorale moderne, une technologie de premier monde. Avec les urnes électroniques, deux heures après la fermeture des bureaux de scrutin, le résultait était annoncé dans toutes ces municipalités. Quelle différence avec le temps où on attendait des heures pour passer aux douanes à notre arrivée à Belém ! Cette modernité et cette technologie n’a cependant pas corrigé toutes les manigances de corruption. On a simplement réussi à faire l’achat des votes de façon plus sophistiquée. 

            São Luis a élu son maire au deuxième tour de scrutin. D’un côté, un ex-gouverneur de l’État et de l’autre côté, un jeune juge fédéral qui a laissé, il y a deux ans,  sa carrière pour devenir politicien. Élu député fédéral, il se présentait cette année à l’élection de la mairie de São Luis. L’ex-gouverneur, João Castelo, a gagné les élections.

            Que dire des résultats de l’élection au Maranhão ? En 2006, on élisait Jackson Lago au poste de gouverneur. Un premier pas pour mettre fin au règne de Sarney. Mais la situation continuait difficile car les bases construites durant ces 40 ans étaient et sont encore solides. Les élections municipales étaient importantes pour vérifier si la population voulait continuer le changement ou revenir en arrière. Le changement a été confirmé car la majeure partie des maires élus viennent renforcer le gouverneur qui ouvre de plus en plus les portes pour une nouvelle manière d’administrer. On commence à prendre au sérieux les conquêtes obtenues par l’organisation de la population des gens durant la dictature militaire et confirmées dansla ConstitutionFédéralequi fêtait ses 20 ans d’existence le 6 octobre dernier.

            Quelle fête ! Pour la première fois de toute son histoire, le Brésil fête 20 ans de pratique démocratique. Jamais le pays n’avait réussi à vivre 20 ans de suite de démocratie. Nous sommes donc à collaborer à la construction d’un système démocratique basé sur la participation et l’éducation à la citoyenneté.

           La Constitutionde1988 aouvert une perspective de régime démocratique oû le pouvoir du peuple sera exercé d’un côté par les représentants élus et d’un autre côté, exercé directement par les citoyens. C’est la grande nouveauté : les citoyens et les représentants du pouvoir public, organisés en CONSEILS, administrent ensemble la municipalité, l’État etla Fédération. Onappelle cela une démocratie à deux bras : celui des citoyens et celui du pouvoir public. Même sila Constitutiona 20 ans, le travail vient á peine de commencer. Ça prend du temps pour effectuer un changement.

            C’est dans cette perspective que nous travaillons actuellement. Une éducation pour que les autorités, habitués à centraliser le pouvoir, apprennent à travailler avec les gens du peuple et pour que les gens du peuple, habitués à vivre leur condition de dépendance, deviennent des acteurs dans la construction du pays. Le peuple a toujours remis la solution de ses problèmes dans les mains d’un sauveur et les autorités ont toujours centraliser le pouvoir et maintenu le peuple dans la dépendance. Mettre ensemble un maire et ses conseillers avec les gens pour prendre ensemble les décisions concernant les politiques d’une municipalité ou d’un État exige beaucoup de patience. C’est le visage nouveau à construire.

            Heureusement le gouverneur actuel est un « Fan » de cette perspective et non seulement permet qu’elle se réalise mais l’appuie et crée les conditions pour qu’elle advienne. Il vient de réunir 183 maires des 217 de l’État pour leur faire la proposition de la « municipalization », ce qui implique décentralisation non seulement des décisions mais aussi de l’administration de l’argent public. Nous avons la conviction que la participation des gens à l’administration est la solution au problème de la corruption.

            Pour ma part, actuellement je travaille à temps plein, à la création des Conseils Municipaux et de l’État, spécialement les conseils en lien avec le développement rural et avec la sécurité publique. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté la responsabilité de Conseiller au Ministère de l’Agriculture, secteur des projets spéciaux de l’État et au Ministère dela SécuritéPublique.

            C’est un travail passionnant car il donne la conviction d’aider les gens à prendre conscience qu’il n’y a pas de plus grand pouvoir que celui de sa dignité. Travailler à développer la qualité de citoyen et de citoyenne est sûrement un bon chemin pour reconnaître la beauté dela Créationet de la richesse de son Créateur.

                                                           Victor Asselin

Sao Luis, 28 octobre 2008

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