Institution… mystique… prophétie …

     En général, l’institution n’aime pas les mystiques. Elle aime les personnes qui parlent au nom du pape, de l’évêque et de la doctrine… Le mystique ne fait jamais référence à cela. Il parle au nom de Dieu. Le Dieu qu’il expérimente. Pour ce motif le mystique est un fondateur. Il ne part pas de ce qui a été fondé, de ce qui existe. Max Weber dans ses textes analyse deux types de leadership qui influencent la société: le type sacerdotal qui n’invente pas le droit canonique, n’invente pas la messe. C’est le type « politicien » qui n’invente pas la société  mais qui à peine la fait fonctionner et maintient le statu quo. Il ne change rien. Et il y a le type de leadership qui est celui du prophète, c’est-à-dire le type « politicien » qui rêve d’une nouvelle société, du subversif, de celui qui ne reproduit pas les choses mais les invente.

     Le scientifique qui se situe à l’intérieur du paradigme à l’université et qui fait fonctionner la science normale est un répétitif. Il n’invente rien. Il sait tout de sa science, l’applique et la fait fonctionner. Mais il y a un autre scientifique, celui à l’attitude prophétique, qui invente. C’est l’hérétique de la science. Il cherche des idées nouvelles, des fantaisies et fait des tests. Qui est le créateur ? N’est-ce pas l’hérétique de la science ? Si quelqu’un est fidèle au paradigme scientifique, il continue toujours à l’intérieur de la physique. Il ne deviendra jamais un Einstein ou un Heisenberg.

     Le mystique est une figure dangereuse pour la religion. Je donne un exemple: Saint François. Normalement on dit: c’est une figure qui s’adapte … c’est un des saints fondateurs de toute une spiritualité qui insère le pauvre et le cosmos dans sa rencontre avec Dieu. Il insère le pauvre non seulement avec l’attitude de la pratique de la solidarité mais avec l’attitude de l’émigration du centre à la périphérie. Lui, qui était de la bourgeoisie, l’a laissée et est allé demeurer avec les lépreux. Il y a eu un changement de lieu social. Je peux continuer comme je suis et être solidaire avec les pauvres. C’est une autre chose de vivre comme les pauvres, assumer l’univers du pauvre et, à partir de cela, découvrir les dimensions nouvelles de l’incarnation, du chemin de la croix … François a inventé le chemin de la croix, il a inventé la crèche, il a inventé l’eucharistie en dehors de l’église… C’est lui qui a obtenu que le prêtre puisse apporter la pierre d’autel qui garde les reliques d’un saint pour célébrer la messe dans la rue, là où est le peuple. Il a fait une décentralisation. Il a été créatif.

     Dans la mesure où saint François se montrait créatif, Rome l’avait à l’oeil. Sa règle c’étaient des versets de la bible, du Nouveau Testament. Le pape exerçait des pressions pour lui faire comprendre que, pour être moine, il fallait observer les trois voeux: pauvreté, obéissance et chasteté; obéir au Pape Honoré et à tous ses successeurs. Saint François a été obligé d’accepter et Dieu sait à quel prix. Il avait élaboré une règle; ce qu’il y avait de plus évangélique a disparu. IL en a fait une deuxième et les provinciaux l’ont volé et lui ont dit: « C’est assez ! Il faut se conformer à Saint Benoit, il faut se conformer à Saint Basile ». Saint François a réuni tous les moines et leur dit: « Je ne veux rien savoir de Basile, je ne veux rien savoir de Benoit. Je veux être le fou de Dieu. Je veux la voie de l’Évangile. La voie de la folie ». Folie pour celui qui donne tant d’importance à l’Église organisée. Pour celui qui se situe au delà de cette Église, c’est le charisme et la nouveauté.

