La communauté chrétienne. Crois-tu au changement ?

La communauté chrétienne. 

 Crois-tu au changement ?….

            « L’événement Jésus » se situe à une époque de domination et d’exploration. Il naît à Bethléem, grandit et mûrit à Nazareth dans un milieu simple. Il prend conscience de l’exploitation de son peuple. A l’exemple de Moïse il entend l’appel de son Père : « J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte. J’ai entendu son cri… oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer… » (Ex. 3,7-8)

Pour réaliser la MISSION, Jésus accepte l’appel de son Père et, même au prix de sa vie, il s’engage à la libération de son peuple et annonce donc aux pauvres la Bonne Nouvelle du Royaume. Il se fait solidaire et se met au service de la fraternité. Son message n’a pas plu à tous. On s’attendait tout simplement à un revirement de situation, c’est-à-dire que les juifs prennent la place des romains, mais Jésus ne l’entendait pas ainsi. Il voulait un changement radical: UN PEUPLE FRERE ET SERVITEUR, un peuple solidaire. C’est ici que le Père est venu montrer de quel côté il était. Il s’est servi de son pouvoir créateur et a ressuscité Jésus.

Et le projet de Jésus continue

Les premiers chrétiens, se servant du même pouvoir, se sont organisés en petites communautés. (Ac. 2, 42-44)

« Vous êtes une lettre du Christ remise à nos soins, écrite non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non, sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les coeurs. » (2 Cor. 3,3)

« Notre lettre, c’est vous, une lettre écrite en nos coeurs, connue et lue par tous les hommes » (2 Cor. 3,2)

C’est dans la vie communautaire des premiers chrétiens, soutenue par la foi en Jésus vivant au milieu d’eux qu’est apparu le signe clair du projet du Père. Ce signe explicite l’appel d’Abraham et la libération du peuple d’Égypte.

L’exemple d’Emmaüs 

Emmaüs nous fait vivre l’expérience de la résurrection, vécue en communauté. Elle fut le grand éclair qui a permis aux yeux de voir. Quand les deux disciples marchaient sur le chemin avec Jésus, ils ne le reconnaissaient pas. Il manquait la lumière dans leurs yeux. Il manquait l’expérience de la résurrection. Quand ils le reconnurent à la fraction du pain, Jésus disparut car, à ce moment, Jésus était entré en eux et eux-mêmes ressuscitèrent. Ils ont vaincu leur manque d’ardeur et retournèrent à Jérusalem, lieu où se trouvaient les pouvoirs          qui avaient tué Jésus et, en conséquence, avaient tué en eux l’espérance. Mais ils ne les craignaient plus. En eux était entré une force plus grande, une force de vie qui vainc la mort.

Jésus, en marchant avec les deux disciples a dialogué et écouté avec patience. Il a mangé, prié et posé des gestes bien concrets d’amitié. C’est le climat de la communauté où on vit comme des frères et des soeurs. C’est là que se fait l’expérience de la résurrection du Christ vivant au milieu de nous.

En créant le climat de dialogue, Jésus a amené les deux disciples à parler des problèmes de la vie. C’est ainsi qu’est apparu la tristesse, le manque de motivation, la frustration, la fausse espérance, la décision de condamner Jésus, la croix et la mort, la conversation des femmes, l’incapacité des deux de croire dans les petits signes d’espérance. En somme il a amené à parler de toutes les souffrances et, en particulier, des difficultés de chaque jour …

C’est en dialoguant avec eux (donc en communauté) que Jésus s’est servi de la Bible non pas pour l’interpréter et pour enseigner mais pour interpréter les faits de la vie et leur redonner espérance. Il a réfléchi avec eux en leur faisant voir qu’ils n’avaient pas raison dans leur manière d’expliquer les faits et leur a prouvé, à la lumière de la Parole, que les faits n’échappaient pas à la main de Dieu. Il s’est servi de la Bible non pas pour l’enrichir de quelques belles idées mais pour susciter un changement radical: la peur devient courage; le désespoir devient espérance; le fuite devient engagement; la séparation devient rencontre; la mort devient vie.

En conclusion

La vie communautaire vécue dans la foi en la Résurrection de Jésus est comme la caisse de résonnance d’une guitare. Sans elle, les cordes des paroles bibliques ne produisent pas la musique de Dieu dans le coeur du lecteur ou de la lectrice. Cette caisse de résonnance se crée :

- en créant un climat d’ouverture entre les personnes;

- en essayant de comprendre à partir de celui qui souffre et qui cherche à se libérer;

- en vivant en petit groupe car le message de foi ne peut être capté et compris qu’en communauté;

- en ayant la conviction que Dieu nous parle dans l’histoire de la communauté et du peuple;

- en prenant le temps de prier, de célébrer et de partager …

Quand la vie communautaire s’enracine dans la réalité et qu’elle s’appuie sur la Parole le miracle du changement se réalise. Les disciples d’Emmaüs découvrent la force de la Parole de Dieu présent dans les faits, commencent à la pratiquer et tout se transforme: les yeux s’ouvrent, la croix devient signe de vie et
d’espérance, la crainte disparaît, le courage réapparaît, les personnes s’unissent, commencent à partager entre elles leur expérience de résurrection. Comme pour les disciples d’Emmaüs on découvre que tout commence au moment où Jésus parle…

Drummondville, 28 novembre 2012

Victor Asselin, ptre

Sou político… Faço política…

             Alguns anos atrás num Seminário sobre Fé e Política realizada na cidade de Balsas, Dom Pedro Casaldáliga numa de suas observações afirmava sem medo de errar : “Satanizamos a política a ponto de todo mundo se afastar dela”. Porém é a missão mais nobre por ser a essência de todo ser humano. Em consequência dessa situação, muitas pessoas inescrupulosas se apoderaram da fragilidade do povo para satisfazer seus interesses próprios.

            Quantas pessoas até amigos me dizem : “você não deve fazer política”…. “não se meta na política”, “afasta-ti do meio político” e assim em diante. Respondo : faço político…. Farei política e o dia em que me afastarei dela será o sinal que deixei de ser discípulo de Jesus Cristo. O ato de nascer é um ato político, o ato de crescer é um ato político, o ato de se relacionar é ato político, o ato de respeitar o meio ambiente é ato político. O fato de ser FELIZ é o resultado de uma prática política verdadeira.  Sou político porque sou apaixonado pelo bem-estar dos outros; sou político porque detesto as injustiças; sou político porque luto contra os parasitas do poder ; sou político porque o meu compromisso é com a defesa da criação, obra do Criador; sou político porque acredito que as mudanças partem dos mais pobres; enfim sou político porque acredito que é na solidariedade profunda do ser humano que se manifestará o verdadeiro PODER.

            A participação à vida política é um dever permanente de todo cidadã e cidadão que vai além de campanhas eleitorais. É a busca permanente do BEM COMUM, dando prioridade aos mais favorecidos e lutando para conquistar direitos. Deus sabe como é um projeto de longo prazo. A dependência marca ainda nossa cultura. Minha experiência atual me ensina que o povo de fora obriga muitas vezes o político a ser um explorador e um corrupto. A resistência é essencial. Resolver as situações com o “jeitinho brasileiro” se aproxima muitas vezes da justificativa da corrupção. Como ser humano somos chamados a dar preferência em nossa vida áqueles e àquelas que tem sua vida mais ameaçada.O BEM COMUM é “o conjunto de condições sociais qui permitem tanto aos grupos quanto a cada um dos seus membros de atingir a perfeição de maneira total”.

            Animado por este espírito estamos realizando na cidade de Balsas um trabalho de ordenamento do solo urbano a partir das periferias. Em nossa cidade, há anos criou-se um caos. São António deu, no passado, suas terras ao domínio público, sem dúvida para que fosse partilhada entre todos os seus moradores. Não foi o caso e, por isso, no decorrer dos anos tornaram-se objeto de especulação e de injustiça social favorecendo uns poucos e desprezando a maioria. O pior é que, em grande parte, houve initiativa e cumplicidade do poder público e de seus funcionários. Graças a Deus, está se iniciando um trabalho de conquista do direito à terra. Apoiados pelas autoridades executivas e judiciarias, o povo da periferia tem oportunidade de se organizar e ter acesso a um pedaço de chão. Diz-se : não é um FAVOR, é um DIREITO.

            Essa palavra é como um grito que sai de minha boca diante de tantas inertias e omissões mas ela é também uma ESPERANÇA, pois das initiativas despercebidas e frágeis nascerá um “NOVO CÉU” e uma “NOVA TERRA”.

                                                                         Victor Asselin

Transmettre la foi ou accueillir la foi ?

 

            J’ai lu et relu divers documents. J’en arrive à la conclusion que ce n’est pas facile de « faire le deuil » du modèle d’Église dans lequel nous sommes nés et avons grandi. La tendance est toujours très forte de présenter une nouveauté dans la manière de faire au lieu de s’engager à bâtir le NEUF d’une manière d’être. Voici quelques réflexions qui me viennent. Elles surgissent surtout des deux lectures : le livre de Le Gendre et le texte de Gilles Routhier.

            Le plus grand défi de l’Église actuelle est de se re-situer dans le monde, dans l’œuvre de la Création, dans l’Univers du monde canadien et québécois.  C’est ce à quoi le Concile Vatican II invitait : L’Église dans le monde (Gaudium et Spes), unique manière de sortir du modèle de la chrétienté « Hors l’Église, point de salut ». Nous sommes donc appelés à nous situer d’abord dans le monde et non dans l’Église. C’est le tournant à prendre. Le point de départ de la réflexion et de l’action ne peut pas être l’Église. Il y a des années que nous nous obstinons à réaménager les églises au lieu de nous laisser interroger par le monde. Ainsi la crise perdure. Jamais, au grand jamais, la nouvelle manière d’être Église naîtra de nouvelles manières de réorganiser ou de réaménager. Persister dans une telle illusion justifie le retrait de plus en plus des chrétiens et chrétiennes. Cette illusion ne nourrit pas l’Espérance que les gens d’aujourd’hui ont besoin. 

« L’Église ne sortira pas de son anémie si elle se focalise sur ses difficultés internes

mais si elle se préoccupe résolument et en priorité des difficultés du monde, si elle

manifeste qu’elle les comprend, si elle prouve qu’elle se met à son service ». (O. Le

Gendre, op. cit. p. 48)

Raison pour laquelle l’Église est missionnaire et la MISSION donne priorité  à ce qui est extérieur à elle-même.

« …c’est au moment des difficultés qu’il faut « investir » vers l’extérieur. S’il

est moins dramatique de se laisser aller à un certain relâchement dans les périodes

fastes, c’est au moment des difficultés qu’il faut retrouver la clarté de ses raisons

d’être et les affirmer avec plus de force ». (Ibid., p. 49)

            La catéchèse est une activité interne à l’Église. Pour cette raison, elle ne peut pas être une piste de solution à la crise actuelle. Ce n’est pas que la catéchèse ne soit pas importante pour les communautés chrétiennes mais c’est qu’elle est une activité d’ordre pastoral et non de l’ordre de la MISSION. Ce qui me semble sérieux c’est qu’on opte pour une nouvelle manière de faire la catéchèse sans avoir fait le tournant qui s’impose et, en conséquence, on utilise la catéchèse comme nouveau moyen de réaménager. Pour rebâtir une nouvelle manière d’être, l’Église se doit de sortir d’elle-même pour « retrouver la clarté de ses raisons d’être » comme dit Le Gendre. Tant qu’elle gardera cette distance avec le monde et tant qu’elle ne se perdra pas dans le monde, sa lucidité est fortement compromise.

            Il est donc clair qu’on est encore loin de « faire le deuil » du modèle qui est devenu insignifiant et inefficace. C’est encore Le Gendre qui poursuit :

            « … l’organisation de l’Église, son fonctionnement, ses habitudes, sa manière de se gouverner ont été façonnés par l’époque où il existait un Occident chrétien. Prendre

acte que celui-ci n’existe plus est d’abord difficile à admettre et aboutit ensuite à

devoir repenser l’organisation, le fonctionnement, les habitudes et les manières de

gouverner ». (Ibid., p. 31)

« Ce deuil passe par plusieurs étapes.

La première est de comprendre que la réalité en effet a changé, qu’il n’est plus

possible de faire comme avant…

La deuxième est d’admettre que si certaines officines ont un véritable projet de

déstabilisation de l’Église, elles sont elles-mêmes poussiéreuses et sans grand avenir…

La troisième est d’accepter que la période soit en effet très difficile…

La quatrième est de montrer combien cette époque peut être riche si son instabilité

aboutit à ce que les chrétiens se sentent libres d’inventer de nouvelles manières d’être

fidèles. » (Ibid. p. 34)

            Transmettre la foi chrétienne nous semble encore la finalité de l’Église ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Que veut dire « transmettre la foi » quand nous sommes appelés à bâtir un monde où Dieu aura sa place ?  N’est-ce pas donner une collaboration inspirée par les valeurs retrouvées dans le message de Jésus ? Saint Paul rappelle que le monde est déjà en état de gestation. Qui sommes-nous alors pour transmettre, pour donner la foi ?

            Puisque nous avons de la difficulté à « faire le deuil » du modèle d’Église , ne serait-il pas bénéfique de faire des exercices de SORTIES : sortir de soi, sortir de son Église, sortir de sa communauté  pour aller à la rencontre de l’autre dans un exercice de communion ? Dans ce sens, la catéchèse des enfants pourrait engendrer quelque chose de nouveau dans la manière d’être. Par exemple, au lieu d’enseigner les vérités de la religion chrétienne, pourquoi ne pas amener les enfants dans un quartier plus pauvre ou encore dans un foyer de personnes âgées ou encore dans un magasin partage ou dans une maison d’accueil où logent des personnes handicapées ou bien encore en pleine nature pour exercer la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher et le goûter ? Quand Dieu a appelé Moïse, il lui disait : « J’ai vu la misère de mon peuple … j’ai entendu son cri … Oui je connais … et je suis descendu… » Et, au retour, faire l’exercice de la découverte des divers visages de Dieu et des visages qui le détruisent.  Il est bien certain qu’il faudra renoncer à l’enseignement logique et complet ! La semaine dernière je rencontrais un groupe de missionnaires de rue du quartier – réunion pleine de découvertes et d’espérance – et, dans le partage, quelqu’un racontait : « nous n’avons pas de réponse à donner et ni l’autre n’a de réponse à nous donner mais Dieu nous prend par surprise car il dit son visage ».

            L’exercice de la SORTIE nous apprend à lire les événements, à écouter Dieu et à accueillir sa RÉVÉLATION, aujourd’hui. Cet exercice commence par les sens externes. C’est ce qui amenait Dieu dire à Moïse : « Oui, je connais …» . En travail d’Église, souvent nous savons sans même avoir pris le temps de voir, d’écouter,  de sentir, de toucher  et de goûter. Quelle belle expérience à faire !

            Je me suis longuement attardé sans trop savoir si je me suis fait comprendre. Je peux résumer en ceci : il y a des choses simples qui redynamiseraient  et transformeraient radicalement notre Église alors que nous compliquons les choses. Ce ne sont pas des livres nouveaux de catéchèse, de l’argent neuf, des nombreux catéchètes etc… qu’il faut mais une SORTIE pour prendre un  bon bain dans notre monde. Écoutons-nous les personnes qui sont SORTIES ? Avons-nous peur de les écouter ?

Drummondville, 8 décembre 2012

                                                                       Victor Asselin

Que tes oeuvres sont belles !

            Le Brésil vient de terminer ses élections municipales. Plus de 5.500 municipalités. Une législation électorale moderne, une technologie de premier monde. Avec les urnes électroniques, deux heures après la fermeture des bureaux de scrutin, le résultait était annoncé dans toutes ces municipalités. Quelle différence avec le temps où on attendait des heures pour passer aux douanes à notre arrivée à Belém ! Cette modernité et cette technologie n’a cependant pas corrigé toutes les manigances de corruption. On a simplement réussi à faire l’achat des votes de façon plus sophistiquée. 

            São Luis a élu son maire au deuxième tour de scrutin. D’un côté, un ex-gouverneur de l’État et de l’autre côté, un jeune juge fédéral qui a laissé, il y a deux ans,  sa carrière pour devenir politicien. Élu député fédéral, il se présentait cette année à l’élection de la mairie de São Luis. L’ex-gouverneur, João Castelo, a gagné les élections.

            Que dire des résultats de l’élection au Maranhão ? En 2006, on élisait Jackson Lago au poste de gouverneur. Un premier pas pour mettre fin au règne de Sarney. Mais la situation continuait difficile car les bases construites durant ces 40 ans étaient et sont encore solides. Les élections municipales étaient importantes pour vérifier si la population voulait continuer le changement ou revenir en arrière. Le changement a été confirmé car la majeure partie des maires élus viennent renforcer le gouverneur qui ouvre de plus en plus les portes pour une nouvelle manière d’administrer. On commence à prendre au sérieux les conquêtes obtenues par l’organisation de la population des gens durant la dictature militaire et confirmées dansla ConstitutionFédéralequi fêtait ses 20 ans d’existence le 6 octobre dernier.

