PROJET MISSIONNAIRE en milieu d’exclusion

PROJET MISSIONNAIRE EN MILIEU D’EXCLUSION

Chez les itinérants

et itinérantes…

Nous avons déjà convenu que le point d’unité et de communion du noyau de « l’équipe missionnaire de rue » est la présence en milieu d’exclusion et qu’il appartient à chacun et chacune d’élaborer son projet pourvu qu’il se situe à l’intérieur des paramètres déjà définis. Il ne sera donc pas surprenant si nous retrouvons divers projets missionnaires en milieu d’exclusion au sein de notre équipe comme d’ailleurs rien ne s’oppose à ce que les divers membres de l’équipe militent au sein du même projet.

Après avoir approché divers milieux, après avoir consulté divers responsables d’oeuvres en milieux d’exclusion, après avoir vérifié certaines intuitions et tenant compte des énoncés mentionnés dans notre « document de travail » comme aussi de la réflexion théologique sur la mission, je présente la proposition suivante comme projet missionnaire personnel. Comme il vient d’être dit, s’il en est du désir de l’équipe, il peut devenir un projet de « l’équipe missionnaire de rue ».

I. SA FORMULATION

« Vivre l’itinérance comme mission au milieu des itinérants en vue de découvrir ses causes et de travailler à leur élimination », voici la formulation de mon projet.

La présence au milieu des itinérants, des intervenants, des bénévoles et des responsables d’oeuvres et d’institutions au service de cette cause comprendrait trois volets:

- Le volet de la recherche et de l’étude

L’itinérance n’est plus celle du « clochard ». Dans notre société actuelle l’absence de recours financier ne semble plus être la justification première de l’existence de l’homme et de la femme appelés « sans-abri ». Pour une réponse plus adéquate à la situation il serait nécessaire d’en rechercher les véritables causes. Ce serait une collaboration importante qui pourrait être donnée responsables des oeuvres. Les services organisés aident grandement les « sans-abri » à prendre conscience de leur dignité et c’est avec cet esprit que les nombreux bénévoles donnent de leur temps. Mais il serait nécessaire d’aller plus loin, c’est-à-dire d’aider les itinérants à prendre conscience des causes de leur situation et, en conséquence, de découvrir et de prendre, si possible, les moyens pour lutter contre cette état d’exclusion.

- Le volet de la prise en charge

Un processus de « conscientization », pour être efficace, implique dès le début les propres intéressés – dans le cas les itinérants – et à eux leur est donné le pouvoir de le conduire. La pédagogie et la méthodologie du groupe seront définies par l’agir quotidien. Au départ il y aura cependant nécessité d’articuler un groupe qui veillera à la promotion du projet, à l’articulation des intéressés et à l’accompagnement. Cette action pourra se diriger autant auprès des itinérants eux-mêmes qu’auprès des intervenants et des responsables d’oeuvres et d’institution.

- Le volet de la célébration

Tout au long du cheminement il y aura des découvertes, des moments de souffrances, des hésitations, des reculs, des conquêtes etc… Tout cela aura avantage à être nourri de la Parole et célébré. Les personnes impliquées dans le processus développeront la préoccupation de découvrir les modalités significatives de célébrer ces moments de mort et de vie. – Pour une Eglise inculturée.

II. LES RAISONS DU CHOIX

Comme le « document de travail » l’a mentionné, nombreuses étaient les possibilités d’option pour un projet missionnaire. Mon choix s’est arrêté sur l’itinérance pour les raisons suivantes:

2.1 Le nombre des itinérants augmente.

Un problème de société ? Une question de décrochage des valeurs proposées par la société actuelle ? En maintenant  cette hypothèse de travail nous ne sommes pas sans prévoir une augmentation d’itinérants et d’itinérantes       non seulement dans les rues de Montréal mais aussi dans les diverses villes du Québec. L’itinérance n’est plus un problème individuel mais un problème collectif, un problème de société. C’est mon hypothèse.

2.2 L’itinérance a des points communs avec la Mission

L’itinérance se situe à un point de convergence. Elle est parente avec le commandement de l’Amour puisqu’elle atteint la vie amoureuse et l’affectivité des itinérants. Elle a un lien étroit avec la liberté. « Mission », « Amour » et « Liberté » ne sont-elles pas des valeurs essentielles de l’Évangile ?

2.3 L’itinérance, pôle de convergence des exclusions

Le milieu de l’itinérance est un pôle convergent de divers milieux d’exclusion: l’alcoolisme, la toxicomanie et la prostitution. Il réunit aussi diverses catégories de personnes: hommes et femmes, jeunes et plus âgés et immigrants de pays étrangers et des diverses régions du Québec.

2.4 L’itinérance, une manière de vivre Église

L’itinérance est une contre-culture à la culture de la société d’aujourd’hui. Si elle est un problème de société, quelles en sont les implications sociales, politiques et économiques ? Ne peut-elle pas devenir une occasion de découvrir une manière de vivre Église autrement par la formation d’une communauté inculturée dans l’itinérance ?

