Ephémérides autour du livre « GRILAGEM … »

Éphéméride autour de la publication du livre

GRILAGEM, CORRUPÇÃO E VIOLÊNCIA

EM TERRAS DO CARAJAS

1.En avril 1982, l’Éditeur Vozes de Petrópolis, Brésil, publie le livre de l’abbé Victor Asselin “Grilagem, corrupção e violência em terras do Carajás.(Doc.1 et 35) C’est une étude et une dénonciation du vol des terres au Maranhão, Brésil, en particulier du territoire appelé Pindaré.

2.Le 2 mai 1982, le livre est lancé officiellement dans la ville de Goiânia, Brésil.(Doc.2) Dans les autres capitales du pays la distribution et la vente sont faites par les librairies et les divers groupes populaires.

3.En date du 21 mai l’avocat Agostinho Noleto Soares, résident d’Imperatriz, ville au sud-ouest du Maranhão, publie dans le journal « O PROGRESSO » une lettre adressée à l’auteur du livre. Il écrit : « Á LA DEMANDE… »(Doc.3) Il accuse l’ « auteur d’avoir été instrumentalisé para quelques certains humanistes athées qui veulent tout simplement tirer profit politique de l’option de l’Église en faveur des pauvres et des opprimés » et il termine en déclarant : «ce ne sera pas toi… toi padre Victor, qui me mettra au pied du mur sans une énergique réaction qui commence à peine avec cette lettre.»

4.Au cours du mois de mai, Pe Victor reçoit plusieurs téléphones anonymes, les uns cherchant le lieu de sa résidence, d’autres marquant des rencontres amoureuses, un autre insistant pour marquer un rendez-vous urgent etc… On  laisse aussi sous la porte du presbytère une lettre anonyme de contenu peu «catholique» et insinuant diverses menaces.

Une nuit dont Pe Victor ne se rappelle pas la date au cours du mois de mai, à trois heures du matin, un inconnu frappe à la porte du presbytère de St-Vincent de Paul et, de l’extérieur, demande pour passer la nuit. Le fait est étrange car même les habitués du quartier ont de la difficulté à découvrir la porte de cette maison. À cette époque il fallait avoir un système de défense car les personnes qui étaient sur la liste à mourir étaient visitées la nuit. On frappe et si la personne ouvre, c’est une balle et on disparait.

5.Le 1er juin, l’Ordre des Avocats, Section de Imperatriz, publie un article dans le journal « O PROGRESSO », en appui à leur compagnon et membre de l’Ordre, Agostinho Noleto Soares. On dénonce l’auteur du livre en raison, dit-on, des « références injustes et sans fondement » faites à leur compagnon et lui demande « l’humilité chrétienne suffisante pour réparer publiquement l’injustice commise à Agostinho Noleto Soares ».(Doc.4)

6.Le 5 juin le journal « Imparcial » de São Luis, publie une matière en provenance d’Imperatriz dans laquelle on annonce qu’à IMPERATRIZ un mouvement de grande envergure de protestation véhémente contre les dénonciations injustes et agressives de l’auteur est en train de prendre forme.(Doc.5) Dans le même journal et le même jour on met en exergue un autre article sur l’excellence du travail de recherche de l’auteur.(Doc.6)

7.Le 8 juin le journal « Imparcial » de São Luis publie une note de l’Ordre des Avocats du Brésil-Section d’Imperatriz, article qui avait déjà été divulgé dans cette ville le 1er juin dernier, en y ajoutant toutefois une note du « Club des lions » manifestant sa solidarité avec la position des Avocats de la ville.(Doc.7)

8.Le même jour, Pe Victor Asselin présente, par écrit, au Dr Agostinho Noleto Soares une demande d’explication sur l’accusation faite, à savoir d’avoir été « instrumentalisé par certains humanistes athées » et invite les groupes qui l’appuient à s’unir autour de la recherche de la vérité puisque ce n’est pas parce que Agostinho affirme être chrétien que son nom doit être exclu des documents probants d’illégalité et de fraudes relatifs aux questions agraires.