            Quelle fête ! Pour la première fois de toute son histoire, le Brésil fête 20 ans de pratique démocratique. Jamais le pays n’avait réussi à vivre 20 ans de suite de démocratie. Nous sommes donc à collaborer à la construction d’un système démocratique basé sur la participation et l’éducation à la citoyenneté.

           La Constitutionde1988 aouvert une perspective de régime démocratique oû le pouvoir du peuple sera exercé d’un côté par les représentants élus et d’un autre côté, exercé directement par les citoyens. C’est la grande nouveauté : les citoyens et les représentants du pouvoir public, organisés en CONSEILS, administrent ensemble la municipalité, l’État etla Fédération. Onappelle cela une démocratie à deux bras : celui des citoyens et celui du pouvoir public. Même sila Constitutiona 20 ans, le travail vient á peine de commencer. Ça prend du temps pour effectuer un changement.

            C’est dans cette perspective que nous travaillons actuellement. Une éducation pour que les autorités, habitués à centraliser le pouvoir, apprennent à travailler avec les gens du peuple et pour que les gens du peuple, habitués à vivre leur condition de dépendance, deviennent des acteurs dans la construction du pays. Le peuple a toujours remis la solution de ses problèmes dans les mains d’un sauveur et les autorités ont toujours centraliser le pouvoir et maintenu le peuple dans la dépendance. Mettre ensemble un maire et ses conseillers avec les gens pour prendre ensemble les décisions concernant les politiques d’une municipalité ou d’un État exige beaucoup de patience. C’est le visage nouveau à construire.

            Heureusement le gouverneur actuel est un « Fan » de cette perspective et non seulement permet qu’elle se réalise mais l’appuie et crée les conditions pour qu’elle advienne. Il vient de réunir 183 maires des 217 de l’État pour leur faire la proposition de la « municipalization », ce qui implique décentralisation non seulement des décisions mais aussi de l’administration de l’argent public. Nous avons la conviction que la participation des gens à l’administration est la solution au problème de la corruption.

            Pour ma part, actuellement je travaille à temps plein, à la création des Conseils Municipaux et de l’État, spécialement les conseils en lien avec le développement rural et avec la sécurité publique. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté la responsabilité de Conseiller au Ministère de l’Agriculture, secteur des projets spéciaux de l’État et au Ministère dela SécuritéPublique.

            C’est un travail passionnant car il donne la conviction d’aider les gens à prendre conscience qu’il n’y a pas de plus grand pouvoir que celui de sa dignité. Travailler à développer la qualité de citoyen et de citoyenne est sûrement un bon chemin pour reconnaître la beauté dela Créationet de la richesse de son Créateur.

                                                           Victor Asselin

Sao Luis, 28 octobre 2008

À quem interessa

        

À  quem  interessa? *

         No dia 5 de maio terminaremos a volta aos diversos municípios da diocese. “Políticas Públicas” foi o tema dos diversos mini-congressos municipais e paroquiais. As equipes locais de acordo com o objetivo que deram ao mini-congresso, determinaram a sua duração e a natureza dos participantes. Assim sendo, houve em certos municípios, encontro, tipo Assembléia Popular e em outros lugares, encontro de formação de liderança. É o que explica, em grande parte, a freqüência variada nos diversos municípios como, por exemplo,  “Feira Nova” reuniu mais de 200 participantes e Pastos Bons congregou 40 representantes de diversas entidades do município. Mais de mil pessoas terão participado do estudo sobre “Políticas Públicas”

         A experiência merece ser avaliada e aprofundada pois permitiu um contato, embora breve, com diversas situações que levantaram interrogações sobre o caminhar da Igreja Local e sobre a formação de sua liderança. “Nossa vista clareou…” cantava-se…  A PARTICIPAÇÃO é mesmo o sinal visível da qualidade de CIDADÃO e de CIDADÃ.

         Uma grande descoberta : “Todo PODER vem do POVO…” Esse “poder” é inerente à pessoa humana e não se entrega para ninguém. Trata-se da DIGNIDADE de todo ser humano. Não foi o que justificou a passagem de Jesus no mundo, obra do Pai ?  FÉ e POLÍTICA são feitas para andar juntas pois as duas devem procurar a felicidade de todos.

         Andando de município em município comprovou-se a urgência de POLITIZAR a ação pastoral atual da Igreja e de DESATANIZAR a política. Sentimos, com este despertar, a entusiasmo de muitos e o desejo de engajamento de outros. Cuidar do Mundo é cuidar de Deus.

         Outro fato revelador é que a reflexão ajudou a entender melhor a realidade de cada lugar, a discernir o seu caminhar e a fazer nascer um tipo de celebração expressiva de uma mística cheia de Esperança. Uma criatividade que merece destaque !

         No final de cada encontro sentiu-se o desejo de continuar. Houve este apelo em alguns municípios. A necessidade de formação é grande a nível da liderança da Igreja assim como para os conselheiros, vereadores, dirigentes de movimentos e associações e funcionários municipais. Uma Igreja FERMENTO, SAL, LUZ ?  É possível sonhar ?

                                                                                   Victor Asselin

* Balsas é uma diocese ao sul do Estado do Maranhão, norte do Brasil. No período de fevereiro-maio 2002, uma equipe da Igreja de Balsas visitou os 18 municípios de sua diocese e realizou neles mini-congressos em preparação à sua participação ao Congresso do Estado do Maranhão, organizado pela Conferência Nacional dos Bispos do Brasil, Nordeste 5, tendo por tema “POLÍTICAS Públicas”.

BRÉSIL – L’Église et les questions de politique agraire au Maranhão, Brésil – 2e et 3e parties

 

BRÉSIL – L’Église et les questions de politique agraire au Maranhão, deuxième et troisième parties

Victor Asselin

lundi 1er février 2010, mis en ligne par Dial

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Victor Asselin, prêtre missionaire au Brésil, revient, dans cette conférence prononcée à São Luis do Maranhão en octobre 2008, sur l’histoire de l’engagement de l’Église aux côtés des sans-terre. Ce texte, qui est celui d’un acteur et d’un témoin, a été publié en portugais (Brésil) sur AlterInfos-DIAL, le 10 août 2009. Nous avions publié le mois dernier la traduction française de la première partie. En voici les deuxième et troisième parties.


Deuxième partie – La lutte contre la pratique de la falsification de documents (grilagem)
La terre, champ d’action pour les communautés ecclésiales de base

La terre, la lutte pour la terre ou plus exactement la lutte contre le grilagem [1] a marqué la vie des CEB. Avec la Commission pastorale de la terre, les chrétiens et chrétiennes du monde rural avaient trouvé le moyen de définir leur identité, le visage paysan de l’Église dans le Maranhão, comme nous l’avons déjà indiqué. En ville il y eut une lutte semblable avec l’occupation du terrain urbain. São Luis est une île. Dans une île on n’envahit pas, on occupe le terrain.

1.- Un rappel

« Le 21 avril 1500, quand les Portugais arrivèrent ici, le pays qui allait s’appeler Brésil perdit l’autonomie de son territoire et le processus de grilagem commença.

« … La loi sur la terre (Loi 601 de 1850) a mis la terre en captivité – ici les terres n’étaient pas et ne sont pas libres, mais captives » écrivait José de Souza Martins [2]. Et il continuait : « Quand, le 31 mars 1964 ont changé les maîtres du pouvoir, s’est ouverte une nouvelle étape de falsification des documents de propriété de la terre. » [3]

Le grilagem au Maranhão doit être compris en sachant qu’il s’agit d’un problème structurel, planifié et encouragé.

2.- Quelques données historiques

Dès les années 30 s’était dessiné un plan d’intégration du nord de l’État de Goiás, aujourd’hui le Tocantins, à partir d’Anapolis. Dans les années 40, le projet de colonie agricole nationale de Goiás à Ceres, ouvert par l’Institut national d’immigration et de colonisation (INIC) – devenu ensuite SUPRA, INDA, IBRA et INCRA – devint une cible des faussaires dans le nord du Goiás, au sud du Pará et dans la région tocantine, Carolina, Estreito et Imperatriz. Dans les années 50 ce fut la construction de la nouvelle capitale, Brasilia et de la route Belém-Brasilia.

Que représentait Imperatriz au début du XXe siècle ? Fondée en 1852, elle fut élevée à la catégorie de ville en 1924. En 1950 elle comptait 1 152 habitants et, en 1960, 4 137 habitants. Et qu’en était-il de Santa Luzia do Tide (Clotilde) à la même époque ? Il existait des implantations très anciennes sur les rives du rio Zutiuá, mais Santa Luzia fut créée en 1951 par trois paysans venus de Pirapemas. Elle devint un village en 1959.

3.- Les grands changements et l’accaparement frauduleux des terres

Un changement radical se préparait dans toute cette région. Les terres du Maranhão qui avaient été attribuées (captives comme le disait José Martins) étaient convoitées par les représentants des intérêts de São Paulo, du Triangle de Minas Gerais et de l’État de Goiás. Les fraudes se multiplièrent. Il y avait là un véritable problème social et il fallait faire preuve d’imagination pour justifier et légaliser l’appropriation de ces terres. En fonction des besoins du moment, une série de lois et d’organismes nouveaux furent mis en place. Ce furent des années de violence extrême. Rappelons-nous quelques moments de cette histoire, pour aider à comprendre la situation du peuple du Maranhão et l’engagement assumé par les communautés ecclésiales de base pendant ces années. Je distinguerai trois étapes dans l’évolution de l’accaparement frauduleux des terres au Maranhão :

Première étape : 1956-64
Deuxième étape : 1965-68
Troisième étape : 1969-80

3.1.- Première étape du grilagem dans le Maranhão : 1956-64

En 1956, est prise la décision de construire la nouvelle capitale et la route Belém-Brasilia. Dès 1958, les premières tentatives de fraude apparaissent à Gurupi, Torre Segunda, Campo Alegre et Frades dans la partie ouest de l’État. Par la route Belém-Brasilia arrivèrent des paysans de la classe rurale moyenne, venant du Minas, de Bahia et de l’État d’Espiritu Santo. Ils employaient de la main d’œuvre et occupaient 200, 300,500 hectares. Les entreprises qui construisaient la route occupaient aussi des parcelles à des fins spéculatives.

Un climat de violence extrême régnait à Imperatriz. C’était un lieu de refuge sur la rive du Tocantins, repaire d’assassins en fuite et d’hommes armés. Pedro Ladeira était l’un d’eux. On disait de lui : « Il en tuait cinq et en gardait six ligotés pour les faire mourir le lendemain. »

Au début des années 60, la pratique de la falsification de documents s’installa. On créait des personnes fictives, on rédigeait des documents privés à partir d’inventaires qui n’avaient jamais existé. Ce fut la première étape de l’accaparement des terres où se distinguèrent les intérêts paulistes, représentés par le sénateur Orlando Zancaner de São Paulo. À la même époque, en 1963, le long de la section de route en construction, venant de Belém en direction de Brasilia, dans la commune de Turiaçu, l’usage de l’usucapion [4] se répandit, facilité par le juge José Ribamar Fiquene et l’utilisation des registres falsifiés de l’office notarial de Carutapera. José Ribamar Fiquene devint par la suite juge à Imperatriz.

3.2.- Deuxième étape du grilagem dans le Maranhão : 1965-68

En 1965 commença l’asphaltage de la route Belém-Brasilia et en 1966, le gouvernement brésilien autorisa l’armée de l’air des États-Unis à réaliser une cartographie aérienne du pays. Le faussaire João Inácio s’employait à vendre des terres aux États-Uniens.

Pendant cette seconde étape il y eut une aggravation de la fraude à Marabá, et Açailândia. Une grande migration se produisit, principalement du Piaui et du Ceará, mais également de Bahia, du Minas et de l’État d’Espiritu Santo. C’étaient en général de pauvres gens dont on disait : « Après les pauvres arrivent les faussaires (grileiros) ».

Le 27 octobre 1966, une loi fédérale incorpore au patrimoine de l’Union une bande de 100 kilomètres de chaque côté des routes fédérales construites, en construction ou en projet. Et le Gouvernement Sarney, à partir de janvier 1967 prend diverses décisions.

Trois des mesures prises par lui sont de première importance pour comprendre la suite des événements dans l’État du Maranhão. En octobre 1968, il crée la Délégation des terres à Imperatriz, en nommant Pedro Nunes de Oliveira délégué de l’organisme et Agostinho Noleto procureur. L’objectif de la Délégation : maîtriser les occupations de terres et établir les titres de propriété, en organisant les transferts du domaine public au domaine privé. Les falsifications se multiplièrent. Le 6 décembre 1968, il crée le SAGRIMA (Secrétariat de l’Agriculture du Maranhão) et nomme Lourenço Vieira da Silva secrétaire. Enfin, le 28 novembre 1969, il promulgue la Loi de la terre n° 2 979, qui autorise la vente des terres sans appel d’offres à des groupes organisés en sociétés anonymes, sans limitation du nombre des associés, chacun pouvant demander jusqu’à3 000 hectares.

Pour compléter le tableau, le 9 juillet 1970 fut créé par la Loi Fédérale 1110, l’INCRA (Institut national de colonisation et réforme agraire, organe suprême pour administrer les terres le long des grandes routes fédérales. À Imperatriz ce fut le commencement des passe-droits accordés aux grands propriétaires.

En 1968, il y avait eu l’affaire de la fazenda Pindaré. Exemple caractéristique de fraude aux proportions gigantesques, qui avait pour objet de faire main basse sur toutes les terres libres de l’État du Maranhão. L’inventaire notarié du 2e bureau d’Imperatriz était un faux : Pindaré ne fut jamais une fazenda et Faustino Pereira de Carvalho était un personnage fictif. En 1975, le juge fédéral, dans un procès ouvert par l’INCRA et par l’État, disait : « Quels sont ces misérables qui possèdent autant de biens que les plus importantes personnalités du Portugal ? »

3.3.- Troisième étape du grilagem dans le Maranhão : 1969-1980

À la fin des années 60 et au début des années 70, s’ouvre le premier tronçon de la route Açailândia-Santa Luzia. L’affaire Pindaré a des répercussions énormes. De grands projets agropastoraux voient le jour. La Délégation des terres était bien petite pour les grands appétits. Sarney, déjà sénateur, présenta la candidature de José Leite, du Pernambouc, à la mairie de Santa Luzia, ce qui ouvrit la porte aux entrepreneurs du Pernambouc dans la région. Le gouvernement militaire, le 1er avril 1971, établit par le décret-loi 1164 que la bande des 100 kilomètres de chaque côté des routes fédérales était une « zone de sécurité nationale ».

Pedro Neiva de Santana avait succédé à Sarney comme gouverneur du Maranhão. Il y eut une véritable ruée sur les terres de la région de Pindaré. Les cessions étaient faites avec une extrême rapidité. Pedro Neiva intronisa la falsification de documents. Il n’avait pas confiance dans les documents présentés, mais il était en face du puissant groupe des sénateurs Orlando Zancaner de São Paulo et Osiris Teixeira de Goiás, appuyés par le sénateur Sarney. Voulant attirer les investissements au Maranhão, il accueillit le groupe d’Ituiutaba (Minas Gerais), recommandé par le gouverneur du Minas, Rondon Pacheco. Cela donna le feu vert à Agostinho Noleto pour réaliser ce qu’il avait projeté aux alentours de 1968-69. Le juge Delfino Sipaúba, à Imperatriz, disait : Pourquoi ne pourrions-nous autoriser l’enregistrement de faux documents puisque « l’État lui-même les autorise » ?

Le 6 décembre 1971, la loi de l’État n° 3230 créa la COMARCO (Compagnie de colonisation du Maranhão), en incorporant à son domaine une zone de terres localisée sur les communes de Grajaú, Lago da Pedra, Vitorino Freire, Pindaré-Mirim, Santa Luzia et Amarante, estimée à1 700 000 hectares. Dans la région du Macaraçumé (Turiaçu), outre les 46 expropriations déjà en cours dans le secteur, furent réservés300 hectarespour installer 10 000 familles, le reste étant réservé pour les grands projets.

Le gouverneur suivant, Nunes Freire, ne voulait pas livrer les terres à des latifundiaires autres que ceux du Maranhão, mais, menacé de perdre son poste, il fut obligé de signer des faux.

La Délégation des terres, le SAGRIMA, l’INCRA et la COMARCO sont à l’origine du conflit social. Les forces s’affrontaient. Sous le gouvernement de Castelo entre en scène la COTERMA (avril 1979) au niveau de l’État et le GETAT (février 1980) au niveau fédéral. L’INCRA avait autorisé l’occupation de plusieurs demandeurs sur les mêmes terres. Maintenant, le GETAT devait résoudre ce problème. Au Maranhão, la COTERMA voulut apaiser le conflit social en faisant des transactions sur des terres de l’État. Pour accélérer le processus fut créée la CETER (1980), et le père Hélio Maranhão, lié directement au gouverneur, fut nommé comme médiateur entre les paysans et l’État.