2.5 L’importance des oeuvres au service de l’itinérance

Le nombre d’oeuvres militant dans l’itinérance est impressionnant. Se mettre ensemble pour travailler à changer ce visage est sans doute un engagement évangélique plein d’espérance. Le seul fait du nombre d’oeuvres existentes au service de l’itinérance justifie le projet. Voici quelques-unes de ces oeuvres: Paroisse St-Sacrement, Refuge des jeunes, Dans la rue, HLM (2 maisons administrées par Accueil Bonneau), 404 st-Paul, Old Brewery Mission, Mission Colombe, Accueil Bonneau, Maison du Père, Résidence du Vieux-Port, Ferme Disraéli, Maison Nazareth et L’Itinéraire.

III. QU’EST-CE QUE L’ITINERANCEQUI SONT LES ITINERANTS ?

Avant de poursuivre, une petite pause. Parlons brièvement de l’itinérance. J’ai énoncé mon choix et les raisons qui le justifie. Mais qu’est-ce que l’itinérance ? Qui sont les itinérants ? Je transcris ici quelques observations d’itinérants et d’intervenants. C’est un visage peint par eux-mêmes.

« L’itinérance c’est de ne pas avoir de lieu stable. C’est frapper aux portes et ne pas avoir toujours de place. C’est se tromper de porte. »

« L’itinérant, lui, a renoncé à des fausses valeurs. Il n’a pas été accompagné dans ce décrochage. » Pourquoi a-t-il décroché ? Un besoin d’absolu ? « Il est bien rare de rencontrer un itinérant qui ne croit pas. Il y a une recherche à renaître car la boisson (pour les plus âgés) ou la polytoxicomanie (pour les plus jeunes) est le moyen d’endormir les douleurs. Il faut regarder les blessures pour pouvoir renaître. L’itinérant est bon. Il a la bonté en lui. Le signe de cela c’est qu’il est capable de la reconnaître chez ceux et celles qui lui veulent du bien. »

« En entrant dans l’itinérance, la personne vit le rejet. Il n’est pas aimé. Pour éviter la souffrance il se gèle. Il vit une recherche d’amour que la famille ne lui a jamais donné. Il est important pour lui de retrouver sa dignité en lui redonnant l’estime de soi, de l’aider à faire effort pour s’en sortir et de comprendre l’amour à travers Dieu. »

L’itinérance aujourd’hui semble être plus un phénomène de décrochage qu’un problème de pauvreté. En effet l’itinérant a souvent une condition financière meilleure que bien d’autres citoyens et citoyennes. C’est une personne qui reçoit son B.S., qui a les ressources pour manger, dormir et s’habiller. En plus il demande l’aumône sur la rue pour ses besoins personnels et pour fumer ou acheter un joint. La mère célibataire n’a pas tous ces privilèges.

Nous nous permettons aussi de mentionner une autre situation qui nous laisse perplexe quand nous faisons effort de comprendre le phénomène de l’itinérance. Ce que je vais dire ne met pas en

cause les réponses actuelles à l’itinérance mais se veut être plutôt un questionnement qui motiverait le besoin d’une recherche de réponses nouvelles à des besoins nouveaux. Alors, voici.

Vient-on à la Maison du Père parce qu’on n’a pas de logis pour dormir ? Oui, pour un bon nombre mais il arrive assez souvent qu’un tiers des accueillis ont un logement en ville. Les responsables de l’Accueil Bonneau ont constaté aussi qu’environ 65 % des assidus aux repas quotidiens vivent en logement. Alors, pourquoi cherche-t-on un lieu pour manger et un lieu pour dormir alors qu’on a un logis où habiter ? Cet exemple constitue un indice qu’il existe une nécessité de réflexion sur les causes de l’itinérance.

Les statistiques disent encore que 95 % des itinérants n’ont pas choisi l’itinérance, que 20% sont des femmes, que ce n’est pas d’abord la pauvreté qui est la cause de l’itinérance mais le milieu familial éclaté (viennent ensuite la toxicomanie et le chômage prolongé) que 96 % ont occupé un emploi. Ils ont en moyenne 14 ans d’expérience de travail. 77% ont vécu en couple. 1/3 ont des enfants et 45% ont des contacts avec eux.

Un phénomène de société ? Décrochage ? Une recherche de liberté ? Peut-être est-on poussé au bout de la tolérance humaine  et l’itinérance devient le cri de la libération ! …

IV. STRATÉGIE D’ACTION

Pour réaliser le présent projet missionnaire en milieu d’itinérance, quelle serait la manière la plus appropriée pour enclencher le processus ? Quels seraient les pas à faire ? Sans déterminer avec exactitude la stratégie d’action je me permets de tracer certaines attitudes et certaines étapes qui faciliteraient la mise en route.