Le présent article est retiré de la publication du Journal « Folha do Maranhão » de São Luis par ordre de la direction pour la simple raison qu’Agostinho est un possible candidat au Sénat pour le PMDB. D’ailleurs, il n’a pas été publié par aucun autre journal si ce n’est par le « O Progresso » d’Imperatriz.(Doc.9)

9.Le 20 juin l’avocat Agostinho Noleto Soares publie dans le journal « O Progresso » d’Imperatriz une lettre adressée à Pe Victor et datée du 18 juin. Nous lisons : « Comme j’ai déjà expliqué, je commence à peine à articuler ma réaction à vos malveillantes déclarations » et plus loin, il continue : « Le lieu et le moment de ce règlement de compte, c’est moi et seulement moi qui ai le droit de choisir ».(Doc.10)

10.Au cours du mois de juin sont répétés plusieurs téléphones anonymes à la résidence de Victor et, entre eux, une invitation pour donner une conférence aux étudiants de l’Université sur le thème du « Statut des étrangers », en hommage à Javier, président de l’Union Nationale des Étudiants, alors qu’il est menacé d’être expulsé du pays. Évidemment Victor n’a jamais accepté cette invitation. Le Département des Étudiants informe qu’ils n’ont jamais pensé à une telle programmation.

D’autres téléphones impliquent la moralité du padre et souvent des téléphones muets. Une lettre anonyme est déposée sous la porte du presbytère avec un contenu semblable à la première lettre et termine en affirmant que toutes les mesures seront prises pour obtenir le retour du padre à son pays d’origine.

11.Le 5 juillet, Pe Victor reçoit une copie de la dernière lettre de Agostinho Noleto et un téléphone de l’évêque de Carolina, Dom Alcimar Magalhães qui lui communique avoir en main propre une copie de la « dénonciation-crime », enregistrée à la cour de Justice de São Luis, secteur criminel le 2 juillet.(Doc.11) Il ajoute qu’Agostinho est bien fâché et qu’il prétend suspendre les mandats qu’il occupe actuellement dans l’Église locale. Enfin il déclare sa solidarité à Victor Asselin.

12.Le 6 juillet, l’évêque Dom Alcimar cherche à convaincre Agostinho à renoncer au procès et en cas de refus, il donnera son appui au Padre Victor. Agostinho réplique qu’il reçoit beaucoup d’appui, entre eux du Dr. Fiquene et de Davi Alves Silva et que ce dernier a même manifesté un plan d’atteinte à la vie du padre.

13.Le 7 juillet, prenant en compte les écrits et les nombreuses communications, Pe Victor demande au Ministre de la Sécurité Publique de l’État du Maranhão, une garantie de sa vie, « rendant responsable, à partir de ce moment, le Dr Agostinho Noleto Soares pour quelque attentat qui viendrait à survenir bien qu’il ne soit qu’apparemment accidentel. »(Doc.12)

Le même jour, Pe Victor reçoit une photocopie de la dénonciation criminelle de diffamation, demandant l’instauration du procès et sommant le padre à répondre à tous les actes sous peine de confession.

Le même jour Padre Victor rencontre le président du PMDB, Renato Archer, candidat au poste de gouverneur du Maranhão (le Maranhão est en année électorale) pour lui demander ses possibles implications dans le procès. Renato lui communique donc qu’il a bien rencontré dans les derniers jours Agostinho Noleto Soares avec le président national du parti à Imperatriz et c’était pour lui dire que, sans juger le mérite, lui, Agostinho, ne pouvait pas être candidat au Sénat pour le parti, comme prévu, en raison de la possibilité d’être accusé d’appui au vol de terres alors que le programme du parti défend le programme de la réforme agraire. De plus, la note signée de l’Ordre des Avocats en appui à Agostinho, souscrite par le Dr Aureliano Ferreira Neto, candidat à vice-gouverneur pour le même parti fut à peine un geste de solidarité de convenance.

14.Le 10 juillet, le « Jornal Pequeno » de São Luis divulge l’article intitulé « Padre démasque les grileiros et est menacé de mort par les grands propriétaires de terre et la « Folha de São Paulo » de la même ville, publie l’article « Padre menacé de mort pour avoir dénoncé les grileiros »(Doc.13 et 14)

15.Le jour suivant, le 11 juillet, le journal « Imparcial » de São Luis publie « Victor Asselin, menacé, demande garantie de vie » et « O Globo » de Rio de Janeiro, publie « Padre demande protection au Maranhão contre l’avocat du groupe des grileiros »(Doc.15-16 et 42)

Le même soir le couple Helena et José de Ribamar Heluy reçoit un téléphone du Dr Frederico Almeida Rocha, de la ville d’Imperatriz, cherchant à avoir les informations au sujet de l’importance des formes d’appui que reçoit le Padre Victor à São Luis et il exprime sa surprise sur le fait que le padre a demandé garantie de vie devant la menace reçue.