Dans cette troisième étape des falsifications, en 1972, réapparurent les faux titres de propriété du temps du gouverneur Pedro Neiva de Santana, et Lourenço Vieira da Silva, secrétaire de l’Agriculture, fut autorisé à dûment les enregistrer.

Ce qui est évident, dans cette étape, c’est que la pratique des falsifications est partie d’un point et s’est propagée jusqu’à ce que soit atteint le but recherché au départ, c’est-à-dire s’approprier toutes les terres qui avaient été dévolues à l’État parce qu’elles avaient été jugées nécessaires pour le développement et la sécurité.

Ce rapide survol nous permet de vérifier la propagation des pratiques de fraude à l’intérieur du Maranhão. A partir d’Imperatriz, elles se dirigent vers Grajaú-Barra do Corda en passant par Porto Franco et par l’ancienne route Imperatriz-João Lisboa ; de nouvelles frontières s’ouvrent vers l’ouest avec la route Imperatriz Coquelândia, en passant par Cidelândia, Trecho Seco en direction de São Pedro da Agua Branca ; de même vers l’est, la route BR 222, Açailândia-Santa Luzia, en pénétrant dans les communes de Pindaré, Monção, Santa Inês, Bom Jardim e Viana et encore au long de la route Belém-Brasilia, pénétrant dans la Serra do Tiracambu, au sud de Carutaperaz.

4.- Opération nettoyage de la zone. Violence

Toute la zone des usurpations était habitée par des paysans et les communautés ecclésiales de base y étaient actives. Il fallait s’en débarrasser. L’opération nettoyage de la zone est une histoire sanglante et indigne de l’être humain qui a droit au respect. Pedro Ladeira, criminel fuyant la justice du Minas Gerais, fut la pièce maîtresse, avec la Délégation des terres, les représentants de la justice et de la police d’Imperatriz, du véritable massacre qui fut perpétré dans la zone du Pindaré.

4.1.- La chasse aux occupants

Faire la chasse aux occupants pour les éloigner de la zone était l’objectif. Divers moyens étaient employés comme jeter des graines de mauvaises herbes par avion ou hélicoptère sur la plantation de riz des paysans. La police saisissait les carabines, les armes de chasse ou les ustensiles ordinaires nécessaires pour le travail des champs, tels que couteaux, faux, serpes. Tout cela était souvent accompagné de menaces de mort : « J’ai un cercueil pour toi et un autre pour ta famille » ou « j’ai déjà tiré sur le frère du Dr Jurandir… avec vous cela ne vaut pas la peine de se salir. Il suffit de vendre une vache et, avec l’argent, de payer un tueur ».

Quand les faussaires (grileiros) et ceux qui les accompagnaient rencontraient une résistance, ils venaient envahir, détruire et brûler les récoltes avec l’appui de la police. Ils s’emparaient des occupants et les emmenaient à la prison d’Imperatriz. Ils se présentaient parfois de nuit comme des policiers fédéraux, encerclaient les maisons et les fouillaient.

Le sergent Furrupa fit beaucoup d’horreurs dans le pays. Il tua, humilia les pauvres gens, abandonna une femme qui se perdit dans les bois et brûla les maisons dans la région de Buriticupu. La police militaire d’Imperatriz recevait de Pedro Ladeira une somme d’argent mensuelle. Ils réussirent à enrôler quelques paysans pour en faire des agents de vente des terres ou des tueurs. Les Bonfim (Resende) en sont un exemple. Ils recrutaient également des tueurs en dehors de l’État. C’était véritablement le crime organisé.

Il est difficile d’évaluer le nombre de morts dans la région du Pindaré. Les habitants parlent d’un nombre incalculable. Quincas Bonfim en fit tuer 7 en un seul jour. Il coupa les oreilles des morts et en fit étalage. On dit que Bonfim en a tué plus de 80. Dans les bois de la fazenda Cacique furent découverts des cadavres. Dans la fazenda des frères Valle sont morts plus de 100 travailleurs agricoles et dans la fazenda voisine d’Olynto Garcia il y avait un cimetière.

Une des autorités d’Imperatriz me disait que dans la ville il fallait compter trois morts par nuit et que la police elle-même faisait partie des commandos. Un habitant ajoute : « Personne n’avait le courage de sortir la nuit avant l’allumage des éclairages publics. On rencontrait beaucoup de morts dans les rues sans la peau du visage pour qu’ils ne soient pas reconnus. »

Dans les cas de grande résistance, c’était le massacre, car on inventait une prétendue subversion et on tuait les responsables… Le fait est que, bien qu’ils aient mis de leur côté toute la force politique, économique, judiciaire et militaire, les faussaires (grileiros) n’arrivaient pas à faire partir les nombreux occupants. C’est ainsi que, dans la région de Buriticupu, on eut l’idée d’inventer un mouvement subversif. Désigner les occupants comme des terroristes serait le seul moyen de résoudre le problème et de les éloigner de la zone. Ladeira disait : « Nous pourrons tuer sans que ce soit un crime ». Les occupants furent surpris par des rafales intenses de mitraillettes et des tirs de fusils nourris. Quelques paysans passèrent la nuit dans les bois. Tous les paysans trouvés étaient pris et molestés. L’opération dura presqu’une semaine et les paysans furent accusés de subversion, et emprisonnés, sans pouvoir communiquer avec quiconque.

La mort du leader syndical João Palmeira est un exemple de la violence exercée envers les paysans. Un jour, João Palmeira fut surpris avec ses collègues dans son champ à l’heure du déjeuner par une bande de tueurs. Sans un mot, la fusillade commença. Palmeira fut criblé de balles. Comme il n’était pas mort sur le coup, les tueurs l’achevèrent au couteau. José Viana qui voulut le secourir mourut aussi. Après le massacre, Ladeira lui-même passa par la maison de la femme de João Palmeira « en disant qu’on pouvait aller chercher les corps de ceux qui étaient morts dans les bois. »

La veuve alla parler au commandant du Bureau 50 bis qui lui dit : « Il aurait pu être mort depuis longtemps puisqu’il vivait sur les terres d’autrui. » Dans une lettre au président Geisel, la veuve écrivait : « J’aimerais préciser à Votre Excellence que c’est en vain que des enquêtes seraient lancées, parce qu’elles n’établiraient jamais la vérité… Je veux croire que Votre Excellence sait que le président de l’INCRA, Lourenço Tavares Vieira da Silva est très proche des faussaires qui infestent cette région, notamment de ceux qui viennent de l’État du Minas Gerais. »

4.2.- Recrutement des travailleurs

Une autre méthode employée pour « nettoyer la zone », comme on disait, fut le recrutement de travailleurs. Par exemple, Pedão, délégué de la police d’Açailândia, recrutait des travailleurs pour déboiser, et les tuait quand le terrain était nettoyé. Un habitant disait : « c’était horrible ! ». Dans une fazenda, 30 travailleurs avaient été embauchés. Ils firent le travail jusqu’au bout, obtenant comme acompte seulement le nécessaire pour leurs dépenses. Au moment de la paie, Zé Cândido fit encercler les ouvriers agricoles par ses hommes et mettre le feu. Ils furent tous brûlés dans les bois.

« Le crime a un côté miraculeux : il n’y a pas de coupables et personne ne sait rien. L’assassin n’apparaît jamais et celui qui est au courant ne dit rien. C’est celui qui meurt qui est considéré comme le criminel. Ici, il faut se faire passer pour un idiot ou un lâche. Entendre et oublier, sinon c’est la mort. »

Troisième partie – Réflexions sur l’engagement des chrétiens et des chrétiennes des communautés ecclésiales de base

Les communautés ecclésiales de base (CEB) sont de véritables écoles d’apprentissage et la terre est le champ de la mise en pratique de leur foi. Cette pratique a été fertile en découvertes. J’en présenterai quelques-unes qui me paraissent importantes.

1.- Quelques découvertes

1.1.- Religion et foi chrétienne sont différentes

Les membres des Communautés de base ont découvert que la foi chrétienne a une identité qui la distingue de la religion et que l’Évangile n’est pas une religion. La pratique a enseigné que la foi chrétienne ne consiste pas seulement à parler d’un engagement religieux, mais qu’il s’agit d’un choix de vie qui, selon l’Évangile de Jésus, implique une décision qui englobe tout. La foi chrétienne est une adhésion à un projet qui exige un choix total. Et ce projet est celui de Jésus. La foi n’est pas un acte quelconque parmi de nombreux autres ni un choix restreint à un aspect de la vie. C’est une inspiration qui devrait orienter la vision, le discernement, les attitudes et la pratique des personnes, des groupes ou des communautés. Avoir la foi, c’est entrer avec Jésus dans l’aventure du Royaume, c’est construire le Royaume avec Lui, et faire avec Lui le chemin pour qu’advienne le Royaume.

1.2.- Religion et politique vont de pair

Les chrétiens et les chrétiennes ont commencé à comprendre que la foi chrétienne établit une relation, non seulement avec le Père de Jésus, mais encore avec son œuvre, la Création. Ils ont découvert ainsi la diagonale qui relie foi et politique. Pour eux, parler de politique c’est parler de la foi vécue dans l’action sociale, c’est parler de l’engagement dans la société civile, c’est parler de la participation du peuple dans la vie publique. Si l’on entend la foi dans ce sens, il n’y a pas de problème pour dialoguer avec tous et toutes, et même avec ceux et celles qui ont des références et des valeurs autres que celles de la foi chrétienne. Les communautés ecclésiales de base commençaient à vivre d’une manière œcuménique.

1.3.- Politique, question vitale pour les CEB

Les membres des CEB en arrivèrent à définir la politique comme une question vitale pour elles. Plus que jamais, il devint impératif de lui donner la priorité et de la mettre au premier plan ce qui impliquait d’être présents dans les situations les plus révoltantes des masses « sans emploi, sans toit, sans terre », et des « sans » de toutes sortes. La politique est une exigence de la foi chrétienne. C’est la pratique d’amour du Samaritain.

1.4.- Évangile et politique ont le même objectif

La politique est au service de la pleine réalisation de l’être humain et de tous les humains, au service de leur bien-être. Aussi doit-elle se préoccuper, en premier lieu, du peuple qui vit marginalisé, privé de toute participation dans la société. C’est aussi l’objectif de l’Évangile qui s’exprime dans le choix des pauvres. Cette convergence est à la source de leur lutte contre le grilagem et en faveur de l’accès à la terre. Et il n’y avait pas de meilleure inspiration que l’Évangile de Jésus-Christ pour soutenir leur lutte quotidienne, car Lui-même avait fait le choix des exclus comme pédagogie pour la recherche du bien commun. Évangile et politique se donnent la main pour faire progresser la justice.

Dans ce contexte, la foi des chrétiens et des chrétiennes a mûri. Ce fut le fruit d’un long cheminement. Enraciné dans l’action catholique de la génération précédente, il s’est poursuivi sous l’inspiration du Concile Vatican II. Les Communautés ecclésiales de base ont pris le risque de vivre l’Église d’une manière différente. Comme le disait Dom Pedro Casaldáliga : « c’est la manière qu’ont découverte les pauvres pour être Église ».

2.- Difficultés

La pratique de l’articulation foi et vie fut, et reste encore, semée de nombreuses difficultés, car la foi et la vie sont comme deux chemins parallèles. Nous soulignons deux difficultés vécues par les communautés ecclésiales de base dans leur pratique politique : la prévalence du projet personnel dans l’exercice du mandat et l’éloignement des agents de l’Église vis-à-vis des militants.

2.1.- Prévalence du projet personnel en politique

La politisation des communautés a conduit certains chrétiens et chrétiennes à s’engager dans des partis politiques et quelques-uns à assumer un mandat. Pour ceux-ci, il y eut ambigüité sur la manière d’exercer ce mandat. Le changement de mentalité attendu ne se produisait pas, de sorte que l’exercice du pouvoir continuait à se légitimer par la logique traditionnelle de la politique et non pas par le souci de l’intérêt général. On faisait en pratique ce que l’on condamnait en théorie. En d’autres termes, l’exercice du pouvoir a manqué de cohérence. Pour beaucoup, le projet personnel passait au premier plan. Les motivations évangéliques qui devaient justifier l’agir des chrétiens dans l’exercice du pouvoir disparurent en chemin.

2.2.- Les agents de l’Église s’éloignent des militants politiques

L’engagement de chrétiens et de chrétiennes dans la militance politique engendra une résistance de la part des responsables conservateurs de l’Église. Une pression s’exerça sur ces militants pour qu’ils s’écartent de l’engagement politique. « Nous devons, leur disait-on, séparer l’action pastorale de l’engagement politique », mais les communautés pensaient différemment.

Certains membres choisirent de s’éloigner silencieusement et les autres furent récupérés par le pouvoir officiel. La voix de la hiérarchie de l’Église s’affaiblissant, les CEB perdirent la visibilité qui leur était garantie par le prestige de cette même hiérarchie.

En conclusion de ces réflexions, nous pouvons dire que, malgré les échecs rencontrés, l’Église a acquis de l’expérience. Dans un séminaire d’évaluation réalisé en juin 2002 à Balsas, en présence de chrétiens et chrétiennes du Maranhão, il a été dit :

« Nous sommes sûrs de notre force et, malgré tout, nous avons marqué des points. Certains responsables persévèrent et d’autres recherchent une formation qui les aide à vivre leur foi en cohérence avec leurs choix. Nous avons gagné aussi parce que nous avons découvert le chemin qui relie la foi et la vie, la religion et la politique. Enfin nous avons développé une éducation de base qui a pris racine et l’esprit de la démocratie et la lutte pour la terre ont beaucoup progressé. »

Que sont devenues aujourd’hui les communautés ecclésiales de base ? Je n’accompagne plus leur parcours. Dans mes allées et venues, je rencontre des chrétiens et des chrétiennes, adeptes d’une pratique religieuse spectaculaire et émotionnelle, et je rencontre aussi des personnes sensibles aux situations de pauvreté et de marginalisation vécues par la majorité du peuple. Celles-ci, je sens qu’elles sont engagées dans la transformation de la société et l’élaboration d’un nouvel ordre sociopolitique, en trouvant dans l’Évangile leur source d’inspiration. Elles s’engagent dans les « politiques publiques ». C’est l’Évangile qui se fait présent dans les questions temporelles.

3. Défis

Je ne pourrais pas terminer cette conférence sans lancer quelques défis aux Églises, à commencer par la mienne, la nôtre, l’Église catholique.

3.1.- La foi chrétienne met au défi l’exercice du pouvoir

« Celui qui veut être grand parmi vous doit se faire votre serviteur », disait Jésus.

Le pouvoir ne peut s’exercer qu’en vue du bien commun, car le véritable pouvoir réside dans la dignité de la personne humaine. Il ne s’exerce pas en s’imposant, par arrogance, égoïsme et ambition, mais dans la gratuité de l’amour. Un tel exercice du pouvoir aujourd’hui suppose une articulation efficace avec la société civile pour continuer à construire l’État démocratique de droit, qui est lui-même signe du Royaume. Le pouvoir exercé au sein des Églises est-il source d’inspiration pour une construction de la démocratie ?

3.2.- La foi chrétienne met au défi l’ordre de nos priorités

La foi chrétienne rappelle que le bien commun ne peut se conquérir que par une lutte permanente en faveur d’un projet au service des personnes, et jamais à l’encontre des personnes. Pour que ce projet reste en accord avec l’Évangile, l’engagement requiert une lutte contre l’injustice associée à un effort permanent d’amour de son ennemi. L’Église catholique doit revoir sérieusement ses priorités. Inspirée par l’Évangile, elle influencera le milieu politique et aidera les hommes politiques à découvrir que leur mission, comme l’affirmait Paul VI, « est l’exercice par excellence de la charité ».

3.3.- La foi chrétienne met au défi la pratique quotidienne

La foi chrétienne dynamise le processus de changement, en alimentant l’espérance au cœur de la patience historique, sans exiger l’efficacité et des résultats immédiats. La précipitation éloigne les personnes et souvent les empêche d’assumer leur rôle de protagoniste de leur propre histoire. L’espérance n’est pas une simple répétition de ce qui s’est passé auparavant, mais c’est un futur ouvert sur un nouveau et meilleur commencement. Quelle richesse pour un peuple que de conquérir son avenir !

La foi chrétienne rappelle que nous portons avec d’autres une utopie, un rêve qu’aucune médiation historique n’épuisera. Nous portons l’espérance qui provient de la certitude que, dans ce puits de la vie, dans l’histoire, Jésus-Christ s’est déjà immergé. Nous avons l’espérance que cette construction du Royaume se réalisera. Est-il vrai que notre espérance inspire le monde d’aujourd’hui, le milieu dans lequel nous vivons ?

3.4.- La foi chrétienne met au défi la religion

La foi chrétienne questionne la religion. Au nom de quel dieu la religion pourrait-elle refuser l’union des chrétiens et des chrétiennes autour de réformes et de changements profonds ? Au nom de quel dieu la religion pourrait-elle encore justifier le processus séculaire de domination et de conformisme ? Au nom de quel dieu la religion pourrait-elle renoncer à sa voix prophétique pour des faveurs reçues ou à recevoir ? Au nom de quel Dieu la religion accorderait-elle prestige et privilèges en contrepartie d’une soumission ?