     Avant de finir d’écrire la règle qui serait approuvée, il a souffert une très grande crise quand il s’est retiré et est allé vivre seul dans le bois pour servir les lépreux. Durant un an et demi il n’a parlé avec aucun moine. Seulement par deux fois le frère Léon l’a visité et lui a parlé. Quelle était la crise ? Il n’acceptait plus l’institution: les moines  construisaient des couvents, ils organisaient. Pour cela il fallait posséder des biens, de la nourriture, des maisons pour accueillir les novices, pour enseigner … François ne voulait rien de cela ! Il voulait le mouvement évangélique de la rue. Et le pape avec la règle, l’organisation, l’obéissance … A la fin il résolut la crise dans un profond acte d’humilité en disant qu’il acceptait, ayant compris que le Christ se fait présent, crucifié dans les institutions et dans l’Église du pouvoir. Il meurt dans cette crise. Les biographies cachent cette phase de saint François parce qu’il est important de montrer que les moines obéissent au pape. Ils sont partie de l’Église. Cependant, les plus fidèles à François n’ont pas obéi et furent exclus, excommuniés et remis entre les mains de l’Inquisition. Saint Bonaventure, considéré le vrai fondateur des Franciscains, et pas saint François, envoie brûler toutes les biographies existantes, les témoignages des confrères et fait lui-même la biographie canonique, bonne pour les novices. Il « normatise ». Il crée les constitutions générales dont le centre est l’approbation du pape.

     François s’est maintenu à l’intérieur de l’institution avec beaucoup de souffrance parce qu’il était suffisamment mystique pour découvrir que Jésus vit dans l’Église, bien que crucifié. La transcendance crucifiée à l’intérieur du pouvoir.

     Quelqu’un de semblable à Saint François fut Teilhard de Chardin qui avait la même expérience de base: celle de la redécouverte du sacré dans le cosmos et de Dieu dans le monde. Chaque chose pour lui est un frère, une soeur. Dieu est là. Teilhard de Chardin est, dans le monde moderne, un grand mystique, anthropologue, géologue, paléontologue, qui a écrit le fameux livre « Le milieu divin ». Un homme qui est venu de la cosmologie moderne, du monde en évolution et qui a perçu que le Christ n’est pas seulement méditerranéen mais est incarné dans notre histoire, qui a une préhistoire, comme notre corps et notre psyché a aussi une préhistoire de millions d’années. Christ est au début de l’organisation du monde, de la matière et évolue – la Christogénèse – il est conçu dans le sein, dans le ventre cosmique jusqu’à naître. L’Univers est christique. Il est marqué par le Christ.

     La spiritualité des années 20 et 30 était une spiritualité volontariste, une spiritualité de jaculatoires, de bonne intention. Quant je me lève le matin, je fais tout par amour pour Dieu et durant le jour je m’habitue à marquer avec des « jaculatoires » mes actions. Elles deviennent ainsi méritoires avec l’avantage de valoir sept ans, 30 jours d’indulgence etc… Si tu n’as pas la droite intention, si tu écris un livre et que mille personnes se convertissent mais que tu ne l’as pas fait avec la bonne intention de convertir, ça ne vaut rien devant Dieu parce que c’est la bonne intention qui lui donne valeur. La chose en soi est purement profane.

     Selon Teilhard, ça c’est une spiritualité volontariste, plate, d’une conscience qui vit dans la peur du mérite. Elle oublie que Dieu est mélangé à la matière. Le Christ cosmique est là à l’intérieur, il naît; dès que je fais bien ce que j’ai à faire, je suis en syntonie avec Dieu.

     Le « milieu divin » est une atmosphère divine, là où Dieu vit. Ce livre de Teilhard n’a pas été publié et a reçu la censure. On le distribue cependant, sous forme de lettres, à son entourage d’amis. Rome oblige le général de l’Ordre à le transférer en Chine, là où il n’y a pas de chrétiens. Là il célèbre la messe à l’ambassade de France et, le dimanche, il a la permission de souper avec les franciscains avec qui il peut parler de théologie. Vingt-cinq années en Chine, loin des discussions théologiques, de la rénovation des années 30 et40. C’est seulement en 50 qu’il reçoit la permission de revenir à Paris. De ses oeuvres – il y en avait beaucoup d’écrites – aucune n’est publiée. Elles sont toutes censurées. Teilhard de Chardin meurt en 1955, le jour qu’il désirait mourir, Pâques. Puis après sa mort, grâces à la force des notables des académies, on exerce des pressions sur Rome et on publie ses oeuvres. On n’a pas encore fini …