16.Le 12 juillet, considérant les interrogations soulevées par le téléphone du Dr Frederico d’Imperatriz, figurant comme intermédiaire, ce soir-là, du groupe de Agostinho Noleto, la Commission Justice et Paix de l’Archidiocèse de Sao Luis émet une déclaration de solidarité à Padre Victor, en union avec diverses entités pastorales, accentuant l’importance de la valeur historique et sociale du livre, appuyant le geste de la demande de garantie de vie et enfin, étendant son appui à la cause de tout le peuple souffrant, « cause principale de la publication du livre «Grilagem.»(Doc.17)

17.Le 13 juillet, le Dr José de Ribamar Heluy, ex-juiz d’Imperatriz, écrit au Dr Frederico pour démasquer la tentative du « groupe Agostinho » d’articuler des groupes de São Luis et d’Imperatriz en vue de démoraliser l’auteur du livre. (Doc.18)

18.Le 15 juillet, le « Jornal Pequeno » de São Luis reproduit la note de la Commission Justice et Paix de l’Archidiocèse (Doc,19) sous le titre « Clergé responsabilise l’avocat pour tout attentat qui pourrait arriver au Pe Victor et le journal « Imparcial » de la même ville divulgue une entrevue du Ministre de l’intérieur de l’État, Fernando Castro (Doc.20), où se lit : « Où est la faute de l’État, si lui-même (l’auteur du livre) montre les responsables ? En vérité la réponse à toutes les interrogations est incluse dans la publication même. L’État ne peut pas être tenu responsable pour le comportement individuel de tel ou tel citoyen qui, pour quelque motif que ce soit, ne se dit bien dans son rapport avec la chose publique. »

Le même jour, le journal « Diário de Hoje » publie « L’Église dénonce les menaces au padre »(Doc.21 et 22)

19.Le 18 juillet, Reginaldo Teles, alors procureur de l’État du Maranhão dans les années tragiques de la « grilagem », écrit un article dans le « Jornal Pequeno » de São Luis, sous le titre « Les complices de la grilagem ». Bon connaisseur de l’État, Reginaldo décrit bien le plan de la grilagem articulé par l’État et affirme que personne ne peut se surprendre si les « personnes impliquées » prétendent même menacer de mort l’auteur de la dénonciation.(Doc.23)

20.Le 20 juillet, le « Jornal de Hoje » dans sa colonne « Bastidores » mentionne que le Dr Osvaldo Alencar Rocha, candidat à gouverneur pour le Parti des Travailleurs « pense que la lutte entre les secteurs de l’Église et le candidat pour le PMDB, Agostinho Noleto, causera préjudice aux partis des oppositions et bénéficiera le parti officiel. » Dans un autre texte de la même colonne, le même journaliste écrit « qu’Osvaldo reconnait qu’Agostinho n’est pas une personne violente et que par conséquent, n’irait jamais contracter un tueur à gage pour tuer padre Victor Asselin »

Le même journal sous le titre « Contradictions dans l’Église » affirme que la Commission Justice et Paix du diocèse d’Imperatriz et la Commission Pastorale de la Terre de la même ville préparent une déclaration officielle en appui à l’avocat Agostinho Noleto.(Doc.24)

Dans La station nationale de la TV Bandeirantes, à l’horaire du midi, on transmet la nouvelle des menaces contre le Pe Victor et, à la même station locale, à l’horaire du soir on divulge  une partie de l’entrevue de Pe Victor.

20a.Le 21 juillet Pe Victor Asselin envia uma longa carta a Dom Alcimar, bispo de Imperatriz (Doc.25)

21. Le 22 juillet, le « Jornal de Hoje » de São Luis publie un article de sa succursale d’Imperatriz, intitulé « CPT d’Imperatriz n’a pas publié sa position au sujet de la dénonciation » et Pe Lourenço dément ce qui avait été divulgué quelques jours auparavant, à savoir que la « CPT et CJP d’Imperatriz ont émis ou seraient à préparer une note de solidarité à l’avocat Agostinho Noleto ».(Doc.26 et 27)

Le même jour, Pe Victor Asselin reçoit par courrier la photocopie d’une pétition signée par quelques cursilhistes d’Imperatriz hypotéquant leur solidarité sans limite au Dr Agostinho Noleto. Le document est daté du 8 juin et nous sommes le 22 juillet.(Doc.8)