3.5.- La foi chrétienne met au défi du dialogue

Que dire à propos du dialogue ? Nous, catholiques, chrétiens et chrétiennes, ne sommes pas les seuls à lutter pour construire le Royaume. Il existe bien des gens, de diverses religions et de divers autres mouvements même sans référence religieuse, qui ont l’esprit de la vie. En raison de notre foi, nous sommes incités et poussés à construire le Royaume avec toutes ces personnes de croyances et de références différentes des nôtres. En raison de notre foi, nous sommes partenaires. Nous n’avons ni le privilège ni la responsabilité de construire seuls le Royaume. Nous sommes tous et toutes appelés. L’esprit qui doit nous guider est celui du dialogue, dans une convergence des forces et une complémentarité des inspirations. L’Esprit souffle où il veut, aussi bien dans les religions qu’en dehors d’elles. L’œcuménisme, le dialogue interreligieux et la capacité de dialogue avec celles et ceux qui trouvent leur inspiration en dehors même de la religion sont non seulement possibles et opportuns, mais encore nécessaires car personne n’épuise l’ampleur de la tâche de construction du Royaume dans le champ social. La pratique des communautés ecclésiales de base a ouvert cette voie, la voie de l’authentique Évangile de Jésus-Christ. Mais comment faire pour instaurer un véritable dialogue ?

Faisons le vœu de voir l’Église catholique et avec elle les autres églises chrétiennes, devenir des instances de dialogue avec la société, réunissant dans une même communion tous les artisans du Royaume.


Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 3094.
Traduction de Lucile et Martial Lesay pour Dial. Version française relue et complétée par l’auteur.
Source (portugais) : Conférence prononcée à São Luis do Maranhão, Brésil, en octobre 2008 et publiée sur AlterInfos-DIAL le 10 août 2009.

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Notes

[1] Le grilagem est le processus de fraude utilisé pour justifier la propriété de la terre en présentant de faux titres de propriétés. Le nom de grilagem vient d’une technique de vieillissement des documents destinée à les faire paraître plus authentiques : on place les titres dans une boite avec des grillons ce qui finit par donner aux documents un air ancien. Le grilagem requiert une alliance des forces (avocats, juges, politiciens etc…) contre le travailleur rural.

[2] José de Souza Martins est professeur titulaire de sociologie à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Univerisité de São Paulo, Fellow de Trinity Hall et professeur titulaire de la Chaire Simon Bolivar de l’Université de Cambridge, Angleterre, en 1993-94. Il a publié plusieurs livres sur la question de la terre au Brésil, et notamment, Reforma agrária : o impossível diálogo (« Réforme agraire : le dialogue impossible »), São Paulo, Editora da Universidad da São Paulo, 2000.

[3] José de Souza Martins, Reforma agrária : o impossível diálogo, São Paulo, Editora da Universidad da São Paulo, 2000, p. 12.

[4] Le terme juridique « usucapion » signifie prescription acquisitive, c’est-à-dire la possibilité d’obtenir la propriété d’un bien du seul fait de son usage paisible et ininterrompu pendant une période déterminée.

 

BRÉSIL – L’Église et les questions de politique agraire au Maranhão, Brésil – 1ère partie

 

BRÉSIL – L’Église et les questions de politique agraire au Maranhão, – 1ère partie

Victor Asselin

vendredi 1er janvier 2010, mis en ligne par Dial

Victor Asselin, prêtre missionaire au Brésil, revient, dans cette conférence prononcée à São Luis do Maranhão en octobre 2008, sur l’histoire de l’engagement de l’Église aux côtés des sans-terre. Ce texte, qui est celui d’un acteur et d’un témoin, a été publié en portugais (Brésil) sur AlterInfos-DIAL, le 10 août 2009. Nous publions ici la traduction française de la première partie. Les deuxième et troisième parties paraîtront dans le numéro de février.


Qu’il me soit permis, en rappelant l’histoire ecclésiale des années 60 à 90, de dédier ces lignes et de rendre hommage aux travailleurs et travailleuses de la zone rurale de l’État du Maranhão [1] et de la périphérie de São Luis. Leur courage et leur lutte ne peuvent nous inspirer qu’un sentiment d’indignation devant une si grande corruption et de reconnaissance pour le don de la vie de tant de victimes.

Le titre qui m’a été proposé est : « Les Églises chrétiennes et les questions de politique agraire au Maranhão ». Il m’est difficile de traiter le sujet de manière exhaustive, car mon propos n’est pas le résultat d’une longue recherche. C’est plutôt le fruit d’une expérience de vie. J’ai consulté quelques notes que j’avais gardées et j’y ai joint les souvenirs que ma mémoire a conservés. Je parlerai exclusivement des communautés de base (ainsi s’appelaient-elles à l’époque), dans les zones rurales et dans l’île de São Luis, comme d’une façon neuve d’être Église ou, selon l’expression de Dom Pedro Casaldáliga, « la manière qu’ont trouvée les pauvres d’être Église ».

Donc je ne traiterai pas de l’action traditionnelle de l’Église dans la zone rurale ; je n’aborderai pas non plus l’action de l’Église dans la ville de São Luis au moment où ont commencé les occupations de terrains urbains.

Dans un premier temps, je décrirai l’action des communautés de base au Maranhão en quatre périodes :

 Avant 1968 ;
 1968-1975 : temps de la découverte de leur identité ;
 1976-1989 : temps de la réflexion approfondie sur la foi et la vie, la religion et la politique ;
 Après 1989 : temps d’hésitation.

Dans une deuxième partie, je traiterai le problème de la terre à l’époque et la violence exercée sur les travailleurs et travailleuses en milieu rural.

Dans une troisième partie, je retiendrai quelques points qui me paraissent importants comme résultats de l’action des communautés et je conclurai en formulant quelques défis qui se posent à l’Église du Maranhão.

Première partie – L’église catholique

1.- Avant 1968 : temps de gestation des communautés de base

Au Maranhão, à la fin des années 60, existaient l’archidiocèse de São Luis, trois diocèses et cinq prélatures : Caxias, Grajaú, Carolina, Pinheiro, Viana, Balsas, Bacabal et Cândido Mendes (aujourd’hui appelé Zedoca). Dom Mota succéda à Dom Delgado en 1964 comme archevêque. Dom Fragoso, auxiliaire de Dom Delgado, fut nommé à Crateus et Dom Edmilson arriva en 1966 comme auxiliaire de Dom Mota. Tous les évêques des diocèses et des prélatures, à l’exception de Cândido Mendes, étaient des religieux, et, sauf à Caxias et à Bacabal, étaient des Italiens. Plus tard furent créés les diocèses de Coroatá, Brejo et Imperatriz.

Dom Delgado et son auxiliaire étaient très intéressés par les questions sociales et ils encouragèrent clairement le développement de l’éducation de base. Le laïcat militant de l’Action catholique, à l’œuvre dans la société, ainsi que la direction de la Conférence des évêques, se montraient favorables aux « Réformes de base » proposées au début des années 60 par les autorités gouvernementales. Paulo Freire avait lancé, avec la « pédagogie des opprimés » [2], le « Mouvement d’éducation de base » (MEB). S’y étaient engagées l’ACO (Action catholique ouvrière) dans la ville de São Luis, ainsi que l’ACR (Action catholique en milieu rural). Mais le coup d’État du 31 mars 1964, imposé par la force militaire, fit avorter le projet.

L’annonce d’un Concile œcuménique, faite par le pape élu en 1958, Jean XXIII, a engendré de nouvelles attentes. Il y avait des questionnements sur l’un des modes d’assistance religieuse de l’Église catholique aux populations de la zone rurale du Maranhão, la dispense d’obligation (« desobriga ») [3]. Quelques inquiétudes s’exprimaient dans la prélature de Pinheiro, à la fin des années 50, après l’arrivée des missionnaires canadiens. Mgr Gérard Cambron fut celui qui ouvrit le dialogue.

Les années de la tenue du Concile Vatican II aidèrent les prêtres à comprendre la nécessité de transformer la façon d’être Église. Une attention permanente était portée aux débats du Concile. Un mouvement de création de petites communautés commença, en particulier dans les zones rurales, sous l’impulsion de catéchistes dûment formés à cet effet. C’était une tentative de décentralisation du pouvoir du curé de paroisse. Il s’agissait pour ces communautés de diriger les activités religieuses et d’organiser les visites du curé en préparant les adultes au mariage et les parents au baptême de leurs enfants. Cette nouvelle pratique apparut en plusieurs paroisses de la Prélature de Pinheiro et de Balsas et, par la suite, dans les paroisses de la zone rurale de ce qui était alors l’archidiocèse de São Luis, et qui est devenu en grande partie le territoire des diocèses de Brejo et de Coroatá.

Il y avait quelques communautés vivantes à l’intérieur des communes de Rosario et d’Itapecuru. Je veux rendre un hommage particulier aux communautés de la région qui ont survécu à cette époque, malgré le manque d’accompagnement. C’étaient des communautés qui présentaient des caractères spécifiques. Dans cette région se signalaient des dirigeants comme Calixto, Justo, Davi et d’autres qui les rejoignirent plus tard.

Le Concile Vatican II fut l’occasion pour les évêques d’établir entre eux des relations. Nous savons que Dom Helder Camara fut un rassembleur persuasif pour les évêques latino-américains pendant leurs séjours à Rome. Durant cette période, les évêques comprirent la nécessité d’une pastorale plus organisée. Ce fut le début d’un processus de planification de l’Action pastorale au Maranhão et quelques diocèses prirent l’initiative de tenir annuellement une Assemblée pastorale diocésaine, réunissant laïcs, religieux et prêtres. La petite communauté, dite de base, qui existait déjà dans certaines zones sur le mode expliqué ci-dessus, était vue comme un substitut à la dispense d’obligation, ou en d’autres termes, un substitut à la paroisse. Cette situation provoqua une tension entre les tenants de chaque camp, créant parfois des difficultés pour agir entre les responsables et animateurs des communautés de base d’une part, et d’autre part les curés de paroisse qui restaient fermement attachés à l’action traditionnelle.

Ce fut une période où l’action de l’Église fut souvent remise en question. Un temps riche en recherches. Il fallait dépasser la situation antérieure.

2.- Les années 68 à 75 : Temps de découverte d’une identité

En 1968 commença une nouvelle étape : les communautés découvrent leur identité. En décembre de cette année-là se tint la première rencontre des communautés de base de l’archidiocèse de São Luis. Participaient à cette rencontre les responsables de la paroisse de Tirirical, dans la zone qui, à l’époque, s’étendait du São Cristovão actuel jusqu’à Itaqui-Batanga, et les communautés qui forment aujourd’hui le territoire des diocèses de Brejo et Coroatá. La rencontre fut organisée par la coordination pastorale de l’archidiocèse, avec comme coordinateur le père Gérard Dupont, et comme animateur le père Albani Linhares, du diocèse de Sobral, décédé en septembre 2008 à Fortaleza. L’initiative fut renouvelée annuellement jusqu’en 1973.

Durant la décennie des années 70, nombreux furent ceux qui s’engagèrent dans la vie de l’Église. Avec la rencontre de Medellín « l’option pour les pauvres » venait donner un visage au Concile Vatican II en Amérique latine.

L’Institut latino-américain de pastorale donnait à Quito, en Équateur, un cours de six mois pour habiliter les agents de l’Église dans leur action pour la libération en Amérique latine. Le père Ernane Pinheiro, de Recife, avait suivi ce cours et voulait que d’autres personnes en fassent autant. Dom Luis, l’évêque de Caxias, l’avait également suivi.

Il fallait découvrir un nouveau chemin. Un paysan du village de Salgado de Itapipoca, au Céará, a bien exprimé ce que les gens vivaient :

« … Avec toute la foi et la bonne volonté que j’ai, je ne sais pas ce que je vais devenir. Mais je promets une seule chose : je ne vais pas continuer à travailler de la même manière car cette façon de travailler donne plus de chances aux exploiteurs d’exploiter en travaillant le moins possible. Continuer à tenir des réunions, à faire des visites, en ne parlant que d’amour, d’union, de paix, de foi etc. et ne rien dire sur la souffrance du peuple, ce n’est pas supportable… Ce sont les grands propriétaires qui sont sans pitié et qui écorchent les pauvres… Voilà que j’ai ouvert les yeux… »

2.1.- L’organisation de l’archidiocèse de São Luis

Nous sommes en 1973. Pour réaliser un travail de concertation, en vue de l’engagement concret des gens, il nous fallait élargir l’horizon. Il existait déjà au Maranhão une organisation des communautés de base dans quelques diocèses. Néanmoins, le prêtre restait le pivot de l’action. « Là où il n’y a pas de prêtre, les gens s’abêtissent. C’est le prêtre qui fait l’animation locale ». Ainsi s’exprimait un laïc.

« Les communautés se sont développées, disait l’archevêque, et j’ai besoin pour elles d’un coordinateur à temps plein. » Naquit alors la coordination des communautés de l’archidiocèse de São Luis. Mais l’individualisme des agents et l’isolement des groupes communautaires firent apparaître la fragilité des communautés de base qui assuraient le culte dominical et la catéchèse.

Après des contacts avec les diverses régions, pour rechercher les voies les plus appropriées, nous avons organisé une grande rencontre des communautés de base de l’archidiocèse de São Luis, en décembre 1973. Il s’agissait de faire une évaluation approfondie de ces communautés. Le père Claúdio Perani du Centre d’études et d’action sociale (CEAS, « Centro de Estudos e Ação Social) » de Salvador de Bahia, assumait le rôle d’assistant auprès du père Albani Linhares du diocèse de Sobral dans le Ceará et du père Gérard Cambron. Le père Albani était très connu dans ce milieu. Depuis longtemps il accompagnait le travail des communautés.

La présence du père Claúdio Perani fut essentielle. Je reproduis quelques-unes des observations qu’il envoya après la rencontre. Il commençait en disant :

« Le fait de pouvoir réunir aussi facilement une assemblée nombreuse de paysans révèle le dynamisme du travail réalisé dans le secteur rural.

J’ai été impressionné en voyant le degré de responsabilité du peuple : il sait exprimer sa propre parole, il assume, organise, questionne, prend ses responsabilités… »

Ensuite il posait deux questions :

 a. Le problème de la relation entre les agents et le peuple. Il disait :

« La nécessité de respecter le peuple et de favoriser sa prise de responsabilité, son autonomie et sa participation ne signifie pas, bien entendu, que l’agent doive s’effacer. Mon impression est qu’il a une tendance à l’effacement, au lieu de reconnaître sa propre influence et de la remettre en question pour mieux l’utiliser en faveur du peuple.

En premier lieu, même quand les gens résistent à une intervention directe, il s’agit d’exercer son influence par différentes autres façons…

En deuxième lieu, les affirmations du peuple ne peuvent pas être prises en compte telles quelles, comme une parole de l’Esprit Saint, du seul fait qu’elles viennent du peuple. Au contraire, plus elles sont spontanées, et plus elles risquent d’être ambigües, conditionnées par toute une idéologie d’oppression qui est présente de mille manières dans la vie du paysan. Le rôle de l’agent n’est pas simplement technique, mais il doit offrir la possibilité d’une approche de plus en plus critique (qui libère). »

 b. La question de l’idéologie du peuple et des agents.

« La réunion plénière a montré la prévalence de points de vue individualistes et volontaristes. Individualistes : une grande part de l’attention était concentrée sur la responsabilité du “prêtre” et du “dirigeant”. Volontaristes : beaucoup de solutions étaient proposées dans une perspective de foi, de patience, de courage, etc.

Il n’y avait pas d’analyse structurelle qui aurait mis en relation les différents problèmes, permettant d’aller plus en profondeur dans l’analyse des causes cachées. Etaient présentées seulement des solutions telles que : former la famille, éduquer les personnes, etc. dans une vision assez statique.

En outre, manquait une lecture plus “conflictuelle” de l’Évangile. »

Après cette rencontre, deux choses sautaient aux yeux : la nécessité d’une articulation entre les agents et les communautés de base et l’importance d’une analyse plus profonde de la réalité.

La rencontre de décembre 1973 ne resta pas sans réponse. Peu après la rencontre, Albani, Carolina et moi nous nous sommes réunis, sous le sigle VAC (Victor, Albani, Carolina). Nous nous sommes interrogés sur la manière d’articuler l’action des agents avec celle des communautés de base afin que chacun progresse à son propre rythme. Nous avons tenu une deuxième réunion en janvier 1974. À partir de là, organisation et formation avancèrent ensemble, dans l’espace de l’État [4], de la région et du pays.

Il est très important de noter qu’une des forces des communautés de base du Maranhão fut le fait de leur articulation aux divers niveaux, État, Région, Nation. Voyons cela.

