LES MISSIONNAIRES DE RUE – Document de base

ÉQUIPE MISSIONNAIRE DE RUE

(1er Document de travail)

               « Il a plu à Dieu de me mettre à part dès le sein maternel et de m’appeler par sa grâce pour qu’il révèle en moi son Fils afin que je l’annonce LUI, la Bonne Nouvelle, parmi les Nations. » (Gal. I, 15-16)

Préambule

Annoncer l’Évangile, voilà bien la MISSION qui nous est confiée comme elle l’est à tous les baptisés. Annoncer l’Évangile, voilà une « force de Dieu pour le salut de tout homme qui croit » (Rm. 1,16) et c’est cette force de Dieu qui engendre la communauté et l’engage dans un cheminement de libération.

Cette Bonne Nouvelle a été annoncée d’abord aux pauvres, aux aveugles, aux estropiés et aux boiteux pour, avec eux et elles, construire les « cieux nouveaux et la terre nouvelle ».

L’histoire de l’Église est tissée de nombreux exemples de fidélité à la MISSION. Eugène de Mazenod en est un près de nous. Il rendait grâce au Seigneur de ne pas avoir été happé par la structure de l’Église de Marseille et d’avoir pu, dès son ordination sacerdotale, travailler à la réalisation de son rêve missionnaire. Après avoir trouvé une place où se mettre les deux pieds … il prit le temps de constituer une équipe missionnaire. Et, depuis ce temps, les équipes missionnaires n’ont cessé de se multiplier.

En 1848, Mgr Bourget, évêque de Montréal, achète un vieux hangar de bois et y installe deux missionnaires oblats, récemment venus de France, dans le quartier le plus pauvre de Montréal: le FAUBOURG-QUEBEC.

Fait étrange ou prophétique, plus d’un siècle plus tard – février 1995 – et dans le même quartier, le père Benoit Garceau, provincial de la province oblate St-Joseph, propose la création d’une équipe missionnaire de rue. C’est l’année de la canonisation d’Eugène de Mazenod. C’est l’année du lancement du synode du grand Montréal ?

Fait étrange ou prophétique aussi, les membres invités à former l’équipe missionnaire de rue proviennent non seulement du milieu de la communauté des Oblats de Marie-Immaculée mais aussi du laicat et du clergé diocésain.

Que sera cette équipe ? Que fera cette équipe ? Personne n’a de réponse. Et le père provincial d’ajouter: « Le fondateur nous a demandé d’avoir de grandes ambitions ! ».

C’est dans ce contexte que nous élaborons le premier document de notre cheminement comme équipe « missionnaire de rue ».                                                                                    ……………

QUI SOMMES-NOUS ?

Nous sommes des chrétiens, provenant de divers milieux, qui se sentent appelés à former équipe pour vivre une présence, au nom de Jésus-Christ, au milieu de groupes d’exclus de la société et de l’Église. Nous croyons à une présence spéciale de l’Amour du Père dans ces milieux et nous désirons solidairement en faire l’expérience avec eux. Pour ce motif et pour le temps de l’exploration nous voulons conserver une liberté face à l’institution et à toute catégorie de personnes et d’organismes pour être en mesure de mieux discerner le projet auquel l’Esprit nous appelle.

QUE VEUT-ON ?

Nous voulons:

1. Découvrir une présence nouvelle d’Église au milieu des exclus. Leur culture et leur spiritualité figurent alors comme essentiels à la recherche pour qu’ils se sentent membres vivants de cette Église.

2. Être une communauté signifiante

a. par notre mode de vie modeste et simple;

b. par notre témoignage d’accueil, d’espérance, d’amour et de miséricorde du Père;

c. par la pratique des valeurs du Royaume dont l’égalité et la solidarité;

d. par notre manière de célébrer la réalité vécue.

AVEC QUI ?

Nous vivons au centre du village gai. Il est alors de bonne mise de nous faire présent auprès des gais et lesbiennes de même qu’auprès des adolescents et des jeunes vivant de la prostitution et des personnes atteintes du sida. De plus nous voulons côtoyer les itinérants, les toxicomanes, les alcooliques et les autochtones.

Notons que chaque membre de l’équipe, selon le temps et les circonstances, choisira son ou ses points d’insertion.

COMMENT ?

Nous voulons d’abord et avant tout nous mettre à l’écoute du milieu et de l’Esprit. Pour cela nous croyons important:

1. Délimiter un territoire géographique et en faire l’apprivoisement par des visites, des conversations et des annotations de faits et de situations;

2. Définir et occuper un lieu provisoire d’insertion parmi les exclus selon les goûts, le temps disponible et les aptitudes de chacun;

3. Créer des liens avec les divers organismes et la pastorale du secteur Centre-sud par des visites, par la participation aux réunions et par la recherche des diverses idéologies qui motivent leur agir;

4. Discerner les signes qui permettraient de découvrir une manière nouvelle de vivre la Mission. Parmi ces signes il nous semble important de rechercher le point de convergence des organismes impliqués dans le milieu (qu’est-ce qui les rassemble ? qu’est-ce qui pourrait les rassembler ?) et rechercher le point de communion qui pourrait exister entre nous et les    exclus du milieu.

5. Faire l’apprentissage de la vie d’équipe:

a. par des rencontres régulières de partage du vécu, de réflexion et de prière;

b. par le temps à prendre pour nous connaître et nous dire en vue de bâtir l’unité dans la diversité.

CONCLUSION

Ce document explicite notre pensée au moment présent. Cependant, il se veut un écrit de base pour l’évaluation périodique de l’équipe. Ainsi donc il évoluera dans la mesure de la croissance de l’équipe et du projet.

Montréal, le 3 novembre 1995                          Victor Asselin, ptre

Comments are closed.