4.1 Contacter d’abord les directions d’oeuvres susceptibles d’appuyer le projet et susciter chez elles leur adhésion. Ces personnes pourraient constituer le noyau central et directeur du projet. Il est important que ceux-ci et celles-ci manifestent sans équivoque leur réponse au projet et spécifient comment il s’insère dans leur travail comme une pièce faisant partie du tout.

4.2 A l’aide des intervenants, articuler un, deux ou trois groupes d’itinérants en vue d’initier le processus de connaissance plus approfondie de l’itinérance. Ils seront eux-mêmes les sujets et les agents d’analyse et de transformation du milieu. Ils produiront les instruments nécessaires à leur libération: chants, théâtre, assistance aux oeuvres etc… En définitive, travailler pour que les itinérants prennent l’initiative du discours et du cheminement et que nous soyons des « passeurs » qui facilitent la prise en charge.

4.3 Pénétrer le milieu de vie en vivant dans la rue et dans les endroits fréquentés par les itinérants demeure une condition essentielle au projet. C’est là que je pourrai participer à leurs souffrances en identifiant les lieux de décrochage ou d’accrochage à l’itinérance. La corporalité de la souffrance est le point de départ de la libération. La conétisation du projet est impensable sans le nivellement de la distance qui me sépare d’eux. Il y a donc une relation authentique à établir, une relation d’égalité, une relation de partenaire. Cette présence sera dépourvue de pouvoir et se fera toute simple.

4.4 Cultiver une vie d’équipe avec les autres membres du noyau en réservant un moment pour la prière, un moment pour l’évaluation systématique du travail et de la vie communautaire et un moment pour la vie fraternelle. Aimer la vie est la condition indispensable pour être capable de la      semer.

Je complète ce point de la stratégie d’action en me référant à certaines questions susceptibles de donner des collaborations de valeur à l’évolution du projet. Elles sont en lien avec les trois volets du projet.

                    1. Volet de recherche et d’étude

Quant au volet de « recherche et d’étude » je crois opportun d’articuler un réseau de personnes-ressources (sociologue, bibliste, théologien) ou au moins d’obtenir l’adhésion de quelques points de référence, pour aider à la réflexion plus approfondie du cheminement des groupes d’itinérants, de bénévoles ou d’intervenants et de responsables d’oeuvres et d’institutions. La collaboration de biblistes aiderait grandement à découvrir et approfondir les thèmes bibliques connexes à l’itinérance.

                   2. Volet de la prise en charge

Quant au volet de la « prise en charge » le Centre St-Pierre pourrait être contacté pour étudier la possibilité d’une collaboration. Au fil des ans, ce Centre a bâti sa crédibilité. Il se définit comme un centre d’éducation populaire. Ne pourrait-il pas se donner une vocation d’articulation des chrétiens et des chrétiennes qui grandissent en marge de la paroisse ? Et une vocation d’aide à la formation au niveau de l’itinérance ? Une vocation gratuite au service des gens de la rue !

                    3. Volet de la célébration

Enfin quant au volet de la « célébration » il n’est pas superflu de rappeler qu’entrer dans le milieu de l’itinérance c’est franchir le seuil d’une nouvelle culture. En conséquence, un défi d’inculturation attend les chrétiennes et de chrétiens itinérants et ceux et celles qui s’unissent à eux et elles dans les divers services.

Une attention particulière devra être donnée au discernement de l’action de Dieu dans ce milieu pour un partage original de foi à l’inspiration du modèle d’Emmaus et pour une célébration inculturée, révélant ainsi une présence authentique de l’Eglise de Jésus-Christ.

V. LA SPIRITUALITE

L’Itinérant est un croyant et il est l’inspirateur d’une manière d’être pour les personnes qui travaillent avec lui. Beaucoup de bénévoles disent à qui veut l’entendre qu’ils viennent chercher une inspiration pour leur vie auprès des itinérants.

Les « gars » de la Maison du Père ont eu l’occasion en mars dernier de s’exprimer sur le sujet. Nous traduisons ici, espérons avec fidélité, leur pensée. C’est assez impressionnant de prendre conscience de la spiritualité qui anime ces « errants dans la rue ». Et c’est sans nul doute une question d’importance pour l’animation missionnaire auprès des itinérants.

5.1 Qu’est-ce que la spiritualité ?

Qu’est-ce que la spiritualité, demande-t-on aux itinérants en « meeting » ?  La spiritualité, dit-on, c’est « ce qui donne sens à ma vie », « une vérité qui n’a pas besoin d’être dite », « une ligne de conduite que chacun se trace », « un besoin que tout humain a pour pouvoir fonctionner ». « C’est quelque chose en dedans, un intérieur à développer ». « Ca commence petit et ça évolue ». « Ça devient moins réfléchi et ça se vit plus ».