     Saint François ne s’est jamais soumis et a lutté jusqu’à la fin. Dans son testament qui est ce qu’il y a de plus original, avant de mourir, il écrit: « Personne ne m’a jamais enseigné comment je devais vivre. Ni l’Église, ni les prêtres, ni les théologiens. C’est Dieu lui-même qui me l’a révélé. Et il m’a révélé que je devais laisser le monde et aller vivre au milieu des lépreux ». Et ça, c’est quel monde ? Le monde organisé ? Le monde d’Innocent III, le pape le plus riche de l’histoire de l’Église ? Prince du monde était son titre parce que même le duc de Moscou était suzerain soumis à lui. Il avait des armées. Il a fondé la première banque de l’Europe – encore existante aujourd’hui – la Banque de l’Esprit Saint, la banque du Vatican. Mais François ne s’est jamais soumis à son projet.

     Quand Innocent III mourut – il avait approuvé la règle de François, c’était une collection de textes bibliques – François est allé le veiller. On a embaumé le pape et on l’a vêtu en l’entourant de tous les bijoux, les couronnes et tout ce qu’il avait de plus précieux, espérant la visite des rois, des princes et de toutes les autorités du monde entier. Mais les voleurs, de nuit, sont entrés dans la cathédrale, ont dépouillé le cadavre et l’ont laissé nu. François, qui n’avait pas de place pour passer la nuit, dormait à l’intérieur de la cathédrale, caché dans un coin. Il a pris son habit tout percé et a couvert les « parties honteuses » du pape. C’est le symbole de cette Église du pouvoir que les voleurs peuvent dépouiller et apporter. Saint François, symbole des pauvres, a sauvé la dignité du cadavre.

 

Article écrit par Leonardo Boff, brésilien, et traduit en français par Victor Asselin

« Un autre monde est possible ». Une autre Église est-elle possible ?

 

         Le Forum Social Mondial et le Forum Économique Mondial viennent de se terminer. Ces deux événements arrivent en un moment de guerre et de croissance de la violence et dans une conjoncture marquée par l’intolérance religieuse et le fondamentalisme du marché. Les organisateurs du Forum Social Mondial affirmait : « Un autre monde est possible ».

         Je lisais, ce matin,  le procès-verbal de la dernière réunion du Conseil Presbytéral de notre diocèse convoquant l’Église diocésaine pour deux journées de réflexion et d’approfondissement sur l’Évangélisation. Et je me disais : « Une autre Église est possible ».

Deux mondes

         New York et Porto Alegre représentent l’affrontement de deux projets bien différents. Pedro Tierra, poète ami et compagnon de travail, l’exprimait ainsi à la fin du Forum social : « À New York, le pouvoir et la peur. Porto Alegre, la liberté. Le mot tisse des rêves, comme des aiguilles qui sortent du tapis sans encore de dessin défini… Nous apportons la vocation de la diversité. De la liberté … La vocation de l’humain. Nous refusons l’empire blanc de Davos, le pouvoir et la peur de New York… Nous sommes la polyphonie encore confuse des voix du Sud et du Nord qui rejettent la marche funèbre du marché. La solidarité est l’air qui alimente  les espérances… la fragile possibilité qu’un autre monde est possible. »

         New York a réuni les seigneurs du pouvoir et de l’argent. On décide le futur du monde. On a traité de l’efficacité administrative des entreprises, du lidership des processus de production, des nouvelles formes de développement technologique, toujours en poursuivant l’objectif d’obtenir de plus grands gains. Concentrer les richesses et les biens de la terre.