2.2.- Articulation au niveau de l’État du Maranhão

En janvier 1974 débuta un processus d’articulation au niveau de l’État, avec la formation des responsables dans leur commune respective, selon leurs besoins. La rencontre annuelle de l’archidiocèse de São Luis, qui avait commencé en 1968, devint semestrielle (juillet et décembre) et on y invitait les responsables de tous les diocèses de l’État. Elle rassemblait de 100 à 120 personnes. La coordination de la rencontre, y compris le programme, la logistique et la restauration était assumée par le diocèse choisi à la fin de la rencontre précédente. Les thèmes qui jusque là étaient ceux de la vie interne de l’Église devinrent ceux de la vie du peuple : droits humains, droits et devoirs du travailleur, fiscalité, etc.

Les paysans commencèrent à ouvrir les yeux. Au moment de l’évaluation de la rencontre de décembre 1974, nous avons pu entendre des commentaires comme ceux-ci :

« Cela nous a montré que l’aide à apporter n’est pas seulement spirituelle, mais également matérielle. »
« J’ai découvert que nous avons des droits. Ce sera une base qui va me donner de l’assurance. »
« Si quelqu’un me dit “Fais ceci”, je lui répondrai : “Répète un peu, voyons cela calmement”. »
« Je suis content de savoir que le paysan peut réclamer. »
« Je me sens très responsable. »

2.3.- Organisation régionale

À la même époque, une articulation s’est mise en place au niveau régional, c’est-à-dire dans l’ensemble MAPICE (Maranhão, Piaui et Ceará), qui constituait la division ecclésiastique NE 1 de la Conférence des évêques du Brésil (CNBB). Ce fut un temps riche en solidarité.

Les rencontres eurent lieu à Meruoca, au Ceará, du 20 au 25 février et du 21 au 30 août, et à Teresina, au Piaui. Des divergences apparurent à propos des terres de l’Église. Les gens se demandaient : comment pouvons-nous nous opposer à l’Église alors que nous en faisons partie ? Cette situation nous incita à effectuer, à plus grande échelle, un travail de libération. La pédagogie libératrice était notre souci principal.

De la rencontre de Meruoca en août 1974 naquit une équipe régionale qui se donna comme tâche l’accompagnement et l’animation des participants de la région MAPICE. Il était important pour nous de collaborer avec les autres groupes existants. Les membres de l’équipe continuaient à s’interroger sur la possibilité de prendre les initiatives nécessaires. Quel type d’interférence pouvons-nous exercer dans ce processus ? Comment éviter le danger d’élitisme ? Les agents s’organisèrent en petits groupes selon leur intérêt pour des études plus ou moins approfondies : histoire, religiosité populaire, syndicat, luttes populaires, lois sur la terre, lutte des classes et projet babaçu [5].

L’équipe du CEAS, en particulier Claúdio et Andrés, avec des visites de terrain et des cours de formation, a largement contribué à cette démarche d’organisation régionale.

2.4.- Articulation au niveau national

À la même époque, il apparaissait souhaitable d’entamer aussi un processus d’articulation nationale. Nous étions dans les années difficiles de la dictature. Quelques évêques s’étaient lancés dans un travail de coordination au sein de la CNBB et voulaient le prolonger jusqu’au peuple. Ils imaginèrent d’inviter plusieurs responsables de diverses régions du pays. La région étant déjà bien structurée, notre responsable régional reçut l’invitation. La première réunion eut lieu du 8 au 10 février 1974 à Salvador de Bahia. On cherchait des idées pour organiser la concertation au niveau national. Les préoccupations et les questions des participants étaient les mêmes que celles des gens du Maranhão. Que signifie « l’option pour les pauvres » ? « Avons-nous conscience d’être dominés ? »

Du fait de la conjoncture nationale, les participants ne voulaient pas et ne pouvaient pas être considérés comme un groupe organisé. Il fallait pourtant constituer un ensemble mais qui ne soit ni « clandestin », ni « public ». On s’accorda pour créer une communion entre des personnes-clés des diverses régions du pays pour favoriser les actions libératrices. C’est ainsi qu’on adopta les critères suivants pour évaluer une action libératrice :

 elle atteint la racine et ne se limite pas aux effets ;
 elle conduit à un changement ;
 elle éveille la conscience critique ; elle conduit le peuple à s’autodéterminer ;
 elle encourage la participation de la base.

Deux fois par an, ces personnes se rencontraient à l’échelon national.

2.5.- Rencontre de Vitória

À Vitória, dans l’État d’Espiritu Santo [6], vivait Dom Luis Fernandes. Il était évêque auxiliaire de l’archidiocèse, très intéressé par les communautés de base. Il voulait faire une évaluation précise de leur travail. Pour cela, au second semestre de 1974, il décida d’inviter plusieurs personnes de diverses régions du pays qui travaillaient avec elles. La rencontre était prévue pour le 6 et le 7 janvier 1975. Il demandait d’envoyer avant la réunion le récit d’une expérience d’une communauté ecclésiale de base (CEB). C’est alors qu’apparut le terme « ecclésiale ». Il racontait que l’idée de cette rencontre était née d’un entretien avec Eduardo Hoornaert quand il s’interrogeait sur l’avenir des communautés de base. Et Eduardo de dire : « Pourquoi ne pas réunir ces groupes du Brésil dans le cadre du travail de recherche du diocèse de Vitória ? »

L’objectif de Dom Luis était, aidé par la collaboration des participants des diverses régions du pays, de découvrir des pistes concrètes pour le travail futur de l’Église de Vitória. À la fin de cette rencontre furent présentées diverses options qui servirent de matériaux pour l’élaboration des conclusions de la réunion. Dans mes notes je lis :

« Parmi les diverses options proposées, on a choisi, en premier lieu, de donner au terme “libération” une signification politique, culturelle et ecclésiale. En politique, le problème essentiel retenu est celui de la terre. Cela signifie qu’il faut prendre position sur la question de la propriété. Quant au problème ecclésial, il s’agit de créer un groupe de réflexion sur le passage du système clérical à un système nouveau à inventer qui devra permettre l’autonomie de la base. »

Ces options, discutées en réunion plénière furent reprises dans la formulation finale de la façon suivante :

« Obéissant à l’Évangile et aux appels qui émanent de la réalité vécue par le peuple, nous faisons le choix d’une évangélisation libératrice mise en œuvre par les communautés ecclésiales de base. Cela implique de notre part une option claire en faveur des opprimés.

Sur le plan politique, il importe que l’Église participe à la lutte du peuple pour sa libération, en dénonçant l’injustice sous toutes ses formes et toutes ses causes, en incitant à délivrer la société des entraves qui font obstacle à la fraternité et à la communion entre les hommes. »

Dom Luis n’avait pas cherché à lancer un processus d’organisation nationale des communautés. Mais c’est ce qui s’est produit, puisque l’année suivante, en 1976, il y eut une deuxième rencontre à Vitória, avec un plus grand nombre d’agents travaillant dans les CEB, et, en 1977, ce fut la rencontre de João Pessoa, qui se présenta comme la réunion d’un mouvement national des responsables engagés pour la cause du peuple. Ce fut le début d’une suite de rencontres nationales.

2.6.- Rencontre au niveau de l’Amazonie légale

Au moment de la rencontre de Vitória, le père Virgílio Uchoa, auxiliaire pour les questions des ministères à la CNBB, commença à organiser une rencontre de personnes travaillant sur le territoire de l’Amazonie légale, pour étudier la question de la terre.

Le 19 juin 1975, nous étions réunis, agents pastoraux des régions et membres des commissions régionales et nationale de Justice et Paix, à Goiânia. Nous travaillâmes jusqu’au 22 juin. Dans un premier temps nous avons entendu des discours de représentants de l’Institut national pour la réforme agraire (INCRA) et de la Confédération nationale des travailleurs et travailleuses en agriculture (CONTAG). Puis nous avons tenté une analyse critique de la problématique de la terre dans l’Amazonie légale. Nous avons repéré l’importance du cadre juridique de la propriété, de l’absence de réglementation sur la possession des biens, de la conscientisation et du comportement de l’Église. Nous avons fait la critique du modèle brésilien. Le lendemain est intervenu le Superintendant de la SUDECO (Superintendance de développement du Centre-Ouest – région Mato-Grosso), qui, en la circonstance, représentait le gouvernement.

Chemin faisant, se présenta une question : « Dans ce que nous sommes en train de faire, quel est l’objectif, la visée, et quelles sont les impasses et les contradictions dans l’action de l’Église ? » Les débats furent animés et préoccupants. Que faire pour que notre rencontre produise ses fruits ?

Je me souviens de cette nuit, où, dans une chambre, étaient présents Andrés, Claúdio, Ivo, Dom Pedro et moi, poursuivant informellement le débat. Nous cherchions un moyen d’orienter les conclusions de la rencontre. Je ne sais comment apparut l’idée de suggérer à Dom Moacyr Grechi, responsable des questions missionnaires de la pastorale de la CNBB, de créer auprès de lui une Commission d’appui pour l’examen des questions concernant la terre. Idée géniale. À la fin de la rencontre, la proposition fut présentée, votée et approuvée. Venait de naître la Commission pastorale de la terre (CPT) comme organe d’appui à l’évêque responsable des activités missionnaires de la CNBB.

3.- Années 1976-1989 : le temps de la maturité

Le Maranhão était en pleine crise. Après le « Maranhão nouveau » de l’ex-gouverneur José Sarney, l’État connaissait de vives tensions, des violences et des morts. La falsification des documents de propriété prospérait de toutes parts, en particulier dans la région du Pindaré [7], dans le diocèse de Viana. Le nouvel évêque, qui avait participé à la rencontre de l’Amazonie légale, arrivait pour « mettre de l’ordre » et en finir avec le souvenir de Dom Hélio Campos.

La nouvelle de la création de la Commission pastorale de la terre fut bien accueillie au Maranhão. Elle était reçue comme la récompense de tous les efforts de tant d’agents de l’Église engagés auprès du peuple.

Ivo Poletto prit en charge le secrétariat exécutif à Goiânia. Pendant le second semestre de 1975, il visita les diverses régions, y compris le Maranhão, pour les informer. Dans l’archidiocèse de São Luis, où j’étais chargé de la coordination des CEB, l’archevêque Dom Mota n’avait pas encore donné son accord. Il le fit après la création officielle de la Commission pastorale de la terre au Maranhão, décision prise par les agents déjà engagés dans les CEB et divers mouvements populaires.

La Commission développa le processus d’articulation entre les communautés ecclésiales de base et leur imprima un nouveau dynamisme, rêve que l’équipe de coordination poursuivait depuis plusieurs années.

Les rencontres nationales allaient se succéder. Cependant, en mai 1976, on se rendit compte que le milieu rural se présentait mieux organisé et articulé grâce à la Commission pastorale de la terre, que les Indiens avaient déjà leur propre organisation avec le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI) et que le milieu ouvrier était aussi organisé, en particulier dans les régions de São Paulo, où était née la Commission de la pastorale ouvrière (CPO). On décida alors de cesser ce genre de rencontre, puisque l’objectif avait été rapidement atteint, à savoir la mise en réseau des différents visages du peuple de Dieu en action. La même année, en août, l’équipe de coordination du MAPICE se demanda également s’il fallait continuer les rencontres au niveau régional. Après une évaluation des derniers événements, nous sommes arrivés à la conclusion que ces rencontres régionales avaient elles aussi rempli leur mission. La racine de la concertation entre les communautés ecclésiales de base était plantée et il revenait aux jardiniers de continuer à la cultiver.

En constatant ce qui s’est passé et la prise de conscience progressive des ruraux, hommes et femmes, il n’y a plus de doute aujourd’hui. La création de la Commission pastorale de la terre en juin 1975 fut un geste prophétique pour certains et une folie pour d’autres ; elle n’est pas née par hasard ni par génération spontanée. Elle est arrivée comme un point de rencontre de divers chemins qui s’ouvraient. Et elle est venue comme une réponse à la quête des communautés ecclésiales de base : unir la foi et la vie dans une pratique politique et œcuménique. Le visage paysan de l’Église est devenu visible. Ce furent des années de maturation des communautés ecclésiales de base et de l’action de l’Église.

4.- Après 1989 : période d’hésitation

Le mouvement des « Diretas jà ! » (« Des élections directes, tout de suite ! »), et le travail de la Constituante ont été marqués par la participation du peuple. Sa lutte s’est inscrite dans une Constitution qualifiée de « citoyenne », et, malgré les ambigüités, d’importantes conquêtes ont été obtenues. Les communautés ecclésiales de base du Maranhão, à l’exemple des autres régions du pays, ont apporté leur contribution à cette démarche.

Ensuite s’ouvrit une période d’hésitation : nous avons assisté au déclin de la concertation entre les mouvements, à la dispersion des forces, à la fermeture des espaces ecclésiaux conquis, à l’abandon, à la fuite et à l’affaiblissement des responsables, à la perte de la vision d’ensemble et de la motivation, à un manque d’information, etc. Finalement, ce fut comme si, avec le retour à un gouvernement civil, tous les problèmes avaient été résolus.

Cette période d’indétermination permit aux élites de continuer à maintenir les pauvres dans l’illusion. L’épiscopat n’avait plus la vigueur et le dynamisme des années 70-80. À partir de 1990 apparurent les nouvelles tendances dans l’Église. La priorité fut donnée au « spirituel ». On sentait l’influence des mouvements religieux internationaux. La hiérarchie de l’Église oublia peu à peu son engagement envers « les angoisses et les tristesses du peuple » et retourna à son fonctionnement interne, provoquant ainsi un changement radical dans la formation de ses agents de pastorale. Les communautés ecclésiales de base et les mouvements sociaux les plus significatifs ne trouvaient plus avec cette volte-face l’ambiance d’évaluation, de réflexion et de progrès dont ils avaient besoin. Ils prirent une certaine distance.

 


 Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 3090.
 Traduction de Lucile et Martial Lesay pour Dial. Version française relue et complétée par l’auteur.
 Source (portugais) : Conférence prononcée à São Luis do Maranhão, Brésil, en octobre 2008 et publiée sur AlterInfos-DIAL le 10 août 2009.

En cas de reproduction, mentionner au moins l’auteur, le traducteur, la source française (Dial – http://enligne.dial-infos.org/) et l’adresse internet de l’article.

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Notes

[1] État du Nord du Brésil. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Maranh%C3%A3o.

[2] Paulo Freire, La Pédagogie des opprimés, Paris, François Maspero, 1977.

[3] Les paroisses étaient composées – il est encore ainsi – de multiples villages, parfois de 100, 200 et même plus. La paroisse prenait le nom du village central qui était le nom de la municipalité. Il était alors impensable que le curé de la paroisse puisse donner une assistance régulière à tous ces villages car il n’y avait pas de routes, d’autant plus que, durant la saison des pluies, l’accès aux villages était impossible. Les catholiques, par contre, avaient l’obligation de baptiser leurs enfants, de se marier, de se confesser et de communier une fois par année. La visite du curé dans les divers villages, une fois par année ou par deux ou trois ans était l’occasion de permette à la population de se « désobliger » de leur obligation. C’est de cette situation que vient le nom de « desobriga ». Les communautés de base ont commencé à changer cette situation car les leaders préparaient les parents aux baptêmes, au mariage. Aujourd’hui pratiquement tous les villages sont reliés au village central par le réseau des routes. De plus, les normes de l’Église ont beaucoup évoluées.

[4] La République fédérative du Brésil est composée de 26 États, plus le district fédéral.

[5] Le babaçu est un palmier très présent dans la région du Maranhão.

[6] Cet État côtier se trouve au Nord de celui de Rio de Janeiro.

[7] Le Pindaré est un fleuve dans la région centrale de l’État du Maranhão.

 

Igrejas e questões político-agrárias no Maranhão, Brasil.

IGREJAS E QUESTÕES POLÍTICO-AGRÁRIAS NO MARANHÃO

Victor Asselin

      Permitam-me, ao fazer memória da história eclesial dos anos 60-90, dedicar estas palavras aos trabalhadores e trabalhadoras da área rural deste Estado e da periferia da cidade de São Luis e torná-las celebração, pois sua  coragem e sua luta só podem ser expressados em sentimento de indignação diante de tamanha corrupção e de agradecimento pelo dom da vida de muitas vítimas.

Foi-me proposto o tema “As Igrejas cristãs e as questões político-agrárias no Maranhão”. Ser-me-á difícil tratar do assunto de maneira exaustiva, pois esta conversa não é o fruto de uma longa pesquisa. Bem ao contrário, é fruto de ume experiência de vida. Consultei algumas notas que ainda me restam e as juntei às lembranças que a memória conservou. Tratarei quase exclusivamente das comunidades de base, como se chamavam na época, nas áreas rurais, incluindo a da Ilha de São Luis, como um JEITO NOVO DE SER IGREJA ou como caracterizava Dom Pedro Casaldáliga “o jeito que os pobres descobriram de ser Igreja”.

Portanto, não tratarei da ação tradicional da Igreja na área rural, não abordarei a ação da Igreja na cidade de São Luis e, embora tenha muita afinidade com a opção das comunidades de base do interior, não falarei da ação da Igrejaem São Luisno momento em que foi desencadeado o processo de ocupação do terreno urbano.