« Entre le naître et le mourir », il y a un cheminement. « C’est l’évolution dans l’apprentissage de l’amour ». « C’est libérer l’amour qui est prisonnier en moi », « c’est libérer ma capacité d’agir avec amour et de résister au mal », « c’est reconnaître que quelqu’un m’aime et c’est vouloir grandir avec LUI ».

La spiritualité « ça donne espoir même si ça parait tout de travers ». « Ca nous apprend à parler des vraies affaires et c’est une réponse à la question de qui est l’auteur du bien et du mal ».

5.2 Les éléments d’une spiritualité pour itinérants

Et quels en sont les principaux éléments ? C’est :

- La redécouverte du « pouvoir de gérer ma vie, de servir et d’aider »;

- « Le témoignage d’un Dieu proche et miséricordieux, responsable de l’Espérance et canal de l’Amour du Père »;

- Le « lâcher prise sur mon moi ». Il est impossible « d’embarquer et de m’ouvrir » à quoi que ce soit si le courage, la force et les moyens pour arrêter de « me tourner vers moi-même » ne sont pas là. C’est le « lâcher prise qui me pousse à l’ouverture vers les autres et vers l’AUTRE. »

- « Les autres et l’Autre ». « Les autres, par leur comportement, me disent le Dieu en qui ils croient comme aussi mon comportement dit en qui je crois ». « Je vois le Dieu en qui je crois dans le sourire de quelqu’un, dans le service des bénévoles etc… comme aussi je le découvre en moi lorsque je ne réagis pas à une insulte. C’est la valeur de l’Amour que je dis à ce moment-là« . « L’AUTRE est une puissance supérieure, un guide pour ma vie, un souffle avec qui je veux me connecter ». « C’est quelqu’un plein de tendresse ».

5.3 Les moyens pour développer la spiritualité

Et les « gars » explicitent certains moyens qu’ils pratiquent pour développer leur spiritualité. Selon eux, il est important:

- « De vérifier les valeurs morales » des itinérants;

- « D’aller au coeur des misères » des itinérants. C’est ce qu’ils appellent « les vraies affaires ».

- « De donner de l’importance aux thérapies et aux autres moyens de ce genre ». « J’ai cru, j’ai abandonné, je reviens ».

En terminant son témoignage sur la spiritualité un « gars » disait: « AVEC LA SPIRITUALITé JE SUIS PORTEUR DE DIEU AUX AUTRES ».

CONCLUSION

Un projet missionnaire en milieu d’itinérance et avec les itinérants défie la sagesse humaine mais pas celle de Dieu.

Voici ce que Neill dit des missionnaires: « Ils ont été dans l’ensemble des gens fragiles, sans grande sagesse, ni vraiment saints, ni très patients. Ils ont transgressé la plupart des commandements et ont commis toutes les fautes imaginables » (cité par Bosch, « Dynamique de la mission chrétienne », p. 693). Et Bosch ajoute: « ce que Neill dit des missionnaires a été vrai des missionnaires de tous les temps, à partir du grand apôtre, qui se vantait de sa faiblesse, jusqu’à ceux qui se nomment encore « missionnaires ».

Et alors, pourquoi pas ?

4 mai 1996                                Victor Asselin, ptre

Montréal, terre de mission

                        MONTREAL, TERRE DE MISSION

     En avril dernier, Son Éminence le Cardinal Jean-Claude Turcotte promulguait les conclusions du Synode diocésain de Montréal et les présentait comme « des propositions qui dessinent « le visage de l’Église que nous voulons être » (p. 4). Et parmi ces propositions, la 59e a attiré mon attention de manière particulière, en raison de son importance pour l’Église du Québec et du profond changement qu’elle implique dans notre engagement chrétien. Elle se lit comme suit: « Que l’Église de Montréal reconnaisse son territoire comme terre de mission et supporte l’action missionnaire des chrétiens et des chrétiennes à l’intérieur du territoire diocésain » (p. 25)

     Je voudrais réfléchir quelque peu avec vous sur la première partie de cette proposition, « Montréal, terre de mission ».

Soif de communion et de communication

     Je remarquais, ces dernières années, que les chrétiennes et les chrétiens engagés en milieux de marginalité et de souffrances, autant ici qu’à l’extérieur de notre pays, manifestent une sensibilité notable à la MISSION. Le pourquoi de cette observation m’intriguait. J’ai cherché et la démarche m’amena à penser que cet enthousiasme ne pouvait naître que du mystère de communion et de communication que l’on retrouve dans la TRINITE, origine de la MISSION. Le pape Jean-PAul II, dans « Redemptoris MIssio », signale en effet que « le dessein trinitaire… a donné un souffle nouveau à cette activité missionnaire, qui n’est plus conçue comme une tâche marginale de l’Église  mais intégrée dans le coeur de sa vie comme un engagement fondamental de tout le Peuple de Dieu. » (no.2)

Une option

     « Montréal, terre de mission » marque une option. Cette déclaration nous dit qu’à Montréal le message de l’Évangile n’est plus connu ou qu’on s’en est éloigné. Elle marque une action spécifique et prend le nom de MISSION pour bien la distinguer de l’activité pastorale. Je ne cite pas le texte de « Redemptoris MIssio » mais il est intéressant de s’y référer (RM no. 32 et 33) « pour éviter de courir le risque de ramener au même niveau des situations très diverses et de réduire, voire de faire disparaître, la mission et les missionnaires ad gentes » (id., no. 32). La proposition synodale devient une option pour l’Église de Montréal.