         Porto Alegre a réuni les peuples de l’Univers qui croient à la dignité de la personne, à la solidarité des peuples et à la paix comme œuvre de la justice. Porto Alegre a réuni 86,300 participants (inscrits et enregistrés) de 131 pays sans compter les 15,000 jeunes en campement et les 2,500 enfants accompagnés de 800 éducateurs volontaires. On a réussi à remettre à l’agenda du monde la discussion sur la nécessité de changer la logique qui reconnaît la priorité des humains et de la nature sur le capital. « Un autre monde est possible ». Sur la propagande du Forum on lisait : « Il n’est pas nécessaire que nous parlions tous la même langue, il suffit de partager les mêmes rêves ». La méthodologie de la construction de ce monde est si différente du monde de New York : les chemins se font en marchant. Les visions s’éclairent en prenant conscience des pierres sur le chemin.

Une autre Église ?

         Déjà à Vatican II on disait que l’Église ne servait à rien si elle n’était pas insérée dans le monde. Mais dans quel monde ? Celui de New York ou celui de Porto Alegre ? Celui du seigneur du pouvoir et de l’argent ou celui de la foi profonde en la dignité de la personne ?

         Quel sera le point de départ des réflexions des journées sur l’Évangélisation ? Qu’est-ce qui donnera SOUFFL.E à une présence d’Église qui puisse alimenter l’espérance de tant de personnes qui cherchent réponse à leur mal de vivre parce que accommodés et étouffés par le confort… et pourtant en manque de SOUFFLE ? À New York on cherchait des méthodes d’efficacité, on « réaménage »,  à Porto Alegre on cherchait un esprit qui vivifie; à New York on veut des résultats, à Porto Alegre on veut vivre.

         De quelle Église le peuple du Québec a-t-il besoin aujourd’hui ? Que dire d’une Évangélisation qui consisterait à articuler les initiatives de solidarité qui surgissent d’un peu partout ? Que dire d’une Évangélisation qui se dissoudrait dans la masse comme le ferment qui disparaît dans le pain ou comme le sel qui fondrait dans les aliments ? Que dire d’une Évangélisation qui, par sa qualité de présence, diminuerait la violence, la consommation de drogues, l’exploitation du sexe, l’itinérance,  la concentration du capital… etc … ?

         Que faudrait-il pour que l’Évangélisation soit « NOUVELLE » ? Ne faudrait-il pas qu’elle se pose d’abord la question de son option ? Pour quel monde : celui de New York ou celui de Porto Alegre ? Est-il possible de vivre une Nouvelle évangélisation sans prendre le chemin de la MISSION ?  « La plus petite des semences de la terre, quand elle est semée, elle prend racine, croît et devient grande au point qu’elle peut abriter les oiseaux » (Mc 4, 31-32)

                                          Balsas, 13 février 2002

                                                              Victor Asselin, ptre

 

 

FOME ZERO: uma prática inédita de formação à cidadania

FOME  ZERO : uma prática inédita de formação à cidadania

         « As categorias de CASA GRANDE e da SENZALA de Gilberto Freyre ainda são úteis para explicar a gênese e a estrutura da ordem social brasileira até hoje vigente.

         « Portugal criou uma classe de proprietários de terra e escravos, capaz de comandar a produção de mercadorias e servir ao comércio com a metrópole. Para compor a força de trabalho, os povos indígenas foram desestruturados enquanto nações e incorporados, enquanto indivíduos, ao estrato inferior de sociedade, muitos deles escravizados. Pior foi com os africanos. Formou-se, então, uma sociedade onde uma elite submete a enorme massa de indivíduos que foram destituídos de meios de subsistência e dos direitos de cidadania.

         « E quando o povo tentou se organizar, a elite jogou politicamente contra a mudança » (CNBB, Análise de conjuntura, abril 2003). O mais significativo é que essa elite sempre costurou seu acordo assegurando o domínio sobre a terra.

         O que será 2003 ?  Um operário foi eleito Presidente do país. Uma conquista de mais de cinquenta anos. Terá o atual governo força para operar verdadeira mudança social ou, mais uma vez, o clamor do povo será abafado?

         O êxito do governo Lula depende da capacidade de mobilizar o povo para a conquista da plena cidadania. Eleger foi um passo importante mas, sem a participação efetiva do povo, não há cidadania. Assim entendeu o Presidente, o que justificou sua priorização ao combate da fome e miséria, como instrumento privilegiado de participação. O projeto « Fome Zero » convida o povo brasileiro a participar da vida de sua cidade, de seu município, acreditando na sua capacidade de definir suas necessidades e de decidir sobre suas soluções.