Num primeiro momento, caracterizarei a ação das comunidades de base no Maranhão em quatro períodos:

  • antes de 1968: tempo de gestação das comunidades de base;
  • 1968-1975: tempo de descoberta de sua identidade;
  • 1976-1989: tempo de aprofundamento fé e vida, religião e política.
  • Após 1989: tempo de hesitação

Numa segunda parte, aprofundarei a questão rural da época e a violência exercida sobre os trabalhadores e trabalhadoras rurais.

Numa terceira parte, destacarei alguns pontos que me parecem importantes como resultados do processo das comunidades e concluirei formulando alguns desafios para a Igreja do Maranhão.

PRIMEIRA PARTE – A IGREJA CATÓLICA 

1. Antes de 1968 – Tempo de gestação das Comunidades de base

            No Maranhão, fim dos anos 60, existiam a Arquidiocese de São Luis, tres dioceses e cinco prelazias: Caxias, Grajaú, Carolina, Pinheiro, Viana, Balsas, Bacabal e Cândido Mendes (hoje Zedoca). Dom  Mota sucedeu a Dom Delgado em 1964 como Arcebispo, Dom Fragoso, auxiliar de Dom Delgado, foi nomeado para Crateús e chegou em 1966 Dom Edmilson como auxiliar de Dom Mota. Todos os bispos das dioceses e prelazias, exceto Cândido Mendes, eram religiosos e, exceto Caxias e Bacabal, italianos. Posteriormente foram criadas as dioceses de Coroatá, Brejo e Imperatriz.

Dom Delgado e seu auxiliar tinham grande interesse nas questões sociais e deram apoio significativo ao trabalho de educação de base. O laicato militante da Ação católica se fazia presente na sociedade e solidário das “Reformas de base” propostas pelas autoridades governamentais no começo dos anos 60, como o estava também a direção da Conferência dos bispos. Paulo Freire tinha iniciado, com a “pedagogia do oprimido”, o “Movimento de Educação de base” (MEB). Destacava-se a ACO (Ação católica Operária) na cidade de São Luis e a ACR (Ação católica rural) no meio rural. Porém o golpe de Estado de 31 de março de 1964, imposto pela força militar fez abortar o projeto.

O anúncio de um Concílio Ecumênico, feito pelo papa eleito em 58,  João XXIII, criou novas expectativas. Havia questionamentos a respeito da DESOBRIGA, modalidade de assistência religiosa da Igreja Católica ao povo da área rural no Maranhão. Algumas inquietações se expressavam na então Prelazia de Pinheiro, fim dos anos 50, após a chegada dos missionários canadenses. Mons Gerard Cambron foi a figura que iniciou o diálogo.

            Os anos da realização do Concílio Vaticano II ajudaram padres a amadurecer a necessidade de transformar o jeito de ser Igreja. Mantinha-se um contato permanente com as discussões no Concílio e se iniciou um processo de criação de pequenas comunidades, em particular nas áreas rurais, sob a liderança de catequistas devidamente formados a este fim. Era uma tentativa de descentralização do poder do pároco. Cabia-lhes conduzir as atividades religiosas e organizar as visitas do pároco preparando os pais para o batismo de seus filhos e para o casamento dos adultos. Essa nova prática surgiu em algumas paróquias da Prelazia de Pinheiro e de Balsas e, posteriormente, em paróquias da parte rural da então Arquidiocese de São Luis, hoje prioritariamente territórios das dioceses de Brejo e de Coroatá.

Havia algumas comunidades vivas no interior do município de Rosário e de Itapecuru. Quero prestar uma homenagem especial a esta região que sobreviveu naquele tempo, apesar da falta de acompanhamento. Eram comunidades com características próprias. Nesta      região se destacavam lideranças como Calixto, Justo, Davi e outros que se juntaram depois.

O Concílio Vaticano II permitiu aos bispos de estabelecer relações entre eles. Sabemos que Dom Helder Câmara foi um eloqüente articulador dos bispos latino-americanos durante as suas estadiasem Roma. Essetempo levou os bispos a sentir a necessidade de uma pastoral mais organizada. Iniciou-se um processo de planejamento da Ação pastoral no Maranhão e algumas dioceses tomaram a iniciativa de realizar anualmente a Assembléia diocesana de pastoral, reunindo leigos, religiosos e padres. A pequena comunidade, chamada de base, já existente em certas áreas no molde já explicado acima, era considerada uma alternativa à desobriga, em outras palavras, uma alternativa à paróquia. Esta situação desencadeou uma tensão entre os promotores de ambas as partes, gerando até às vezes incompatibilidade de trabalho entre os líderes das comunidades de base e seus animadores e os párocos que mantinham firme a ação tradicional.

Foi um período em que se questionou muito a ação da Igreja. Tempo ricoem buscas. Precisavasuperar a desobriga.

2. ANOS 68-75 – Tempo de descoberta de sua identidade

            Em 1968, iniciou-se um novo período: as comunidades descobrem sua identidade. Em dezembro daquele ano, realizou-se em São Luis, Tirirical, o primeiro encontro das Comunidades de Base da Arquidiocese de São Luis. Participaram deste encontro, as lideranças da paróquia de Tirirical, na época área que se estendia do atual São Cristóvão até Itaqui-Bacanga e as comunidades que formam hoje os territórios das dioceses de Brejo e Coroatá. O encontro foi organizado pela coordenação pastoral da Arquidiocese tendo como coordenador o Pe Gerard Dupont e animado pelo padre Albani Linhares da diocese de Sobral, falecido o mês passado na cidade de Fortaleza. Iniciativa que se repetiu anualmente até o ano de 1973.

A década de 70 foi fértil em compromissos na vida da Igreja. Medellin estava aí e a “opção pelos pobres” vinha dar um rosto ao Concílio Vaticano II na América Latina. Existia o Instituto de Pastoral Latino-americano em Quito, Ecuador, que ministrava um curso de seis meses para habilitar os agentes da Igreja para uma ação na linha da libertação na América Latina. O padre Ernane Pinheiro de Recife tinha feito aquele curso e queria que a gente o fizesse. Dom Luis, bispo atual de Caxias também o fez.

Tínhamos que descobrir um novo caminho. Quem expressou bem o que a gente vivia é um lavrador do povoado Salgado de Itapipoca, Ceará.

“… com muita fé e boa vontade que eu tenho, não sei como irei … “só prometo uma coisa, desta maneira de trabalhar eu não mais continuarei…o jeito dos trabalhos … dá muito mais chance aos exploradores explorarem com menos trabalho … continuar fazendo reuniões, visitas, só falando em amor, união, paz, fé etc.. e não falar do sofrimento do povo não dá mais … são os latifundiários que não tem amor e ficam tirando o couro dos pobres.

… até que abri os olhos …”

2.1 A articulação na Arquidiocese de São Luis

Estamos em 1973. Para realizar um trabalho de articulação do povo numa linha de compromisso com a realidade, tínhamos que pensar a nível mais amplo. Já existia no Maranhão uma articulação das Comunidades de base em algumas dioceses. Porém, o padre ainda era a mola do trabalho. “Onde não há padre, o pessoal torna bicho. É o padre que faz a animação no lugar”. Assim se expressava um leigo.

“As Comunidades cresceram, dizia o Arcebispo, e eu preciso de um coordenador a tempo integral para elas”. Nasceu a coordenação das comunidades do território da Arquidiocese de São Luis. Dois problemas emergiam: o individualismo dos agentes e o isolamento dos grupos comunitários e a fragilidade das Comunidades de base organizadas em torno do culto dominical e da catequese.

Após contatos com as diversas regiões, com a finalidade de tomar um rumo mais acertado, articulamos um grande encontro das Comunidades de base da Arquidiocese de São Luis, em dezembro de 1973. Neste encontro, queria se fazer uma avaliação mais aprofundada delas. O Pe Claúdio Perani do CEAS, Salvador, BA, assumia o papel da assessoria junto ao Pe Albani Linhares da diocese de Sobral, Ce, e do Pe Gérard Cambron. Pe Albani era muito conhecido no meio. Havia tempo que vinha acompanhando o trabalho das comunidades.

A presença do Pe Cláudio Perani foi muito importante. Passo a transcrever algumas de suas observações enviadas após o encontro. Iniciava seus comentários dizendo:

“O fato de poder reunir com tanta facilidade uma assembléia numerosa de  camponeses revela a existência de um trabalho bem dinâmico no setor rural.

Fiquei impressionado ao ver o grau de responsabilidade do povo: ele sabe dizer a própria palavra, assume, organiza, questiona, tem responsabilidades … ”

Em seguida fazia dois questionamentos :

  1. O problema da relação agentes-povo.

O primeiro questionamento se referia à relação entre os agentes e o povo. Dizia ele:  “A necessidade de respeitar o povo e de favorecer sua  responsabilidade, autonomia e participação não significa – evidentemente – uma omissão do agente. Minha impressão é que exista uma certa omissão, em lugar de reconhecer a própria influência e questioná-la para ver como melhor utilizá-la em favor do povo.

Em primeiro lugar, mesmo quando a gente se afasta de uma intervenção direta, não deixa de influir em várias outras maneiras…

Em segundo lugar, as afirmações do povo não podem ser consideradas, assim sem mais, como palavra do Espírito Santo, só pelo fato que vêm do povo. Ao contrário, quanto mais espontâneas, tanto mais fácil que sejam equívocas, condicionadas por toda uma ideologia de opressão que se torna presente em mil maneiras na vida do camponês. A funcão do agente não é simplesmente técnica, mas deve proporcionar a possibilidade de uma visão sempre mais crítica (que liberta).”

b. A questão da ideologia do povo (e dos agentes)

O segundo questionamento levanta a ideologia do povo e dos agentes.

“O plenário manifestou o prevalecer de uma visão individualista e voluntarista. Individualista: grande parte da atenção foi concentrada sobre a responsabilidade do “padre” e do “dirigente”. Voluntarista: muitas soluções iam na linha da fé, paciência, coragem, etc.

“Não havia uma análise mais estrutural que relacionasse entre si os vários problemas, compreendendo mais profundamente as causas escondidas. Daí o fato de apresentar soluções típo: formar a família, educar as pessoas, etc., numa visão bastante estática.

“Nessa mesma linha, a falta de uma visão mais “conflitiva”do evangelho.”

Após este encontro, duas necessidades saltavam aos olhos: a necessidade da articulação dos agentes e das bases e a importância da análise mais profunda da realidade.

O encontro de dezembro de 1973 não ficou sem resposta. Logo após o encontro, Albani, Carolina e eu nos reunimos, sob a sigla VAC (Victor – Carolina – Albani), com a finalidade de nos interrogarmos sobre a modalidade de desencadear um processo de articulação dos agentes e sobre a modalidade de colaborar para que as bases desencadeassem seu próprio processo. Fizemos uma segunda reunião em janeiro de1974. Apartir daí, articulação e capacitação andaram juntas, aberto em âmbito estadual, regional e nacional.

É de suma importância atentar ao fato de que uma das forças das comunidades de base do Maranhão foi o fenômeno de sua articulação nos diversos níveis, estadual, regional, nacional. Vejamos.

2.2 Articulação no âmbito estadual

 Em janeiro de 1974, iniciava-se um processo de articulação a nível estadual, capacitando as lideranças nos seus respectivos municípios de acordo com suas necessidades. O encontro anual da Arquidiocese de São Luis, iniciado em 1968, passou a ser semestral (julho e dezembro) e eram convidadas lideranças de todas as dioceses do Estado. Reuniam-se de100 a120 pessoas. A coordenação do encontro, incluindo as tarefas de conteúdo, manutenção e cozinha, era assumida por região escolhida no fim de cada encontro. Os temas até então da vida interna da Igreja passaram a ser os da vida do povo: direitos humanos, direitos do lavrador, lei da renda, direitos e deveres do lavrador, etc.

Os camponêses começaram a abrir os olhos. Na avaliação do encontro de dezembro de 1974, pudemos escutar comentários como estes:

“Isso deu para mostrar que a gente deve ajudar não só na parte espiritual, mas também material.”

“Descobri que temos direitos. Vai ser uma base que vai me afirmar.”

“Se alguém disser “faça isso”, vou dizer “diga de novo”, “espera aí.”

“Estou satisfeito em saber que o homem do campo pode reclamar.”

“Sinto-me com grande responsabilidade.

2.3 Articulação no âmbito regional

Nesse mesmo período, a articulação estadual se estendeu ao regional

do Maranhão-Piaui-Ceará, divisão eclesiástica da CNBB na época,  NE I.  Viveu-se um tempo ricoem solidariedade. Sãoos encontros realizados na Meruoca, Ce, em20 a25 de fevereiro e em21 a30 de agosto de 1974 e outros em Teresina, Pi. Apareceram conflitos em terras da Igreja. A gente se perguntava: como vamos nos comportar em luta contra a Igreja que é também nossa ? Esta situação nos levou a buscar, a nível mais amplo, um trabalho de libertação. A pedagogia libertadora era nossa principal preocupação.

Do encontro de agosto de 1974, na Meruoca, nasceu uma equipe regional de articulação que se deu como tarefa o acompanhamento e a animação dos participantes das regiões MAPICE. Era importante estender nossa articulação com os outros grupos existentes. Os membros da equipe continuavam a se interrogar sobre a viabilidade de tomar a iniciativa da articulação regional das bases. Que tipo de interferência podemos ter neste processo ? Como fugir do perigo de elitização ? Os agentes se organizaram em pequenos grupos de acordo com seu interesse de estudos e aprofundamentos: história – religiosidade popular – sindicato – lutas populares – leis da terra – luta de classe e projeto babaçu.

O pessoal do Ceas,em particular Claúdioe Andrés, facilitaram muito a caminhada da articulação regional com visitas às regiões e com cursos de capacitação.

2.4 Articulação no âmbito nacional

E mais, na mesma época, havia interesse em desencadear um processo de articulação nacional.  Estávamos em anos difíceis da ditadura. Alguns bispos tinham iniciado um processo de articulação no âmbito da CNBB e desejavam ampliá-la para chegar até o povo. Imaginaram convidar algumas lideranças das diversas regiões do país. O nosso regional, bastante articulado, recebeu o convite. A primeira reunião se realizou nos dias8 a10 de fevereiro de 1974 em Salvador, BA. Procurava-se pistas para a articulação a nível nacional. As preocupações e as perguntas dos participantes eram as mesmas que a gente se fazia no Maranhão. O que significa a “opção pelos pobres”? “Tem-se a consciência de dominado”?

Pelo fato da conjuntura nacional, os participantes não queriam e não podiam ser considerados como grupo. Era preciso porém não ser um grupo nem “clandestino” e nem “público”. Criar comunhão entre pessoas-chaves das diversas regiões do país em vista de uma ação libertadora era o objetivo de todos. Por isso a gente delineou alguns critérios para uma ação libertadora. Uma ação é libertadora, dizia-se, quando ela

. atinge a raiz e não só os efeitos

l             l eva a uma mudança;

. desperta a consciência crítica;

. leva o povo a se auto-determinar;

. incentiva a participação desde a base.

Duas vezes por ano, essas pessoas se encontravam em âmbito nacional.

2.5 Encontro de Vitória, E.S.

Em Vitória do ES, vivia Dom Luis Fernandes. Era bispo auxiliar da Arquidiocese, muito interesssado pelas Comunidades de base. Queria fazer uma avaliação mais aprofundada do trabalho dele. A este fim, no segundo semestre de 1974, resolveu convidar algumas pessoas de diversas regiões do país trabalhando com elas. O encontro era marcado para os dias6 a8 de janeiro de 1975. Pedia enviar com antecedência o relato de uma experiência de uma comunidade eclesial de base. Neste momento começou a aparecer a denominação eclesial. Contava ele que a idéia deste encontro tinha nascido numa conversa com Eduardo Hoornaert quando se interrogava sobre o futuro das CEB’S. E Eduardo de dizer : “Porque não reunir esses grupos do Brasil dentro dos objetivos da diocese de Vitória para estudos ?”

O objetivo de Dom Luis era, ajudado pela colaboração dos participantes das diversas regiões do país, descobrir pistas concretas para  o trabalho futuro da Igreja de Vitória. No fim daquele encontro foram apresentadas diversas opções que serviram de subsídios para a elaboração das conclusões do encontro. No meu caderno de anotações leio:

“Nas diversas opções apresentadas, optou-se, em primeiro lugar, o assumir concreto do significado de “libertação”: problema político, cultural e ministerial. Quanto ao problema político, destacou-se um ponto fundamental: TERRA. Isso significa que se deve tomar uma posição a respeito da propriedade. Quanto ao problema ministerial, criar uma assessoria para refletir sobre a passagem entre o sistema clerical e aquele novo que vai brotar. É necessário garantir a autonomia da base.”

Essas opções discutidas em plenário foram formuladas nas conclusões finais de maneira seguinte :

“Em obediência ao Evangelho e aos apelos que vem da realidade vivida pelo povo, optamos por uma evangelização libertadora através do trabalho nas CEB’S. Isso implica numa clara opção nossa pelos oprimidos.