Montréal, théâtre d’une histoire missionnaire

     Une terre de MISSION c’est un lieu et pas n’importe lequel lieu. C’est un lieu de relations brisées, un lieu de souffrances en marge de l’Espérance apportée par Jésus-Christ. C’est un lieu de re-création. C’est le théâtre d’une action, d’une histoire qui nous dit que la création sortie des mains de Dieu, bonne et harmonieuse, a été blessée et qu’elle a besoin de salut. La Mission c’est le lieu du retour à la communion, de la redécouverte du bien-être de l’harmonie.

     L’écoute du cri du peuple est alors importante car c’est lui qui prolonge le cri de Jésus sur la croix. Faire l’apprentissage de l’écoute devient une orientation de base. « J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple … J’ai entendu son cri … oui, je connais ses angoisses. » (EX. 3, 7) Ce cri des pauvres et des marginaux est une protestation. L’écoute du cri est prioritaire à l’enseignement et à la célébration. Le père Abbé d’Oka me disait dernièrement que les suicidaires, les décrocheurs et les décrocheuses et les itinérants et itinérantes sont les prophètes d’aujourd’hui. N’y aurait-il pas dans ces cris de douleur une espérance en la certitude de la victoire en Jésus-Christ ?

     Aller en mission chez-nous c’est se faire présent en milieu d’exclusion. C’est choisir de se faire présent dans des lieux de souffrances et d’apporter une parole de Vie et d’Espérance. C’est de la croix que surgira la VIE.

     Aller en mission c’est une rencontre au niveau de la FOI et non  pas seulement une rencontre de communion humaine, si profonde soit-elle, comme on peut la réaliser dans l’engagement social ou communautaire. Aller en mission c’est une expérience de foi qui donnera à la rencontre toute sa profondeur originale et unique. Quels sont ces lieux de solitude, d’exclusion et de marginalisation à Montréal ? Quels sont ces lieux où le message de Jésus n’a pas encore été présent ou ne l’est plus ? Pour rendre concret la déclaration synodale ne faudrait-il pas s’attarder à cette question pour prendre ensuite le chemin avec courage et audace ?

Des attitudes

     « Montréal, terre de mission » est une déclaration remplie d’Espérance. Elle invite à faire Église plus par la PRESENCE que par les OEUVRES. Une Église de l’ETRE plus que du FAIRE. Je me sens défié par des attitudes à changer. En voici quelques-unes.

     1. L‘acculturation, une tension permanente

         S’approcher et chercher à s’insérer dans un milieu d’exclusion nous met vite en contact avec une culture différente. Dans l’exercice traditionnel de la MISSION, nous comprenons qu’il fallait « sortir » de son pays pour « entrer » dans un autre qui n’était pas le sien. Faire « MISSION chez-nous » implique aussi une sortie de sa communauté chrétienne pour faire l’approche d’une autre à naître. Ainsi donc, faire mission implique une sortie de sa culture pour s’approcher d’une autre culture.

     L’itinérant, le drogué, le prostitué, l’homosexuel ont une culture qui leur est propre et originale. Faire effort pour s’approcher d’elle, pour la comprendre et la respecter, c’est ce que dans le langage missionnaire nous appelons «acculturation». Et l’acculturation n’est pas l’assimilation. Bien au contraire, c’est trouver le lieu de rencontre entre le soi et l’autre, c’est vivre un état de tension permanente entre sa culture et celle du partenaire. Quel sera ce lieu de rencontre ? Quel sera ce lieu de dialogue ? Il faudra en faire l’apprentissage avec les obstacles que le quotidien présentera. Renoncer à imposer sa culture et vivre le conflit entre la sienne et celle de l’autre, n’est-ce pas un premier changement d’attitude?

     2. La véritable pratique du pouvoir

         Un deuxième changement d’attitude est celui de l’exercice du pouvoir. Notre formation nous a appris à obéir et à faire obéir à la vérité enseignée. La vérité était le patrimoine de la hiérarchie et de l’Église. Dans le passé nous partions en pays étranger et nous avions la vérité dans nos bagages.

     Aujourd’hui, nous découvrons de plus en plus la nécessité de nous mettre à l’école de l’autre. Le véritable pouvoir ne résiderait-il pas dans la dignité de l’autre ? Prendre conscience de nos limites, les assumer et chercher ensemble une manière de vivre, ne serait-il pas une bonne manière de découvrir la vérité ?