         Fome no Brasil é o resultado de uma exclusão social, política, cultural e econômica pois o Brasil carrega uma herança chamada de « cultura de corrupção ». Gilberto Freyre dizia : « No Brasil, não há propriamente direitos adquiridos. Subsistem os privilégios para a Casa Grande e, para a Senzala, favores e chibatas. Ocorre que os favores dependem do humor do patrão ». O jeito de vencê-la é assumir com coragem e obstinação o caminho da passagem da exclusão à inclusão a começar com a mobilização dos menos favorecidos.

O que é o « FOME ZERO » ?

         O programa Fome Zero propõe « uma política de segurança alimentar aliado ao desenvolvimento sustentável a partir de uma ampla mobilização popular envolvendo os governos » (Apostila Mesa). Ele tem como base as políticas específicas, estruturais e locais. As políticas específicas atendem aos direitos individuais da pessoa humana : alimento, casa, água, condições sanitárias, saúde, educação e outras; as políticas estruturais se voltam para os direitos sociais como o são a questão agrária e as diversas reformas necessárias, previdência e tributária, isto é, são as políticas que se voltam para as causas mais profundas da fome e da pobreza e as políticas locais são as que são implantadas através das prefeituras e da sociedade civil. « Fome zero » é um projeto alternativo de sociedade. « Fome Zero » é uma contribuição a um « outro Brasil é possível ». « Fome Zero » é um projeto abrangente cujo dono só pode ser a sociedade civil organizada.

O « NOVO » do projeto Fome Zero

         A primeira novidade do « Fome Zero » é, sem dúvida nenhuma, o reconhecimento da sociedade civil como protagonista e dona do país no qual o Governo assume sua responsabilidade de gestor e parceiro. E, para que o povo seja, de fato, sociedade civil, requer-se educação política desde as bases, o que implica necessariamente uma informação fiel à realidade, uma reflexão séria e madura e uma tomada de posições expressa através de decisões transparentes e fundamentadas.

         « Fome Zero », em segundo lugar, colabora à formação da sociedade civil levando o povo a participar, FAZENDO. Em efeito, o projeto facilita a aprendizagem do viver e do conviver em sociedade. Ele exercita a capacidade de se reunir, de discutir, de viver a liberdade de expressão; ele permite o exercício do respeito pela lentidão do processo e a resolução em conjunto; ele permite a elaboração dos projetos e o estabelecimento dos consensos. « Fome Zero » habilita para debates, análises e decisões.

         Construir a cidadania é ocupar espaços de poder criando políticas alternativas e, consequentemente, novas posições de poder. Por isso, « Fome Zero » introduz uma cultura de participação.

         « Fome Zero »,  em terceiro lugar, acredita na mudança a partir da mobilização dos menos favorecidos, motivo pelo qual o primeiro passo é dado a partir do cartão alimentação em vista de lhes dar a condição essencial para iniciar sua inclusão na sociedade. Quem vive em situação de miséria, pensando na sobrevivência, não tem tempo de ter condição de ser cidadão. Perseverando na caminhada, de acordo com os passos conquistados, construirão um programa adequado às suas necessidades e aspirações imediatas, lutando por emprego, moradia decente, segurança, educação, saúde, reforma agrária e assim em diante.

         Em quarto lugar, « Fome Zero » traz para dentro os excluídos. As políticas compensatórias não levam os pobres a sairem do seu lugar mas, ao contrário, os mantém onde estão. « Fome Zero » convida, desde seu começo, os excluídos a participar. « Fome Zero » acaba com a cultura do dar e do consumir e passa à cultura da conquista do direito. Não se pede favores mas se conquista direitos.

         Enfim « Fome Zero » chama todo brasileiro e brasileira a se juntar para lutar por uma democracia baseada na justiça social, acabando definitivamente com a discriminação e a exclusão da maioria. É « o Brasil que come ajudando o Brasil com fome ». Terá a elite a compreensão, o espírito de partilha e a vontade de contribuir ?