Na linha da ação política, que a Igreja participe da luta de libertação do povo, denunciando toda forma de injustiça e suas causas, propondo uma sociedade sem barreiras que impedem a fraternidade e a comunhão entre os homens.”

Dom Luis não pretendia desencadear um processo de articulação nacional das CEB’S. Mas assim foi, pois o ano seguinte, em 1976, houve um segundo encontro em Vitória com uma participação mais ampla de agentes trabalhando nas CEBS e em 1977 foi o encontro de João Pessoa, encontro que teve todas as características da articulação nacional das lideranças compromissadas com a causa do povo. E assim seguiram os encontros nacionais.

2.6 Encontro no âmbito da Amazônia Legal

Concomitante ao encontro das CEB’s em Vitória, ES, Pe Virgílio Uchoa, assessor da linha dos ministérios da CNBB, começou a articular um encontro de representantes trabalhando no território da Amazônia Legal para estudar a questão TERRA.

No dia 19 de junho de 1975 estávamos reunidos, agentes das regiões e membros das comissões nacional e regionais de Justiça e Paz,em Goiânia. Trabalhamosaté o dia 22. Num primeiro momento assistimos a palestras de representantes do INCRA e da Contag. Em seguida tentamos uma análise crítica da problemática terra na Amazônia Legal. Destacou-se a importância do instrumento jurídico, da falta da posse legal e da conscientização e do comportamento da Igreja. Fez-se uma crítica ao modelo brasileiro. O dia seguinte falou o Superintendente da SUDECO, representando o Governo na circunstância.

Prosseguindo, fez-se uma pergunta: “Dentro do que estamos fazendo, qual o objetivo, a visão, os impasses e as contradições da ação da Igreja?” Os debates foram animados e preocupantes. O que fazer para que este encontro produza seu fruto ?

Lembro daquela noite, onde, num quarto de dormir, estavam presentes Andrés, Claúdio, Ivo, D. Pedro e eu alimentanto informalmente a conversa. Estávamos procurando jeito de liderar as conclusões do encontro. Surgiu, não sei como, a idéia de sugerir a Dom Moacyr Grechi, responsável pela linha missionária da pastoral da CNBB, a criação de uma Comissão de assessoria a ele para o assunto terra. Idéia genial. No momento da caminhada final do encontro, a proposta foi apresentada, votada e aprovada. Acabava de nascer a Comissão Pastoral da Terra como órgão de assessoria ao bispo responsável pela linha missionária da CNBB.

3. Anos 1976-1989: Tempo de aprofundamento

O Maranhão estava em plena crise. Desde o “Maranhão Novo” do então ex-governador José Sarney, o Estado vivia fos tensões, violências e mortes.  A grilagem pipocava em todos os cantos, em particular na área do Pindaré, diocese de Viana. O novo bispo nomeado, presente ao encontro da Amazônia Legal, vinha para “botar órdem” e acabar com a memória de Dom Hélio Campos.

A notícia da criação da CPT  foi uma feliz notícia para o Maranhão. Chegava como uma recompensa a tantos esforços de tantos agentes da Igreja comprometidos com o povo.

Ivo Poletto assumiu a tarefa do secretário-executivoem Goiânia. Nesteintervalo do segundo semestre de 1975, ele visitou as diversas regiões, inclusive o Maranhão. Precisava informar. Dom Mota, arcebispo de São Luis, em cuja arquidiocese assumia eu a coordenação das CEB’S, ainda não tinha dado seu acordo. Manifestou sua adesão em 5 de março 1976, após a criação oficial da CPT no Maranhão, decisão tomada pelos agentes já engajados nas CEBS e movimentos populares diversos.

A CPT desencadeou o processo de articulação pelas bases e deu uma vitalidade às comunidades eclesiais de base, sonho que a equipe de articulação sonhava há alguns anos.

Continuavam os encontros a nível nacional. Porém, em maio de 1976, tomou-se conhecimento de que o meio rural se apresentava mais organizado e articulado através da CPT, que os índios já tinham sua organização através do CIMI e que estava também articulado o meio operário, em particular nas regiões de São Paulo, dando nascimento à CPO. Resolveu-se então encerrar esta modalidade de encontro por ter conseguido rapidamente seu objetivo, isto é articular os rostos diferentes do povo de Deusem ação. Nomesmo ano, em agosto, a equipe de articulação do MAPICE também questionou a necessidade de continuar os encontros a nível regional. Após uma avaliação dos últimos acontecimentos, chegamos à conclusão de que também os encontros regionais tinham cumprido sua missão. A raiz da articulação das CEBS estava plantada e cabia aos jardineiros a tarefa de continuar a cultivá-la.

Diante dos fatos e do crescimento da consciência dos homens e das mulheres no campo, hoje, ninguém duvida. A Criação da Comissão Pastoral da Terra em junho de 1975 foi um gesto profético para alguns e uma loucura para outros. Ela não nasceu nem por acaso e nem por geração espontânea. Chegou como um ponto de encontro de diversos caminhos que vinham se construindo. E chegou como resposta à busca das CEBS: unir Fé e vida numa prática política e ecumênica. Apareceu o rosto camponês da Igreja. Foram anos de amadurecimento das CEBS e da ação da Igreja.

 4. Após 89: Período de hesitação

O movimento das “Diretas já” e da Constituinte marcaram a participação popular, selando sua luta numa Constituição chamada “Constituição cidadã”, pois, apesar de suas ambigüidades, conseguiu firmar importantes conquistas. As CEBS no Maranhão, a exemplo das outras regiões do país, deram suas contribuições nesta conquista.

Seguiu-se um período de hesitação: assistimos à desarticulação dos movimentos, à dispersão das forças, ao fechamento dos espaços conquistados em âmbito eclesial, ao abandono, à fuga e à perda parcial da liderança, à perda de visão de conjunto e de motivação, a um vazio de informações, etc. Enfim é como se, com a volta ao governo civil, todos os problemas tivessem sido resolvidos.

Este período de indeterminação permitiu às elites de continuar a manter os pobres na ilusão. O episcopado não tinha mais o vigor e o dinamismo dos anos 70-80. Apartir de 1990, apareceram as novas tendências na Igreja. Priorizava-se o “espiritual”. Sentia-se a influência dos movimentos religiosos internacionais. A hierarquia da Igreja pouco a pouco esqueceu seu compromisso com as « angústias e tristezas do povo” e voltou à sua vida interna, provocando assim uma mudança radical na formação dos seus agentes de pastoral. As CEB’S e os movimentos sociais mais significativos não encontraram nesta reviravolta o ambiente de avaliação, de reflexão e de crescimento desejado e tomaram certa distância.

Não tendo acompanhado de perto e de dentro as CEBS após 1990, deixo de fazer sua análise e, com muita segurança e brilho, João Maria poderá fazê-la.

 SEGUNDA PARTE – A LUTA CONTRA A GRILAGEM ….. TERRA,                                                          campo de ação das CEBS

            A TERRA, a luta pela terra ou mais exatamente a luta contra a grilagem marcou a vida das CEBS. Com a CPT os cristãos e cristãs lavradores acabavam de encontrar o caminho para definir a sua identidade, rosto camponês da Igreja no Maranhão, como já falamos. Na cidade houve uma luta semelhante com a ocupação do terreno urbano. São Luis é uma ilha. Numa ilha, não se invade, se ocupa o terreno.

1. Uma memória

“No dia 21 de Abril de 1500, quando aqui chegaram os portugueses, o país que viria a ser chamado Brasil perdeu a autonomia sobre seu território e iniciou-se o processo de grilagem.

“… a Lei de terras instituiu, (Lei 601 de 1850)  no Brasil, o cativeiro   da terra – aqui, as terras não eram e não são livres, mas cativas”       escrevia José de Souza Martins. E continua: “Quando , a 31 de março            de 1964, mudaram os donos do poder, consagrou-se uma nova etapa           de grilagem do território.” (p. 12)

A grilagem de terra no Maranhão deve ser compreendida no contexto de que grilagem é problema estrutural e por isso, é planejada e estimulada.

2. Alguns aspectos históricos

                       Até a década de 30 se esboçava um plano de integração do norte de Goiás, hoje Tocantins, a partir de Anápolis. Nos anos 40, o projeto da Colônia Agrícola Nacional de Goiás em Ceres aberto pelo INIC (Instituto nacional de Imigração e colonização) depois SUPRA – INDA- IBRA e INCRA – foi um ponto de atuação dos grileiros no médio norte de Goiás, no sul do Pará e na região tocantina, Carolina, Estreito e Imperatriz. Nos anos 50 foi a construção da nova capital Brasília e da estrada Belém-Brasília.

O que era Imperatriz, no começo do século XX ? Fundada em 1852, foi elevada à categoria de cidade em 1924. Em 1950 contava 1.152 habitantes e, em 1960, 4.137 habitantes. E o que era Santa Luzia do Tide (Clotilde) na mesma época ? Existiam povoações bem antigas beirando o rio Zutiuá mas Santa Luzia foi criado em 1951 por três lavradores vindo de Pirapemas. Tornou-se município em 1959.

3. As grandes mudanças e a grilagem

Estava se preparando uma MUDANÇA RADICAL em toda esta região. As terras do Maranhão eram devolutas (cativas como dizia José Martins) e passaram a ser cobiçadas pelos interesses de São Paulo, Triângulo Mineiro e Goiás. Multiplicaram-se as fraudes. Uma vez planejado e criado o problema social, precisava usar de criatividade para justificar e legalizar a apropriação dessas terras. Sucederam-se leis e organismos de acordo com as necessidades do momento. Foram anos de extrema violência. Vamos relembrar alguns momentos desta história, pois nos ajudará a compreender a situação do povo maranhense e o compromisso assumido pelas comunidades eclesiais de base naqueles anos. Dividirei esses momentos em três etapas:

-         Primeira etapa da grilagem o Maranhão: 1956-64

-         Segunda etapa da grilagem no Maranhão: 65-68

-         Terceira etapa da grilagem no Maranhão: 69-80

3.1  Primeira etapa da grilagem no Maranhão: 1956-64

Em 1956 determina-se a construção da nova capital e da estrada Belém Brasília; em 1958 já existiam alguns grilos Gurupi,, Torre Segunda, Campo Alegre e Frades na parte oeste do Estado e ao longo da Belém-Brasília vieram lavradores mineiros, baianos e capixabas, típo classe média rural. Estes empregavam mão de obra e ocupavam 200, 300,500 hectares. Os empreiteiros da estrada ocupavam também trechos de terra para fins especulativos.

O clima de Imperatriz era de muita violência. Era lugar de esconderijo na Beira do Tocantins, refúgio de foragidos, assassinos e pistoleiros. Pedro Ladeira era um. Dizia-se: « Quem matava cinco, deixava seis amarrados pra morrer no outro dia ».

No começo dos anos 60, afraude se instalou. Criaram pessoas fictícias, emitiram escrituras particulares baseadas em inventário que nunca existiu. Foi a primeira etapa da grilagem em que se manifestaram os interesses paulistas, encabeçados pelo senador Orlando Zancaner de São Paulo. Nessa mesma época, ao longo do trecho da estrada em construção, vindo de Belém em direção a Brasília, apareceu a “indústria de usucapião”, desencadeada no município de Turiaçu em 1963 através do juiz de direito José Ribamar Fiquene e dos falsos registros do cartório de Carutapera, O Juiz Fiquene foi posteriormente juiz de Imperatriz.

3.2   Segunda etapa da grilagem no Maranhão: 1965- 68

Em 1965 começa o asfaltamento da estrada Belém-Brasília e em 1966, o governo brasileiro deu permissão à Força aérea dos USA de mapear aerofotogramétricamente o país. O grileiro João Inácio promovia venda de terras para os norte-americanos.

Nesta segunda etapa, houve um impulso da grilagemem direção  Marabáeem direção Açailândia. Houvegrande migração, minoria baianos, mineiros, capixabas e maioria piauienses e cearenses. Eram em geral, pobres. Dizia-se: “atrás da pobreza, vem os grileiros”.

Em 27.10.66, por lei federal,  incorpora-se os100 kmde cada lado das rodovias federais construídas, em construção ou planejadas ao patrimônio da União e o Governo José Sarney a partir de janeiro 67, toma diversas medidas.

Três medidas tomadas pelo governador Sarney são de suma importância para entender o destino do Estado do Maranhão. Em outubro de 1968, ele cria a Delegacia de Terras em Imperatriz, nomeando Pedro Nunes de Oliveira, delegado do órgão, e Agostinho Noleto, procurador. O objetivo da delegacia: disciplinar a ocupação e titular as áreas, transferindo o domínio público para o domínio privado. Estourou mesmo a grilagem. Em 6.12.68, ele cria a Sagrima (Secretaria de Agricultura do Maranhão e nomeia Lourenço Vieira da Silva, secretário. Enfim, em 28.11.69, cria a Lei de terra, 2.979, que facultava a venda de terras sem licitação a grupos organizados em sociedades anônimas, sem número limitado de sócios, podendo requerer cada um até3.000 ha.

Para complementar o quadro, em 9.7.70, foi criado por Lei federal 1.110, o INCRA, órgão máximo para administrar as terras ao longo das rodovias federais. Em Imperatriz foi o começo da proteção dos requerimentos das grandes propriedades.

A segunda etapa da grilagem se formalizou em 1968 pela fraude do inventário no cartório do 2º Ofício de Imperatriz em torno da figura fictícia de Faustino Pereira de Carvalho. É GRILO PINDARÉ, chamado grilo da Fazenda Pindaré. Grilo Pindaré é um grilo privilegiado. Grilo de dimensão muito elástica. Nunca foi fazenda. Foi grilo que consistiu em se apossar de todas as terras livres do Estado do Maranhão. Em 1975, o juiz Federal Carlos Madeira ao julgar um processo aberto pelo Incra e pelo Estado, dizia: “que desvalidos são esses que tinham uma posse digna dos maiores representantes de Portugal ?”

3.3   Terceira etapa da grilagem no Maranhão: 1969-80

Fim do ano 60 e começo do ano 70, abre-se a primeira picada da estrada Açailândia-Santa Luzia. O grilo Pindaré toma proporções enormes. Instam-se grandes projetos agropecuários. A delegacia de Terras era bem pequena para os grandes apetites. Sarney, já senador, apresenta a candidatura de José Leite, pernambucano, à prefeitura de Santa Luzia, o que abriu as portas para os empresários pernambucanos na região. O governo militar, em 1.4.71, por decreto-lei 1.164, declara a faixa dos100 km. de cada lado das estradas federais, “área de segurança nacional”.

Pedro Neiva de Santana tinha sucedido a Sarney como governador do Maranhão. Houve uma verdadeira corrida para as terras do Pindaré. As transmissões eram feitas com extrema rapidez. Pedro Neiva consagrou a grilagem. Não acreditava na documentação apresentada, mas estava diante do grupo poderoso dos senadores Orlando Zancaner de São Paulo e Osiris Teixeira de Goiás, apoiados pelo então senador Sarney. Querendo atrair investimentos para o Estado, acolheu o grupo de Ituiutaba (MG), recomendado pelo governador de Minas, Rondon Pacheco. Isso deu sinal verde a Agostinho Noleto para realizar o que tinha projetado por volta de 68-69 e o juiz Delfino Sipaúba de Imperatriz dizia : “Porque não podemos autorizar o registro do grilo quando o próprio Estado autoriza ?

Em 6.12.71, a Lei estadual 3.230 cria a Comarco, incorporando ao seu patrimônio uma área de terras localizada nos municípios de Grajaú, Lago da Pedra, Vitorino Freire, Pindaré-Mirim, Santa Luzia e Amarante, avaliada em1.700.000 hectarese uma outra área de400.000 hectares. Na região do Maracaçumé (Turiaçu), além dos 46 requerimentos já existentes na área, reservou-se300 hectarespara assentar 10 mil famílias e o restante era para os grandes projetos.

Chegou o governo Nunes Freire que não queria entregar terras a latifundiários outros que maranhenses. Ameaçado de perder o cargo, foi obrigado a assinar escrituras de grilagem.

Delegacias de Terras, Sagrima, Incra e Comarco criaram o conflito social. As forças se enfrentavam. No governo de Castelo entra em cena a Coterma (abril 79) a nível estadual e o Getat (fev. 80) a nível federal. O Incra tinha autorizado a ocupação para mais de um requerente em cima das mesmas terras. Agora o Getat tinha que resolver. No Maranhão, a Coterma quis resolver o conflito social fazendo acordos em terras do Estado. Para acelerar o processo criou-se a Ceter (80), nomeando o Pe Hélio Maranhão, ligado diretamente ao governador para fazer mediação entre lavradores e Estado.

Na terceira etapa da grilagem, em 1972, se reincentivou a fraude cartorial do tempo do governador de Pedro Neiva de Santana e Lourenço Vieira da Silva, secretário de agricultura, foi autorizado a fazer o devido registro.