     Je crois qu’un missionnaire en milieu d’exclusion à Montréal exercera le pouvoir en « aidant l’exclu à se dire » et « en aidant l’exclu à révéler l’action de Dieu déjà présent en lui. » Réaliser une démarche en constante communication avec l’autre me semble une excellente manière de chercher la vérité et par le fait même d’exercer le pouvoir qui libère et édifie.

     3. L‘inculturation, travail de fidélité à l’Esprit

     Si la Mission implique l’annonce de Jésus-Christ, le missionnaire aura à cultiver la fidélité et la confiance en l’Esprit de Jésus. En d’autres mots, l’expression que l’Évangile prendra et la communauté qui naîtra ne seront pas les expressions du modèle du missionnaire mais bien l’œuvre de l’action de l’Esprit Saint qui fera naître chez son peuple les expressions et le modèle bien appropriés au milieu. Une présence qui transforme et inspire son milieu est le signe par excellence d’une communauté marquée par l’Esprit de Jésus. Fidélité à l’Esprit plus qu’à soi-même, troisième changement d’attitude.

     4. Exclu en milieu d’exclusion

         En déclarant Montréal « terre de mission », le pasteur de l’Église locale vient de choisir une voie pour redynamiser l’Église. C’est sûrement un vœu qui lui est cher. C’est une invitation à prendre le chemin de l’exclusion. C’est une invitation à la conversion car ce n’est pas une voie à laquelle nous sommes habitués. Aller en milieu d’exclusion c’est s’exposer à être vu et considéré comme un exclu. Quel risque ! Et quel changement! C’est grandir dans un amour profond de l’Église et trouver sa seule force dans l’Évangile. Voici un quatrième changement d’attitude et pas le plus facile.

Conclusion

     Je me réjouis de cette déclaration synodale. Elle invite à la pleine COMMUNION à la Trinité: trois personnes vivant au même titre, sans domination ni subordination et remplies d’une soif infinie de participation. Puis-je être celui qui, par sa disponibilité, soit capable de témoigner la PRESENCE de Celui qui veut se donner aux humains dans l’histoire, les attirant à chercher et à vivre la communion entre eux et dans la société. La soif de communication des humains et du respect du cosmos ne sont-ils pas des réflexes de la Trinité ?

     Merci. La Mission n’est pas une faveur que nous donnons à l’autre mais un don que l’autre nous fait. Il nous accueille chez lui et nous fait le don gratuit de l’Autre qui nous appelle à être ses partenaires de diffuseurs de l’Amour.

Montréal, 29 juin 1999

                                                        Victor Asselin, ptre

ILS SONT VENUS PARMI NOUS

                                 ILS SONT VENUS PARMI NOUS . . .

     Il y a quelques jours je participais à une réunion de pastorale sectorielle. On avait prévu à l’ordre du jour un temps pour écouter les Eglises ethniques présentes, à savoir la « mission chinoise » et la mission catholique latino-américaine « Nuestra Senora de Guadalupe ». Tout en essayant de donner mon attention aux  intervenants, je me suis pris à rêver. Nous étions dans une immense salle. Il y avait des représentants et des représentantes de chacune des ethnies vivant au Québec et des québécois et québécoises de chacune des Eglises particulières. Le climat était à la joie. L’Assemblée brûlait du feu de la MISSION. Et je me disais: pourquoi pas ? 

     Je revivais cette histoire inversée d’il y a trente ans. Moi, québécois, j’avais quitté ma ville, mon Eglise, mes amis pour aller travailler en terre brésilienne. Le curé de la paroisse m’avait dit: « je ne comprends pas pourquoi tu pars; tu commences ta carrière et déjà elle s’annonce merveilleuse. » Je renonçais à une carrière, disait-on. Dieu sait que mon choix de vie n’a jamais été influencé par le désir de faire carrière. Et alors, j’arrivais en terre étrangère. Ce fut une fête d’accueil riche et profonde. Je me rappelais aussi l’histoire missionnaire de bien d’autres comme moi, avant moi, de même origine que moi, qui, durant plusieurs générations avaient tout quitté pour annoncer Jésus-Christ et pour lutter pour la réalisation de son projet de justice.

C’est maintenant à votre tour …

     Et alors, aujourd’hui, je continue de rêver. Je rêve de faire MISSION CHEZ-NOUS. Je rêve de faire mission avec des chrétiennes et des chrétiens originaires d’Amérique Latine. Je ne mets pas de côté les contributions importantes et nécessaires des autres ethnies. Bien au contraire. Pour le moment je rêve avec ce que je connais davantage, c’est-à-dire avec le continent des Amériques. C’est là qu’est née et qu’a grandie ma vie missionnaire.

