La communauté chrétienne. Crois-tu au changement ?

La communauté chrétienne. 

 Crois-tu au changement ?….

            « L’événement Jésus » se situe à une époque de domination et d’exploration. Il naît à Bethléem, grandit et mûrit à Nazareth dans un milieu simple. Il prend conscience de l’exploitation de son peuple. A l’exemple de Moïse il entend l’appel de son Père : « J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte. J’ai entendu son cri… oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer… » (Ex. 3,7-8)

Pour réaliser la MISSION, Jésus accepte l’appel de son Père et, même au prix de sa vie, il s’engage à la libération de son peuple et annonce donc aux pauvres la Bonne Nouvelle du Royaume. Il se fait solidaire et se met au service de la fraternité. Son message n’a pas plu à tous. On s’attendait tout simplement à un revirement de situation, c’est-à-dire que les juifs prennent la place des romains, mais Jésus ne l’entendait pas ainsi. Il voulait un changement radical: UN PEUPLE FRERE ET SERVITEUR, un peuple solidaire. C’est ici que le Père est venu montrer de quel côté il était. Il s’est servi de son pouvoir créateur et a ressuscité Jésus.

Et le projet de Jésus continue

Les premiers chrétiens, se servant du même pouvoir, se sont organisés en petites communautés. (Ac. 2, 42-44)

« Vous êtes une lettre du Christ remise à nos soins, écrite non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non, sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les coeurs. » (2 Cor. 3,3)

« Notre lettre, c’est vous, une lettre écrite en nos coeurs, connue et lue par tous les hommes » (2 Cor. 3,2)

C’est dans la vie communautaire des premiers chrétiens, soutenue par la foi en Jésus vivant au milieu d’eux qu’est apparu le signe clair du projet du Père. Ce signe explicite l’appel d’Abraham et la libération du peuple d’Égypte.

L’exemple d’Emmaüs 

Emmaüs nous fait vivre l’expérience de la résurrection, vécue en communauté. Elle fut le grand éclair qui a permis aux yeux de voir. Quand les deux disciples marchaient sur le chemin avec Jésus, ils ne le reconnaissaient pas. Il manquait la lumière dans leurs yeux. Il manquait l’expérience de la résurrection. Quand ils le reconnurent à la fraction du pain, Jésus disparut car, à ce moment, Jésus était entré en eux et eux-mêmes ressuscitèrent. Ils ont vaincu leur manque d’ardeur et retournèrent à Jérusalem, lieu où se trouvaient les pouvoirs          qui avaient tué Jésus et, en conséquence, avaient tué en eux l’espérance. Mais ils ne les craignaient plus. En eux était entré une force plus grande, une force de vie qui vainc la mort.

Jésus, en marchant avec les deux disciples a dialogué et écouté avec patience. Il a mangé, prié et posé des gestes bien concrets d’amitié. C’est le climat de la communauté où on vit comme des frères et des soeurs. C’est là que se fait l’expérience de la résurrection du Christ vivant au milieu de nous.

En créant le climat de dialogue, Jésus a amené les deux disciples à parler des problèmes de la vie. C’est ainsi qu’est apparu la tristesse, le manque de motivation, la frustration, la fausse espérance, la décision de condamner Jésus, la croix et la mort, la conversation des femmes, l’incapacité des deux de croire dans les petits signes d’espérance. En somme il a amené à parler de toutes les souffrances et, en particulier, des difficultés de chaque jour …

C’est en dialoguant avec eux (donc en communauté) que Jésus s’est servi de la Bible non pas pour l’interpréter et pour enseigner mais pour interpréter les faits de la vie et leur redonner espérance. Il a réfléchi avec eux en leur faisant voir qu’ils n’avaient pas raison dans leur manière d’expliquer les faits et leur a prouvé, à la lumière de la Parole, que les faits n’échappaient pas à la main de Dieu. Il s’est servi de la Bible non pas pour l’enrichir de quelques belles idées mais pour susciter un changement radical: la peur devient courage; le désespoir devient espérance; le fuite devient engagement; la séparation devient rencontre; la mort devient vie.

En conclusion

La vie communautaire vécue dans la foi en la Résurrection de Jésus est comme la caisse de résonnance d’une guitare. Sans elle, les cordes des paroles bibliques ne produisent pas la musique de Dieu dans le coeur du lecteur ou de la lectrice. Cette caisse de résonnance se crée :

- en créant un climat d’ouverture entre les personnes;

- en essayant de comprendre à partir de celui qui souffre et qui cherche à se libérer;

- en vivant en petit groupe car le message de foi ne peut être capté et compris qu’en communauté;

- en ayant la conviction que Dieu nous parle dans l’histoire de la communauté et du peuple;

- en prenant le temps de prier, de célébrer et de partager …

Quand la vie communautaire s’enracine dans la réalité et qu’elle s’appuie sur la Parole le miracle du changement se réalise. Les disciples d’Emmaüs découvrent la force de la Parole de Dieu présent dans les faits, commencent à la pratiquer et tout se transforme: les yeux s’ouvrent, la croix devient signe de vie et
d’espérance, la crainte disparaît, le courage réapparaît, les personnes s’unissent, commencent à partager entre elles leur expérience de résurrection. Comme pour les disciples d’Emmaüs on découvre que tout commence au moment où Jésus parle…

Drummondville, 28 novembre 2012

Victor Asselin, ptre