21a.Le 23 juillet, Pe Victor en réponse a Agostinho Noleto, réfute les arguments de l’auteur de l’action de diffamation (Doc. 28)

22.Le Dr Osvaldo de Alencar Rocha, em date du 25 juillet, envoie un document au « Jornal de Hoje » de São Luis, demandant de rectifier les déclarations qui lui ont été attribuées et qu’il n’a jamais dit au reporter « que le livre est une aide inéquivoque à l’opposition du Maranhão mais bien que le livre est une contribution à l’histoire vraie de ce pays ». De plus il dit que « si Agostinho Noleto est une personne respectable, il ne peut pas dire la même chose de ceux qui l’appuient. » (Doc. 29)

23.Le 27 juillet, un prêtre a rencontré sur une place publique de la ville de São Luis un individu étrange et suspect à la recherche du Pe Victor. Pour ce motif, il a avisé l’intéressé.

24.Ce même jour, Marcos Dantas prononçe une conférence sur « Carajás » au salon paroissial situé en face de la place publique Notre Dame de Fátima à Imperatriz et au débat, après la conférence, Agostinho Noleto suscite la question de « l’impasse qui a surgi entre lui, Agostinho, et le padre Victor Asselin »(Journal « O Progresso », Imperatriz, 28.07,82- Doc. 30)) Le journaliste écrit qu’Agostinho «a démontré son désenchantement devant le fait que la Commission Justice et Paix du diocèse d’Imperatriz et son évêque ne se sont pas manifesté en sa faveur.»

25. «O Progresso» quotidien d’Imperatriz, publie dans son édition du 1er août une note de la Comission Justice et Paix s’insurgeant spécialement contre le fait que la Commission Justice et Paix de São Luis a dénoncé l’existence des menaces faites au Pe Victor (le président de la CJP d’Imperatriz est Agostinho lui-même)(Doc. 31)

26.Le 2 août, un Coronel non identifié se rend chez les éditions Paulines à São Luis pour prendre le livre sobre « Grilagem » qu’il avait réservé et communique que le livre avait déjà été recueilli des librairies du pays.

27.Le 3 août, à la demande de Dom Alcimar Magalhães, évêque de Carolina-Imperatriz, se réalise à São Luis une réunion des membres de la Commission Justice et Paix de São Luis et ceux de la même comission d’Imperatriz. L’évêque d’Imperatriz, Agostinho Noleto et Pe Victor Asselin y participent.

Agostinho, dès le début de la réunion exige que l’on ne discute pas le sujet du livre parce qu’ « il ne l’a jamais contesté » (sic), ni les lettres écrites par lui et ni la dénonciation-crime mais uniquement la menace. L’Assemblée manifeste son désaccord car elle perçoit qu’il y a un objectif bien évident de dévier l’objectif de la réunion. »

Les intérêts entre Agostinho et l’Assemblée sont manifestement opposés de sorte qu’aucun accord n’est possible. La réunion servit tout de même pour éclaircir définitivement les implications politiques qui se cachent derrière le désir insistant d’Agostinho d’obtenir un appui de l’Église d’Imperatriz. Ses déclarations sont significatives et s’étant lui-même démoralisé, sort de l’enceinte, rapidement, sans saluer aucun des participants. Le lendemain de cette réunion, Pe Victor envoie une lettre à Dom Alcimar, évêque d’Imperatriz (Doc. 32)

28. Le 9 août, à l’horaire des nouvelles du matin, on écoute à la « Radio National » de Brasília, que Pe Victor est à articuler des groupes de São Luis et de Imperatriz en vue d’empêcher l’évêque d’Imperatriz de donner son appui à Agostinho.

29. Les 11 et 12 août Pe Victor reçut divers téléphones muets et le dernier enregistré, au cours de ce mois, fut le 15 août à 5 heures du matin.