     Alors je m’interroge. Que faudrait-il faire pour qu’un chrétien ou une chrétienne latino-américain participe à la MISSION, CHEZ-NOUS ?  Oser poser cette question relève-t-il de l’imagination, de l’utopie ou de l’Espérance chrétienne ?  Je m’enthousiasme. En effet, le Dieu en qui je crois poursuit la construction de son Royaume. Il a observé que les ouvriers et les ouvrières d’ici sont fatigués et ont choisi plutôt la dé-mission. Pourtant la MISSION continue. De tous les coins des Amériques du Sud, Centrale et des Caraibes arrivent des croyantes et des croyants, assoiffés de liberté. Un merveilleux don de Dieu. Merci, vous êtes là. Votre présence est une invitation. Comme citoyen et chrétien, je vous dis « VENEZ, VOUS ETES CHEZ-VOUS. »

Qui êtes-vous ? 

     Vous arrivez de tous les pays d’Amérique Latine avec vos limites mais aussi avec vos richesses. Je n’ai pas à en faire l’éloge bien que je sois convaincu de l’importance de votre participation, comme chrétienne et chrétien, à l’oeuvre de la MISSION à réaliser, ici, au Québec.

     Le 15 décembre dernier, les évêques des Etats-Unis publiaient une déclaration intitulée « La présence hispanique dans la nouvelle évangélisation aux Etats-Unis ». Dans ce document ils reconnaissent la précieuse collaboration que les cultures hispaniques ont apporté dans le cheminement de l’Eglise américaine. Et je crois qu’il est important pour nous aussi de prendre conscience des richesses culturelles qui nous entourent pour les mettre au service du projet de Dieu sur la création.

     Je me permets de transcrire le passage où les évêques américains exposent les traits des cultures hispaniques qui ont permis de faire avancer l’Eglise américaine. Je le fais comme prise de conscience et comme incitatif à un engagement nécessaire. Pour fin de meilleure compréhension je dispose le texte de manière différente de l’original.

« Citons par exemple des attitudes telles que:

     – l’ouverture d’esprit;

     – une disposition accueillante pour ce qui est inattendu,  nouveau et non planifié;

     – la simplicité;

     – la reconnaissance qu’avoir besoin d’un compagnon et d’un soutien n’est pas une faiblesse, mais une part nécessaire de la croissance personnelle;

     – une fidélité créative et une détermination à honorer les promesses données;

     – un sens de l’honneur et du respect de soi et des autres,

     – une patience et une volonté de suivre les rythmes de la nature;

     – la conscience de marcher ensemble vers un destin commun;

     – une imagination vraiment créative capable de dépasser les apparences immédiates pour atteindre le coeur même de la réalité;

     – la propension à aimer son chez-soi, son pays et une conception élargie de la famille;

     – une confiance dans la Providence divine;

     – une prise de conscience que ce qui est vrai et droit vaut plus de sacrifices que la satisfaction immédiate;

     – les personnes sont plus importantes que les choses;

     – les relations personnelles sont plus épanouissantes que le succès matériel;

     – et la sérénité a plus de valeur que la vie trépidante ».

Missionnaires latino-américains ici ?

     Ce trésor, nous le retrouvons aussi parmi nous. Peut-il être mis à la disposition d’un pays d’adoption comme le Québec et d’une ville comme Montréal ? Comment la présence des latinos peut-elle devenir plus signifiante dans notre milieu ? Quelle signification peut prendre une telle présence dans une société où l’efficacité et la performance ont droit de cité plus que les personnes ? En effet, la mentalité moderne nous rend incapables d’une solidarité authentique en suscitant des besoins artificiels pour satisfaire les puissants besoins de la consommation.  Et notre société devient de plus en plus stérile. C’est la « culture de la mort » comme dirait le pape Jean-Paul II.

     Et alors, chrétiennes et chrétiens latino-américains, n’auriez-vous pas été appelés par l’Esprit pour venir réaliser sa MISSION CHEZ-NOUS ?  Quelle participation pourriez-vous alors donner à l’Eglise du Québec et de Montréal ?

     En pensant à cette question je me suis encore mis à rêver à la MISSION. Et je voyais toute une foule latino-américaine allumer le feu missionnaire dans les divers quartiers de la ville de Montréal et du Québec. On avait décidé d’affronter des défis de taille sans trop de planification ni de bureaucratie. L’Esprit souffle bien où il veut !  Vous me permettez de vous présenter quelques défis ?

     1. Un message de vie

     Vous arrivez avec les valeurs de l’entraide, du dialogue, de la rencontre gratuite, du temps perdu. L’humain est important pour vous. Il l’est aussi pour nous mais la société d’aujourd’hui nous a amenés à donner valeur à celui ou celle qui démontre une bonne capacité de production et de performance. En rappelant aux québécois et québécoises la dignité de la personne et les valeurs qui comblent intérieurement tout être humain vous distribueriez le meilleur des remèdes pour combler le vide de la solitude qui a envahi tant de foyers. Ne seriez-vous pas de ceux et celles à qui le RESSUSCITE confie la mission de vous faire solidaires des victimes de la « culture de la mort » ?  Voici un premier défi: annoncer la vie là où la mort s’est établie.