O que ficou claro nesta etapa é que o grilo teve um ponto de partida e se estendeu até conseguir a realização do propósito inicial, isto é apropriar-se de todas as terras devolutas do Estado identificadas como necessárias para o desenvolvimento e a segurança.

Com este superficial panorama, podemos verificar o percurso da grilagem no interior do Maranhão. De Imperatriz, a grilagem segue o rumo para Grajaú-Barra do Corda passando por Porto Franco e pela antiga estrada Imperatriz-João Lisboa; abre-se novas fronteiras para o Oeste com a estrada Imperatriz-Coquelândia, passando por Cidelândia, Trecho Seco em direção a São Pedro da Água Branca; abre-se novas fronteiras para o Leste, Br-222, Açailândia-Santa Luzia, entrando nos municípios de Pindaré, Monção, Santa Inês, Bom Jardim e Viana e novas fronteiras ao longo da estrada Belém-Brasília, penetrando na Serra do Tiracambu, sul de Carutapera. Abílio, personagem importante na fraude de documentos, dizia: “grilo que eu faço, galinha não come e nem voa. Nó que eu dou, ninguém desata”

4. Operação limpeza da área – Violência

Toda a área grilada era habitada por lavradores. Era campo de atuação das comunidades eclesiais de base. Precisava limpar a área. A operação limpeza da área é uma história sangrenta e indigna de toda pessoa que tem um mínimo de dignidade. Pedro Ladeira, homicida fugido da Justiça de Minas foi uma peça chave junto aos órgãos de terras, da justiça e da polícia de Imperatriz para o verdadeiro massacre que se operou na área do Pindaré.

4.1 A caça aos posseiros

Caçar os posseiros para afastá-los da área era o objetivo. Diversos métodos eram utilizados como atirar semente de capim por avião ou helicóptero sobre a plantação de arroz dos lavradores. Também a polícia apreendia as espingardas, armas de caça, ou qualquer utensílios necessários à lavoura como facão, faca, foice. Tudo isso muitas vezes era acompanhado de ameaças de morte: “tenho uma sepultura para você e outra para sua família” ou “já dei uns tiros no irmão do Dr. Jurandir… com vocês não vale a pena se sujar. Basta vender uma vaca e com o dinheiro pagar um pistoleiro”.

Quando os grileiros e seus empregados encontravam resistência, passavam a invadir, destruir e queimar as roças com apoio da polícia. Prendiam e levavam os posseiros para a cadeiaem Imperatriz. Visitavamas casas à noite, vasculhavam e cercavam a casa, apresentando-se às vezes como policiais federais.

O sargento Furrupa fez muita desgraça na área. Matou, humilhou gente sofrendo, deixou mulher perdida pelas matas e queimou casas na região de Buriticupu. A polícia militar de Imperatriz recebia de Pedro Ladeira uma “mesada” de 20 mil mensais. Conseguiram aliciar alguns posseiros para torná-los corretor de terras ou para ser pistoleiros, Os Bonfim (Resende) são exemplos. Contratava-se também pistoleiros de fora do Estado. Era uma verdadeira organização do crime.

Não se pode avaliar o número de mortos no Pindaré. Os moradores falam de um número incalculável. Quincas Bonfim mandou matar 7 num só dia. Tirou as orelhas das vítimas e saiu mostrando. Diz-se que Bonfim matou mais de 80; no meio da fazenda Cacique foram encontrados cadáveres no meio da mata; na fazenda dos irmãos Valle morreram mais de 100 peões e na fazenda vizinha de Olynto Garcia havia um cemitério.

Uma autoridade de Imperatriz me dizia que na cidade deviam se registrar tres mortos por noite e que a própria polícia fazia parte das quadrilhas. Acrescentou um morador: “ninguém tinha coragem de sair de noite antes da energia chegar. Aparecia tantos mortos pelas ruas, sem o  “couro” do rosto para não ser reconhecido…”

Em caso de grande resistência, era a chacina, pois inventava-se uma acusação de subversão e se matava a liderança. O fato é que, apesar de terem do seu lado toda a força política, econômica, judiciária e militar, os grileiros não conseguiam o afastamento de muitos posseiros. É assim que, na região de Buriticupu, teve-se então a idéia de inventar um movimento subversivo. Enquadrar os posseiros como terroristas seria o único meio de resolver o problema e afastá-los da área. Ladeira dizia : “poderemos matar sem que seja crime”. Os posseiros foram surpresos por rajadas de metralhadoras e tiros de fuzis. Intenso tiroteio. Alguns lavradores passaram dias nas matas. Todos os lavradores encontrados eram presos, espancados. A operação durou quase uma semana e lavradores foram acusados de subversão, preso, sem poder comunicar com quem quer que seja.

A morte do líder sindical João Palmeira é exemplo da violência praticada contra os lavradores. Um dia João Palmeira foi surpreendido com seus colegas na sua roça na hora do almoço por um bando de pistoleiros. Sem conversa, o tiroteio começou. Palmeira foi crivado de balas. Não tendo morrido logo, os jagunços o sangraram a faca.  José Viana que quis ajudar morreu também. Após a chacina, o próprio Ladeira passou pela casa da esposa de João Palmeira “dando notícia para mandar buscar o corpo dos que estavam mortos nas matas.” A viúva foi falar com o Comandante do 50 Bis que lhe disse: « era para ter sido morto há muito tempo, por ter o costume de viver a tomar as terras dos outros”. Numa carta da viúva ao presidente Geisel dizia : “gostaria de esclarecer a V.Exa, que qualquer investigação ou sindicância que fosse determinada a ser feita pelas autoridades do Incra ou mesmo da Polícia Federal do Maranhão, serão todas em vão, porque elas nunca conseguem apurar a verdade… quero acreditar que seja do conhecimento de V. Exa que o Presidente do Incra Lourenço Tavares Vieira da Silva é bastante familiarizado dos grileiros que infestam esta região, notadamente os que estão vindo do Estado de MG”.

4.2 Contratação dos trabalhadores

Outro método usado para “limpar a área” como se dizia, foi a contratação de trabalhadores. Por exemplo, Pedão, delegado de polícia de Açailândia, contratava trabalhadores para a derrubada e, uma vez o terreno pronto, os matava. Um morador dizia : « lá era sumidoro de gente ». Numa fazenda, 30 trabalhadores tinham sido contratados. Fizeram o serviço até o fim, tirando como adiantamento apenas o necessário para as despesas. Fazendo as contas, Zé Cândido cercou os peões com sua turma e botou fogo. Morreram todos queimados na mata.

« O crime é algo milagroso. Não há culpados e ninguém fica sabendo. O assassino nunca aparece e quem sabe nunca diz. Quem morre é considerado o criminoso. Aqui tem que se passar por bobo ou por medroso. Ouvir as coisas e se esquecer, senão está morto. »

TERCEIRA PARTE – Reflexões sobre o compromisso dos cristãos e                                                 cristãs das CEBS

            As comunidades Eclesiais de Base são verdadeiras escolas de aprendizagem e a terra, o campo da prática de sua fé. Essa prática foi ricaem descoberta. Apresentarei algumas conquistas que me parecem importantes.

1. Algumas conquistas

1.1              Religião e fé cristã são diferentes

Os participantes das CEBS descobriram que fé cristã tem uma identidade que a distingue da religião e que o Evangelho não é uma religião. A prática ensinou que a fé cristã não é só falar de um engajamento religioso, mas de uma opção de vida que segundo o Evangelho de Jesus, implica uma decisão que engloba tudo. A fé cristã é a adesão a um projeto que exige uma opção total e totalizante. E este projeto é o de Jesus. A fé não é um ato qualquer entre muitos outros nem uma opção ligada a um setor da vida. Ela quer ser une inspiração que orienta a visão, os critérios, as atitudes e a prática das pessoas, dos grupos ou de comunidades. Ter fé é entrar com Jesus na aventura do Reino, é construir o Reino com Ele, é fazer com Ele o caminho para que o Reino aconteça.

1.2 Religião e política andam juntas

Os cristãos e cristãs começaram a entender que a fé cristã além de estabelecer uma relação com o Pai de Jesus, estabelecem também uma relação com sua obra, a Criação. Descobriram que essa prática é o viés político da fé. Falar de política é falar da fé vivida no social, é falar do engajamento na sociedade civil, é falar da participação do povo na vida pública. Entendendo a fé desse jeito, não havia problema em dialogar com todos e todas, até com aqueles e aquelas que tem referências e valores diferentes da fé cristã. As CEBS começaram a viver a prática do ecumenismo.

1.3 Política, questão de vitalidade para as CEBS

Os participantes das CEBS chegaram a definir a política como uma  questão de existência e de vitalidade para elas. Mais do que nunca, tornou-se um imperativo de priorizá-la e lhe dar lugar de destaque em virtude da necessidade de se fazer presente nas mais variadas situações revoltantes das maiorias “sem emprego”, “sem teto”, “sem terra”, e dos “sem” de todo típo. Política é uma exigência da fé cristã. É a prática amorosa do Samaritano.

1.4 Evangelho e Política tem o mesmo objetivo

A política é a SERVA da plena realização do ser humano e de todos os humanos, a SERVA DA FELICIDADE. Por isso tem que se preocupar, em primeiro lugar, com o povo que vive marginalizado, excluído da participação na sociedade. É também o objetivo do Evangelho expressado na opção pelos pobres. Esta compreensão passou a ser o objetivo de sua luta contra a grilagem e a favor da conquista da terra. E não havia melhor inspiração do que o Evangelho de Jesus Cristo para sustentar sua luta quotidiana, pois Ele mesmo tinha feito a opção pelos excluídos como pedagogia para buscar o Bem Comum. Evangelho e política se dão as mãos para estabelecer a justiça.

Neste contexto, os cristãos e cristãs amadureceram a sua fé cristã. Foi fruto de uma longa caminhada. Tomou raízes na ação católica da geração anterior e continuou com a inspiração do Concílio Vaticano II. As CEBS tomaram o risco de viver a Igreja de maneira diferente. Dom Pedro Casaldáliga dizia: é “o jeito que os pobres descobriram para ser Igreja”.

2. Dificuldades

A prática desta articulação fé-vida foi e ainda é semeada de muitas dificuldades, pois elas são como dois caminhos que corremem paralelo. Destacamosduas dificuldades que foram vividas pelas CEBS na prática política: a prevalência do projeto pessoal no exercício do mandato e o afastamento dos agentes da Igreja dos seus militantes.

2.1 Prevaleceu na política o projeto pessoal

A politização das CEBS levou diversos cristãos e cristãs a se engajar em partidos políticos e alguns, a assumir um mandato. Para estes, houve ambiguidade no jeito de exercê-lo. Não houve a devida mudança de mentalidade nos militantes de tal maneira que o exercício do poder continuava a se legitimar pela lógica do exercício tradicional da política e não pela perspectiva do serviço ao Bem Comum. Fez-se na prática o que se condenava na teoria. Dito de outra maneira: faltou coerência no exercício do poder. Prevaleceu para muitos o projeto pessoal. As motivações evangélicas que deveriam ter justificado o agir dos cristãos no exercício do mandato, se perdeu no caminho.

2.2 Os agentes da Igreja se afastam dos militantes políticos

O compromisso de cristãos e de cristãs das CEBS na militância política gerou uma resistência da parte dos responsáveis conservadores da Igreja. Exerceu-se pressão para que se afastassem do engajamento em partido político. Dizia-se: temos que separar a ação pastoral do engajamento político e as CEBS evoluíam em pensamento diferente. Silenciosamente, uns se afastaram por estratégia e outros foram cooptados pelo poder oficial. A voz da hierarquia enfraqueceu e as CEB’S perderam a visibilidade que lhes era garantida pelo prestígio da hierarquia da Igreja.

CONCLUINDO esta reflexão, podemos dizer que, apesar de certos fracassos registrados, a Igreja ganhou experiência. Num seminário de avaliação realizado em junho de 2002 na cidade de Balsas com a presença de cristãos e cristãs do Estado, dizia-se:

“Temos a certeza da nossa capacidade e, apesar de tudo, ganhamos pontos. Existem líderes que perseveram e outros que buscam uma formação que os ajudará a viver sua fé em coerência com sua escolha. Ganhamos também porque descobrimos o caminho que liga fé e vida, religião e política. Enfim, ganhamos uma educação de base madura que criou raízes e o espírito da democracia e a luta pela terra cresceram muito.”[i]

O que são As CEBS, hoje?  Não acompanho atualmente o andamento das CEBS. Nas minhas atuais andanças, encontro cristãos e cristãs, adeptos de uma prática religiosa espetacular e emotiva e encontro também pessoas sensíveis à situação de pobreza e de marginalização vivida pela maioria do povo. Nestes, sinto que são comprometidos com a causa da transformação e com a elaboração de uma nova ordem sócio-política, encontrando no Evangelho sua fonte de inspiração. Engajam-se nas “políticas públicas”. É o Evangelho que se faz presente nas dimensões do temporal.

3. Desafios

            Eu não poderia terminar esta conferência sem lançar alguns desafios para as Igrejas, a começar para a minha, a nossa, a Igreja católica.

3.1 A fé cristã desafia o exercício do PODER

“Quem de vocês quiser ser grande, deve tornar-se o servidor de   vocês”, dizia Jesus.

O poder só pode ser exercido para o serviço do Bem Comum, pois o verdadeiro poder reside na dignidade da pessoa humana. Ele não se exerce por imposição, arrogância, egoísmo e ambição, mas pela gratuidade do amor. Tal exercício do poder hoje, supõe uma articulação eficiente com a sociedade civil para continuar a construir o Estado democrático de direito, também sinal do Reino. O poder exercido nas Igrejas é inspirador para construir a democracia ?

3.2 A fé cristã desafia a ordem de nossas prioridades

A fé cristã relembra que o Bem Comum só pode ser conquistado por uma luta constante em favor de um projeto a serviço das pessoas e jamais contra as pessoas. Para que esse projeto fique em acordo com o Evangelho, o engajamento implica uma luta contra a injustiça junto a uma constante busca de amor do inimigo. A Igreja católica tem que rever seriamente suas prioridades. Inspirada pelo Evangelho, influenciará o meio político e ajudará os políticos a descobrir que sua missão, como afirmava Paulo VI, “é o exercício por excelência da caridade”

3.3  A fé cristã desafia a prática quotidiana

A fé cristã dinamiza o processo de mudança, alimentando a Esperança através da paciência histórica sem exigir a eficácia e os resultados imediatos. A precipitação afasta as pessoas e muitas vezes as impede de assumir seu papel de protagonista de sua história. A Esperança não é uma simples renovação de repetir o que já aconteceu, mas é um futuro aberto para um novo começo, superior ao primeiro. Quanta riqueza para um povo conquistador do seu futuro!

A fé cristã lembra que carregamos com os outros uma utopia, um sonho que nenhuma mediação histórica esgotará. Carregamos a Esperança que vem da certeza que, neste poço da vida da história, Jesus Cristo já se banhou. Temos a Esperança que esta construção do Reino será realizada. A nossa Esperança inspira mesmo o mundo de hoje, o meio no qual vivemos?

3.4 A fé cristã desafia as religiões

A fé cristã questiona as religiões. Em nome de qual deus a religião não autorizaria a união dos cristãos e cristãs em torno de reformas profundas de mudança ? Em nome de qual deus a religião justificaria ainda o processo secular de dominação e de conformismo ? Em nome de qual deus a religião substituiria a sua voz profética por favores recebidos ou a receber ? Em nome de qual deus a religião permitiria a submissão para manter prestígio e privilégio ?

3.5 A fé cristã desafia o diálogo

O que dizer a respeito do diálogo ? Nós católicos, cristãos e cristãs não somos os únicos a lutar para construir o Reino. Existe muita gente de diversas religiões e de diversos outros movimentos que até podem não fazer referência a nenhuma inspiração religiosa, mas que tem o espírito da vida. Em razão de nossa fé somos incentivados e impelidos a construir o Reino com todas essas pessoas de crenças e de referências diferentes das nossas. Em razão de nossa fé, somos parceiros. Não temos o privilégio e nem a responsabilidade de construir sozinho o Reino. Somos todos e todas chamados. O espírito que deve nos guiar é aquele do diálogo, numa convergência de forças e numa complementaridade de inspirações. O Espírito sopra onde quer, tanto nas religiões quanto fora delas. O ecumenismo, o diálogo inter-religioso e a capacidade de diálogo com aqueles e aquelas que tem sua inspiração fundada até fora da religião não somente são possíveis e oportunos mas necessários pois ninguém esgota o tamanho da tarefa da construção do Reino no campo social. A prática das CEBS abriu esse caminho, caminho do verdadeiro Evangelho de Jesus Cristo. Como estabelecer em verdade o DIÁLOGO ?

            Façamos voto de ver a Igreja católica junto às outras igrejas cristãs tornarem-se instâncias de diálogo com a sociedade, unindo e comungando com todas as expressões do Reino.

Conferência pronunciada na III semana Acadêmica de Ciências Religiosas, Iesma, São Luis, Ma. 31.10.08 e publicado em Alterinfos DIAL, França em 10.08.09.