30.Au sujet du procès criminel de diffamation, diverses audiences furent marquées par le juge mais l’auteur de l’Action, Agostinho Noleto, ne s’est jamais présenté. Ainsi, le 6 juin 1984, le juge Carlos Alberto Botelho Barbosa jugea prescrita l’action  et éteinte la punibilité. (Doc. 33 et 34)

31. ANNEXES – Suivent quelques informations, entrevues et articles de revue sur les problèmes des terres et des agriculteurs au nord du Brésil, en particulier prenant comme ligne de fond la publication du livre « Grilagem … » (Documents 36 à 45)

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Analyse…

Nous sommes en 1982. C’est une année électorale. À Imperatriz, le groupe Sarney élabore un plan politique qui, comme d’habitude, est insidieux. Par exemple, on convoque des électeurs du parti au pouvoir à s’affilier aux partis d’opposition. C’est ainsi que des politiciens comme le Dr Fiquene et Davi Alves conservent leur filiation au parti du pouvoir (PDS) et que leur allié le Dr Agostinho Noleto, s’affilie au parti d’opposition. Le pouvoir veut amplifier son influence dans la région. Ce sont des figures complices dans le vol des terres de la région.

En avril 1982, l’Éditeur Vozes publie le livre « Grilagem, corruption et violence dans les terres de Carajàs ». Cette publication est une dénonciation du problème de la grilagem dans la région et de ses auteurs. Fiquene, Davi Alves et Agostinho sont des figures clés dans cette question. Comment sera-t-il possible pour Agostinho de conserver son affiliation au parti d’opposition qui défend la réforme agraire avec la dénonciation de sa complicité dans la grilagem des terres ? Comment sera-t-il possible de conserver sa candidature au Sénat pour le parti d’opposition ? La publication du livre eut l’effet de démasquer le projet politique de la région d’Imperatriz : le président du parti d’opposition – PMDB- refuse la candidature de Agostinho et du même coup empêche la tentative d’instrumentaliser les Églises. En effet, Agostinho est responsable de deux mouvements importants dans l’Église locale, à savoir le Cursilho et la Commission Justice et Paix et par lui on imaginait aller chercher les votes des électeurs des pratiquants des Églises.

On ne s’est pas donné pour vaincus. Il fallait donc prendre des mesures face à l’événement. Dans un premier moment Agostinho et ses partisans exercent une pression sur l’auteur du livre pour le forcer à nier les dénonciations contenues dans la publication : une première lettre de menaces de l’avocat Agostinho, les notes d’appuis de l’Ordre des Avocats-Imperatriz et du Clubs des Lions et la simulation d’un mouvement d’appui à Imperatriz en faveur d’Agostinho. Pe Victor demeure ferme. On ouvre alors un procès de diffamation et on multiplie les menaces de diverses natures dans une tentative de négocier le silence. Il fallait forcer un appui significatif en faveur de Agostinho par l’intermédiaire de l’Évêque et des divers mouvements.

La réponse fut donnée : personne n’a peur du procès; quant aux menaces, Pe Victor demande garantie de vie; face au pseudo-appui à la faveur d’Agostinho, des groupes, mouvements et paroisses de São Luis donnent leur appui sans restriction au Pe Victor et l’êvêque d’Imperatriz, récemment arrivé dans la région, demande un temps de réflexion avant de se manifester.

La malice du groupe augmenta. N’obtenant pas la rétractation et le silence et craignant grand préjudice pour la campagne électorale, on dévie le vrai problème en simulant l’existence d’une division entre l’Église de São Luis et l’Église d’Imperatriz. C’est alors que, sans le consentement des autorités de l’Église de cette ville, un article de la Commission Justice et Paix d’Imperatriz dénonçe la position de la Commission Justice et Paix de São Luis. L’article est publié dans le journal d’Imperatriz. De plus, en utilisant la Radio National, on accuse l’auteur du livre de manigancer des articulations de groupes d’Imperatriz et de São Luis en vue d’exercer une pression sur l’évêque de l’Église d’Imperatriz pour l’empêcher de donner son appui à Agostinho.

Tout fut démasqué. Le 3 août, les membres des Commissions Justice et Paix du diocèse d’Imperatriz et de l’Archidiocèse de São Luis se réunirent avec la présence de l’évêque, d’Agostinho Noleto et du Pe Victor Asselin. Résultat : le groupe politique n’a rien gagné et Agostinho Noleto en est sorti passablement affaibli. Les journaux de tous les partis politiques des deux villes ont exigé le silence. Les téléphones et les lettres anonymes cessèrent; les menaces ont disparues et l’auteur du procès désista de la cause de sorte que le 6 juin 1984 le juge Carlos Alberto Botelho Barbosa jugea périmée l’action et, conséquemment, « extinta a punibilidade »

Drummondville, 22 juin 2013

Victor Asselin, ptre

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