     2. Un message de liberté

     Vous avez laissé votre pays pour nous rejoindre ici. Vous aviez sans doute de sérieuses raisons, comme celles de la recherche de meilleures conditions matérielles ou du besoin de rejoindre des membres de votre famille déjà installée ici ou de la nécessité de trouver une terre d’accueil pour motif d’exil politique ou que sais-je encore … Vous avez vécu la souffrance d’être atteint dans votre liberté de quelque manière que ce soit. Ici, l’ambition de l’ »avoir plus » a développé une mentalité  de « dû » sans fournir aucun effort. Ainsi nous avons créé notre propre prison et la liberté se trouve enchaînée de mille et une manières.

     En trouvant une terre d’accueil vous avez découvert qu’il est possible, avec plus ou moins de souffrance, de retrouver sa liberté. Cette expérience vous donne l’autorité d’indiquer aux québécois et québécoises les sources d’aliénation de la liberté et la joie de la retrouver. Proclamer la liberté, celle qui libère de toute domination, n’est-ce pas un deuxième défi dans l’exercice de la mission qui vous incombe ?

     3. Un message de fête

     Un troisième défi vous attend: celui des retrouvailles de l’Espérance. Vous avez une manière bien à vous de vivre, d’exprimer et de célébrer votre foi. Vous avez conservé les raisons de vivre. Comme québécois et québécoises nous vivons un état de désespérance. La révolution tranquille fut très violente. Toute la culture a été remise en question et on a voulu effacer la mémoire du passé sans faire le discernement nécessaire. C’est ainsi qu’une bonne partie de notre culture religieuse et de l’héritage de notre foi a été balayée. Les lieux de culte sont le signe que nous ne savons plus comment vivre ni comment exprimer notre foi.

     Vous avez appris à célébrer les engagements et les luttes du quotidien. Vous avez conservé le sens de la fête malgré les difficultés de la vie. Vous alimentez votre bataille quotidienne par la Parole de Dieu. Votre présence « célébrative » au milieu et avec des québécois et québécoises serait une excellente manière de retrouver le dynamisme qui donne sens à la vie. Ce réveil, j’en suis sûr, ouvrirait un nouveau chemin pour l’annonce du projet de Jésus à l’approche du nouveau millénaire. Retrouver le sens de la fête, c’est retrouver l’Espérance. Voici un troisième défi à la hauteur de ce que vous êtes.

     4. Un message de foi

     Pour beaucoup d’entre vous vous avez vécu l’expérience de la pauvreté. Elle est le signe de l’absence du Dieu Père et du Dieu Amour en qui nous croyons ? En effet, la pauvreté, la misère, la discrimination, l’exclusion sont le signe de la présence du mal. Nous ne pouvons pas croire en Jésus-Christ et accepter des écarts si grands entre riches et pauvres.  Nous comprenons alors pourquoi, en Amérique Latine, l’option préférentielle pour les pauvres est le signe d’une culture façonnée par l’Évangile.

     En effet, c’est au milieu des appauvris et des exclus que nous pouvons vérifier la force de la foi car la foi qui n’influence pas les transformations culturelles n’est pas celle qui établit la relation avec Jésus-Christ et son message. L’Amérique Latine nous donne un exemple vivant d’inculturation. Vous qui avez vécu l’exclusion et la pauvreté et qui avez trouvé une porte de sortie par la solidarité humaine et par une relation privilégiée avec Jésus-Christ, vous pourriez, une fois de plus, au nom de l’Évangile, aider les chrétiennes et les chrétiens d’ici à croire à la force transformatrice de l’exclu et du pauvre. Faire l’expérience de sortir du mal personnel ou collectif c’est faire l’expérience de la puissance de l’Amour. C’est vivre sa foi. En conséquence, ce vécu suscite une espérance « qui ne déçoit pas ». Voici donc un quatrième défi qui contribuerait à la réalisation de la MISSION CHEZ-NOUS.

CONCLUSION

     C’est un début de dialogue. Je m’arrête tout en continuant à rêver ! L’Espérance est revenue. L’Église est redevenue signifiante pour les hommes et les femmes de chez-nous. C’est la merveille de l’Esprit. En retrouvant le chemin de la MISSION, les québécois et les québécoises ont créé une nouvelle identité chrétienne. Des frères et des soeurs latino-américains ont assumé de tout leur être leur responsabilité missionnaire. Notre foi a engendré une nouvelle culture. Rendons grâce, elle a retrouvé sa fertilité. Merci à vous, messagers et messagères qui êtes « venus habiter chez-nous » pour en faire votre chez-vous et notre chez-nous.

                     Victor Asselin, ptre

Montréal, 28 mars 1996