A presença da Igreja católica

No encontro dos bispos do Brasil com o presidente da República e com alguns ministros, em abril próximo passado, chegou-se ao compromisso de um trabalho em conjunto para assumir o « Fome Zero » como projeto de formação e educação à cidadania. « Trata-se de retomar as grandes intuições do passado como inspiração para a construção de uma autêntica nação brasileira. Há esperança de concretizar o projeto tendo porém em mente as resistências estruturais. A análise dessas tensões entre o desejo nacional por mudanças e as resistências estruturais, pode abrir pistas sobre as reais possibilidades da concretização daquele projeto e a contribuição da sociedade civil e da Igreja Católica nesse processo » (CNBB, Análise da conjuntura, abril 2003). Os grandes inimigos são e serão sempre os que investem na « apatia cidadã » para confirmar o « statu quo ».

Pela sua história, a Igreja tem a capacidade de mobilizar o povo em torno de uma causa. Seu papel de educadora ajudará a elevar o nível político da sociedade brasileira. No contexto atual da sociedade civil e de suas relações com o Estado torna-se necessária para a Igreja uma forma de colaboração no plano da Ética e no posicionamento firme diante da « cultura de corrupção ». Estabelecer parceria na educação e formação cidadã com o Estado, no respeito mútuo de sua autonomia, terá como resultado a multiplicação das energias sociais e políticas para a realização desse projeto nacional de « universalização da cidadania ». (Id.).

É mais do que desejável  nesse projeto de unidade nacional em favor do povo, dando prioridade aos mais desfavorecidos, o encontro gratuíto e despojado de interesses pessoais entre o Governo e a Igreja Católica. O verdadeiro poder reside na conquista da cidadania. Políticos e cristãos se encontram num projeto de sociedade que renova a face do Brasil.

A chave de resolução da situação atual do país é a organização e a formação da consciência da sociedade civil. Por isso, a Igreja não pode deixar de se engajar no « Fome Zero » por ser ele, um instrumento privilegiado de formação à cidadania. O Assessor da CNBB, responsável pelo projeto Fome Zero, lembrava na ocasião de sua passagem em São Luis do Maranhão, o apelo dos bispos a todos os cristäos e cristäs para que assumam o projeto como « compromisso social ». É uma maneira para a Igreja de realizar concretamente o caminho aberto, há muitos anos, pelo Concílio Vaticano II : uma Igreja presente no mundo, sendo luz, sal e fermento.

A Igreja pode contribuir também com sua mística libertadora. Sua presença simples alimentará o sonho justificador da ação de conjunto. Qual sonho ? O sonho de um Brasil onde a dignidade de cada um e de cada uma é reconhecida, onde reina a liberdade, onde os direitos humanos são respeitados, onde as condições mínimas de vida são garantidas, onde existirão novas relações de igualdade, respeito, autenticidade, onde o outro não é mais o inimigo mas aceito como uma parte de si mesmo, onde todos e todas terão acesso às riquezas e onde todos e todas se respeitarão e viverão sua autonomia na cumplicidade das diferenças

Conclusão

         Para concluir resta desejar que tal concertação oferecida pelo projeto « Fome Zero » ganhe espaço e fôlego e que não seja atropelado pelas resistências e apatias. Existe um fato : o mutirão para combater a miséria e a fome e para construir uma sociedade nova está nas mãos do povo, nas nossas mãos.

Conservar-se-á e realizar-se-á de acordo com sua inspiração original ou sofrerá transformação, travestindo-se de políticas assistencialistas e compensatórias a serviço de interesses pessoais e, quem sabe, eleitoreiros ? O tempo falará ! A História escreverá ! Aqui estamos, por isso existe Esperança.

31.07.03                                                              Victor Asselin             

Nota

O projeto de luta contra a fome no Brasil FRACASSOU. Venceram as políticas assistencialistas por serem boas de votos. O último parágrafo do artigo, como redigido, realizou-se como profecia.  – 25.06.08